Basket - LFB - Valery Demory (Lattes-Montpellier) : « Je suis en aveugle »

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Valery Demory, nommé entraîneur de Lattes-Montpellier la semaine dernière en remplacement de Stéphane Leite, raconte le challenge inédit auquel il va faire pour son retour dans l'Hérault.

« Plusieurs rumeurs annonçaient votre retour dans l'Hérault ces derniers mois, malgré la nomination de Stéphane Leite. Racontez-nous comment l'affaire s'est concrétisée la semaine dernière...
C'a été rapide et inattendu. Et surtout ce n'était pas du tout prévu. Fin mai, début juin, on disait que j'étais en contact avec Montpellier. C'était archi-faux, je le jure sur la tête de mes enfants. Je suis parti en Corse avec l'état d'esprit, malheureusement, d'attendre que les choses se passent mal pour l'un de mes collègues, pour retrouver un travail, peut-être au mois de janvier, au pire pour la saison d'après... À aucun moment il n'y a eu de contact avant. J'étais tranquillement en train de refaire ma maison quand ils m'ont appelé. Ils m'ont dit : « on ne souhaite plus travailler avec Stéphane Leite. Il a commis une faute professionnelle (personnellement, je ne la connais pas). Si ce n'est pas toi, quelqu'un d'autre viendra. Tu as quarante-huit heures pour réfléchir. » J'ai demandé quel était le projet, ils me l'ont exposé, m'ont proposé quatre ans de contrat, j'ai trouvé que c'était intéressant.

Que saviez-vous de la situation du club ?
Je les savais dans le dur. Ce n'est plus l'équipe flamboyante de l'année dernière. Il ne reste que deux joueuses, plus deux out. Il fallait tout reconstruire. Je suis arrivé avec un recrutement qui n'est pas le mien. Je dois faire avec, sans états d'âme, sans me dire : "elle, c'est pas moi, elle c'est pas moi...". Il faut se dire : vous êtes là, moi aussi, essayons d'en tirer le meilleur parti.

Vous connaissez bien les lieux...
C'est un plaisir de revenir, j'y ai vécu dix ans avec pas mal de trophées à la clé (deux titres de champion, quatre Coupes). Je ne me serais pas décidé aussi vite si ça n'avait pas été Montpellier. Beaucoup sont venus me dire combien ils étaient heureux que je revienne. Ça m'a fait chaud au coeur, car j'avais deux jours pour prendre une décision qui engageait mon avenir. Et voilà, c'est reparti.

Vous êtes face à un gros chantier, et vous allez même devoir jouer l'Euroligue !
Avec sept joueuses pro... Puisque Diandra (Tchatchouang) est blessée au genou. Je ne sais pas si elle a joué sur une ou deux pattes avec les Bleues, mais elle est arrêtée au moins jusqu'à fin novembre. Aujourd'hui, j'ai sept pros pour faire l'Euroligue et le Championnat. Ce n'est pas simplement compliqué, c'est tout juste impossible. J'ai eu peur en découvrant tout ça. J'ai trouvé en plus une équipe hors de forme. Ce n'est pas la faute des filles, ni celle de l'entraîneur du centre de formation, qui les a entraînées. Il devait, forcément, avoir peur de les casser, et de leur côté les filles n'ont pas dû se livrer parce qu'elles ne savaient pas où elles allaient. Mais le fait est que quand je suis arrivé, je me suis dit : oh put... on part de loin. Donc l'urgence première, c'est de donner un fond de jeu offensif, et des principes défensifs à l'équipe, puis de se renforcer avec une huitième joueuse qui rentre dans notre style de jeu. Cela ne sera pas forcément suffisant, mais me donnera au moins un peu de latitude. Je suis ainsi complètement en aveugle. Je vais essayer de réagir au jour le jour, du mieux possible.

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Il y a quand même une excitation ?
Toujours. Le jour où je n'aurai plus ça, c'est que je n'ai plus rien à faire sur un banc. Cela ne me fait pas peur, même si je suis conscient que la première année sera compliquée. On n'a pas fait un match amical. La vérité, ce sera le terrain, dimanche (pour le match des champions contre Basket Landes).

Un commentaire sur l'atmosphère folklorique, voire malsaine, qui a entouré le club la saison écoulée ?
L'atmosphère n'est pas bonne. Il faut changer ça. Après, sur les événements internes, je n'ai pas mon mot à dire, je ne sais pas comment les choses se sont passées. Si je donne un avis sur quelque chose que je ne maîtrise pas, il sera forcément mauvais. Ce serait stupide. »

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