Basket - Mondial (H) - Mondial : pourquoi Nikola Jokic, le meilleur pivot de la NBA, est-il sous-utilisé avec la Serbie ?

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En Chine, le pivot des Denver Nuggets, élu dans l'équipe-type de la dernière saison NBA, n'est que remplaçant dans la rotation serbe. Une utilisation du « Joker » qui peut s'expliquer par au moins quatre facteurs.Parce que dans le basket moderne, être remplaçant est moins signifiantÊtre dans le cinq majeur est souvent un signe de reconnaissance. Mais ne pas y être n'est pas forcément une punition. Un exemple l'illustre parfaitement côté français : jamais présent dans le cinq, Nando De Colo était le troisième marqueur des Bleus à l'issue du premier tour et jouait autant que deux titulaires, Frank Ntilikina et Amath Mbaye.En Chine, la Serbie a tellement d'armes sous le cercle que leur hiérarchie est peu signifiante. Lors des quatre premiers matches de la Serbie, Nikola Jokic a pris l'habitude de rentrer sur le terrain au milieu du premier quart-temps à la place de Nikola Milutinov, pivot de l'Olympiakos. Mais au final, avec 20 minutes en moyenne, le pivot de Denver joue presque deux fois plus que son coéquipier (12 minutes).La Serbie impressionne encore face à Porto RicoParce que Bogdan Bogdanovic s'occupe de tout en attaqueIl n'y a pas qu'à l'intérieur que la Serbie regorge de joueurs de valeur. C'est aussi le cas à l'extérieur, où rayonne Bogdan Bogdanovic, deuxième meilleur scoreur du premier tour (24 points de moyenne). L'arrière des Sacramento Kings, mis en valeur par un collectif redoutable qui n'a pas été véritablement perturbé par ses adversaires pour l'instant, aligne les cartons (24 points contre l'Angola, 31 face aux Italiens dans la « finale » du groupe D), même s'il s'est raté face à Porto Rico.Dans ce contexte, pas besoin de trop tirer sur Nikola Jokic, qui se retrouve du coup loin, très loin du côté "plaque tournante" qu'il peut avoir en NBA, où sa qualité de passe constitue l'alpha et l'omega du jeu de Denver. Auteur de 13,5 points, 7 rebonds et 4,5 passes décisives de moyenne sur les quatre premiers matches, il assure pour l'instant l'essentiel dans la peinture serbe. Sans excès.Parce que Sasha Djordjevic n'a que faire des statutsLe coach serbe est une grosse personnalité à qui on n'impose rien, surtout pas des statuts forgés en club. Seuls comptent l'efficacité, le respect du plan de jeu et la capacité à tenir sur la durée dans le tournoi. Sur les feuilles de match des Serbes, plus que les écarts de points avec leurs adversaires ou le statut de remplaçant de Nikola Jokic, c'est la répartition des minutes qui compte.Huit éléments jouent en moyenne plus de 15 minutes par match, la plus grosse présence sur le parquet (Bogdanovic) n'excédant pas 25 minutes par match. "La Main de Dieu", qui peut s'appuyer sur une immense carrière de joueur et a remporté la Ligue des Champions avec la Virtus Bologne cette année, n'a aucun scrupule à laisser le meilleur pivot de la NBA sur le banc.Parce que les Serbes n'ont pas (encore) dû forcer leur talentSeule l'Italie a donné un peu de fil à retordre aux Serbes jusque là, mais en perdant de quinze points quand même (92-77)... L'Angola, les Philippines et Porto Rico ont été balayés par 49,3 points d'écart en moyenne ! À chaque fois, la Serbie avait match gagné à la mi-temps. Jokic, comme les autres leaders serbes, pouvait tranquillement regagner le banc, mettre sa serviette sur ses épaules et admirer ses coéquipiers finir le travail, tels ses confrères pivots Marjanovic et Radjulica.Mais les choses vont maintenant se corser pour les Serbes. Dimanche, ils affronteront l'Espagne pour la première place du groupe J, avant leur quart mardi ou mercredi prochain. Ce format correspond à merveille au profil de Jokic, intérieur à l'attitude faussement nonchalante qui peut avoir un côté diesel en compétition. Deuxième évaluation (22 en seulement 16 minutes) vendredi contre Porto Rico, le nounours serbe semble prêt à se frotter à Marc Gasol.Le coach Sasha Djordjevic mécontent du système de compétition

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