Basket - Mondial 2019 - Nando De Colo : « On a braqué les Américains, c'est quelque chose ! »

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Nando De Colo, l'un des instigateurs de la mise en place de la casa de Papel bleue lors du dernier Mondial, l'an dernier en Chine, en raconte tenants et aboutissants. « D'où est venue l'idée de reprendre le scénario de la série « La casa de Papel » (qui raconte le braquage parfait de la Fabrique nationale de la monnaie en Espagne par un groupe de personnages marginalisés par le système) sous forme de jeu de rôle au sein du groupe tricolore tout au long du dernier Mondial ?
Tout part du discours de Vincent Collet, avant le début du Mondial. Pour lui, il ne fallait pas qu'on soit des outsiders, mais qu'on vive la compétition comme une mission braquage, qu'on accepte de se mettre en danger pour rafler un butin normalement impossible à approcher. Dans la foulée, on est tous à table et on commence à délirer autour de ça. On fait le rapprochement avec la série, qu'on a tous vue, et dont on est fans. Petit à petit, ça devient sérieux. Une Casa de Papel bleue Comment cela s'est-il matérialisé ?
C'est parti sur une connerie. On s'est mis à s'imaginer en train de réaliser le braquage. Qui ferait quoi. Du coup, les intérieurs se sont fait vanner. On leur disait qu'ils ne pourraient pas aller chercher l'argent, qu'ils sont trop maladroits, qu'ils le laisseraient glisser (il rit). C'était aux meneurs et arrières d'aller ouvrir le coffre, aux grands de défendre nos arrières. Là-dessus, on commence à se dire qu'on va s'attribuer des noms de villes, comme dans la série. J'en ai donné à tout le monde. Certains, c'était évident, d'autres moins. Certains ont eux-mêmes choisi, d'autres ont demandé à changer... « C'est plutôt la dynamique du groupe qui fait que ce genre d'histoire peut arriver. Tu ne peux pas débarquer et décréter : on va faire ça, délirer » Cela a-t-il pris une vraie place dans votre vie de groupe ?
C'est un truc qui nous a soudés et accompagnés toute la compétition, via notre groupe WhatsApp. J'ai demandé à Guillaume Karli (responsable presse et réseaux sociaux) les portraits des joueurs, et à mon agent, Wassim Boutanos, de faire un montage avec le masque de Dali utilisé dans la série. Il y a plein de moments pendant notre périple où on parlait de notre "mission". Je pense que notre basket reflétait cet état d'esprit. Surtout après le premier tour, quand on a réalisé qu'on pouvait vraiment faire quelque chose. On a braqué les Américains, c'est quelque chose (victoire face aux États-Unis en quarts) ! C'est juste dommage qu'il n'y ait pas eu de titre au bout (défaite en demi-finales face à l'Argentine). On avait prévu, si on décrochait l'or, de tous poster sur les réseaux après la compétition le même message, avec notre photo "Casa de Papel". Les Bleus décrochent le bronze en battant l'Australie Pour vous, on aurait parié sur Arras (où il a débuté le basket) ou Valence (où il a remporté des titres et rencontré sa femme Veronica). Pourquoi Porto ?
C'est un endroit qui compte beaucoup pour moi et Véro. Nous nous sommes mariés là-bas. C'était un moment spécial, trois jours de bonheur, avec les amis, la famille. Comment une initiative comme celle-ci change-t-elle la dynamique d'un groupe pendant une compétition ?
C'est plutôt la dynamique du groupe qui fait que ce genre d'histoire peut arriver. Tu ne peux pas débarquer et décréter : on va faire ça, délirer. Si on n'avait pas déconné ensemble dès le début, l'idée ne serait pas venue. Cela en dit long sur cette aventure. C'est un témoin que ça se passait bien. Et pas qu'entre joueurs, avec le staff, aussi, les coaches, les docteurs, les kinés... Le truc est parti d'eux et ils ont adhéré en se donnant leurs propres noms. On a cassé la mauvaise dynamique de l'Euro précédent (élimination en huitièmes de finale par l'Allemagne). En 2017, on ne savait pas où on allait, beaucoup revenaient en équipe de France et voulaient prouver quelque chose. En Chine, comme dans nos anciennes campagnes victorieuses, il y avait un noyau et les autres acceptaient leur rôle. Il y avait cette alchimie, cette confiance en l'autre sans laquelle... un braquage est impossible. » Collet à Tokyo, une formalité ?

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