Basket - NBA - Caroline Blanchet, la graphiste française propulsée par « The Last Dance »

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Mordue de basket et graphiste de formation, la Choletaise Caroline Blanchet accompagne les plus grands sportifs de la planète avec ses créations. C'est notamment son visuel qui a illustré, pour les Chicago Bulls, la série documentaire d'ESPN et Netflix « The Last Dance ». Comme quoi, on peut être biberonné au basket sous les tôles de la Meilleraie à Cholet, et se voir un jour en train d'enflammer la toile en NBA, à Chicago, chez les Bulls. On ne vous parle pas ici d'un joueur comme Dennis Hopson, l'arrière ou ailier de la franchise de l'Illinois (1990-1992), vu sous le maillot de Cholet en 1994-95. Non, cette trajectoire sidérante, c'est celle de Caroline Blanchet (33 ans), née à Cholet, qui a commencé le basket à six ans, dans les Mauges, et a donc forcément longuement traîné ses baskets sous les tôles de la Meilleraie. La jeune femme au parcours étonnant a été propulsée sur le devant de la scène depuis la sortie de la série documentaire « The Last Dance » et la diffusion de son visuel par les Chicago Bulls sur les réseaux sociaux. Un bac, suivi d'études de graphisme, et fraîchement diplômée de l'école Sépia, son premier job la mène, passage obligé, en agence de com'« tous secteurs » dit-elle, où elle va bosser pendant cinq ans. Mais la passion du basket, et du sport en général la tenaille toujours. Alors, elle s'adonne en parallèle, à la liberté de créations personnelles, partagées sur Behance, un site dédié à tous les créatifs. Le succès du docu-série « The Last Dance » sur Michael Jordan analysé par plusieurs réalisateurs « Je faisais ça quand j'avais du temps ; et ça commencé à prendre, j'ai eu des contacts qui me demandaient si je faisais ça à plein temps. Je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de franchir le pas » raconte-t-elle. Pendant l'année 2012, l'idée fait son chemin, Caroline Blanchet continue à créer, sous son pseudo d'artiste « PtiteCao » tout en gardant un pied en agence. Plonger en « freelance » avec tous les aléas liés à la volatilité de ce choix, et dans un milieu très concurrentiel, c'est un peu le saut dans le vide. Caroline Blanchet, à propos du début de sa collaboration avec la NBA « Il aura fallu un quart d'heure, par Skype, pour qu'ils m'expliquent ce qu'ils attendaient, comment ils fonctionnaient » Elle se décide en 2013, et sans le savoir, marche vers la grande aventure. Ses créations tapent dans l'oeil d'un confrère, un graphiste installé à Londres. « Il m'a demandé si je travaillais pour la NBA, car lui avait déjà travaillé avec eux. Je lui ai dit que non. Il m'a dit que ce serait intéressant de leur donner mon contact, ce qu'il a fait. Il m'a donné un gros coup de pouce. » La Ligue américaine, toujours en recherche de créativité pour produire une image, dynamique, branchée, en mouvance avec les tendances des réseaux sociaux semble séduite. « Quelques mois après, j'ai reçu un mail de la NBA. Ils étaient intéressés par mon travail, ils étaient en recherche de pas mal de graphistes ''freelance'' pour produire des visuels sur leurs réseaux sociaux. Ce que j'ai fait pour eux était destiné à 90 % aux réseaux sociaux » développe-t-elle. On est en 2014, et l'affaire sera vite conclue. « Il aura fallu un quart d'heure, par Skype, pour qu'ils m'expliquent ce qu'ils attendaient, comment ils fonctionnaient », explique-t-elle. Caroline la Choletaise, a donc un pied en NBA, et s'attache à divers projets destinés aux réseaux sociaux. « C'étaient des créations diverses, une affiche pour un match important, pour célébrer l'anniversaire d'un joueur, ou un visuel pour illustrer des stats », détaille la graphiste. Avec aussi des projets plus amples. Comme le All Star Game 2018. « Ils avaient flashé sur une série de portraits de joueurs, une création personnelle. Ils m'ont dit qu'ils aimeraient bien pouvoir les utiliser pour présenter les starters de chaque équipe » se souvient-elle. Son trait, son dessin et son style plaisent. Caroline Blanchet, à propos de son visuel utilisé par les Bulls pour « The Last Dance » « Ils m'ont tout de suite informée qu'ils n'avaient pas de budget pour ça, qu'il n'y aurait pas de contrepartie financière. Mais c'était difficile de dire non » À tel point, qu'à l'occasion de la sortie de la série phénomène d'ESPN et Netflix « The last Dance », les Chicago Bulls craquent pour une de ses créations personnelles, qui aujourd'hui, boostée par le succès de la série, et la contagiosité des réseaux sociaux est en fait, devenue, en quelque sorte, l'affiche officielle de cette épopée des Bulls, aux yeux des fans. « C'était un projet personnel, et les Bulls l'ont vu sur Instagram, raconte Caroline Blanchet. Ils m'ont contactée, pour me demander s'ils pouvaient l'utiliser. Ils m'ont tout de suite informée qu'ils n'avaient pas de budget pour ça, qu'il n'y aurait pas de contrepartie financière. Mais c'était difficile de dire non ». Alors Caroline a accepté de danser avec les Bulls, et elle constate aujourd'hui combien son entrée au grand bal de la NBA lui a conféré une certaine notoriété. « À partir du moment où la NBA est arrivée, ça a été un gros plus en matière de crédibilité », confirme-t-elle. Elle a pu enchaîner d'autres projets, dans d'autres sports. « J'ai travaillé pour la FIBA, pendant deux, trois ans, pour l'UEFA, pour la Fédération Internationale de hand, pour la WTA », énumère-t-elle. Maintenant, elle continue à plancher, chez elle, du côté de Nantes. Même si les déconvenues ne manquent pas. Ainsi, son visuel de « The Last Dance », a été repris par plusieurs médias peu délicats qui « ont viré mon nom. C'est compliqué dans ce milieu », soupire-t-elle. C'est aussi compliqué pour elle, de ne pas pouvoir vendre certaines de ses créations, pour respecter le droit à l'image des sportifs, souvent très dissuasif. Alors, pour continuer à créer, elle a ouvert sa petite boutique en ligne, sur le thème du basket, où elle offre des produits dérivés, de déco (posters, panneaux, coussins), ou des accessoires de la vie quotidienne (sacs bananes, housses d'ordinateurs, etc...) Et elle ruse. Elle décline, par exemple, une gamme sur les villes des franchises NBA, une série « silhouettes » sur les mouvements des basketteurs « que les connaisseurs reconnaîtront ». Et si dans son univers de vie la NBA est omniprésente, le basket français l'est un peu moins, malgré quelques collaborations avec Poitiers, Boulazac, Bourg-en-Bresse. Un regret, sans doute. « Ça marche moins bien en France qu'à l'étranger », résume-t-elle. Et c'est bien dommage... La vraie dernière danse de Michael Jordan

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