Basket - NBA - Catherine Steenkeste, une Cht'i photographe et championne NBA

L'Equipe.fr
L’Equipe

Ce vendredi soir (21 heures), pour le match entre Milwaukee et Charlotte, il y aura au bord du terrain une femme photographe officielle pour la NBA et c'est une rareté. Elle est Française et est devenue une référence dans son milieu. Elle est à la fois une sacrée battante et une anomalie, dans le milieu viril et masculin des photographes NBA. Ce vendredi soir, pour ce Milwaukee-Charlotte à Paris, une Française, fille du Nord de 47 ans, nommée Catherine Steenkeste, sera au bord du terrain en tant que photographe officielle de la NBA, avec la sommité Andrew D. Bernstein. De son petit nom « Cat », cette brunette obstinée et pétillante a défriché un chemin sacrément cahoteux pour en arriver là, et à un titre de championne NBA en 2000 lorsque les LA Lakers lui ont mis la bague au doigt. Podcast : NBA, coup de foudre à Paris Les Américains appelleraient ça, à coup sûr, une « success story », puisqu'au départ rien n'était écrit, et tout devait être compliqué. Car pour Cat la Lilloise, il y avait un monde, et un océan d'écart, entre cette école parisienne, où elle se destinait au monde de la publicité, et Los Angeles et la Californie. C'est une banale affiche « Faites vos études aux États-Unis » qui va aiguillonner ses envies d'ailleurs et ses aspirations à trouver mieux que le ronron d'un BTS. Elle saute le pas, en 1995, pour se retrouver « au trou du cul du Texas, vraiment au milieu de nulle part, dans un Junior College (cycle universitaire de deux ans) paumé » raconte-t-elle. Pourtant, c'est bien au Trinity Valley Community College que son histoire va commencer. Elle y découvre la vie d'un campus américain, sa cafétéria, sa bibliothèque et... son équipe de basket, incontournable, avec toute l'ambiance, l'effervescence qui s'y attachent, dans une fac qui a quand même vu passer Shawn Kemp, Nick Van Exel,... « Je suis tombée dingue du basket, vraiment, j'allais aux matches, j'ai trouvé ça génial ». Et puisqu'elle se livre à des travaux photos au sein de l'école, elle choisit de travailler sur les matches, commence à prendre des photos, à les développer. Ce sera sa première initiation en immersion au bord des terrains. Andrew D. Bernstein, photographe NBA référencé « J'ai aimé ce que je sentais chez elle, sa détermination, celle d'une jeune femme, française débarquée aux États-Unis pour faire sa place » Alors, quand elle rentre en France à la fin de son cursus, elle est pleine d'espoir, envisage de pouvoir se lancer et vivre de ce qui est devenu une passion. « Et là, je ne me suis pris que des portes dans la tête. Ça a été très dur ». On lui dit que ses clichés sont « des photos de vacances », que son noir et blanc n'intéresse personne, qu'elle est « une nana », que ça ne passera jamais... La totale. Elle décide alors, en 1997, de repartir aux États-Unis, quasiment dans l'inconnu quant à son avenir. « J'avais deux, trois boulots. J'étais "gareuse" de voitures dans les soirées privées des stars d'Hollywood, et je travaillais comme vendeuse dans un magasin de fringues sur Melrose Avenue ». NBA à Paris : un moment capital Mais elle est aussi obstinée, opiniâtre, et a eu le temps de se constituer un petit réseau. Elle fait quelques photos de basket pour des magazines français, obtient de pouvoir assister aux matches des Lakers mais « sur les matches les plus pourris » car elle ne représente rien. C'est là qu'un soir, elle shoote par curiosité un photographe officiel, bardé d'une douzaine d'appareils qu'il est en train de récupérer. Elle ne le sait pas encore, mais c'est un crack, Andrew D. Bernstein, photographe NBA référencé, qui a pignon sur rue dans la Ligue américaine. « Je l'ai vu arriver. On a parlé, elle s'est présentée. Et j'ai aimé ce que je sentais chez elle, sa détermination, celle d'une jeune femme, française débarquée aux États-Unis pour faire sa place » se rappelle Bernstein. Tony Parker : « Il y a un vrai amour de la NBA en France » Il deviendra son mentor, son pygmalion. « Je suis très fier qu'on ait bossé ensemble. Elle m'a aidé dans ma carrière, je crois l'avoir aidé aussi ». Car, fin 1997, via la société de Bernstein, Steenkeste devient photographe officielle de la NBA. Et pose ses appareils au bord des terrains NBA, des spots très convoités. « Le parcours de Catherine en NBA pendant toutes ces années est un témoignage incroyable de son talent, de son professionnalisme » admire son mentor qui lui trouve aussi une autre qualité. « Elle a un feeling pour créer une relation avec les athlètes, les coaches, les gens de la NBA, et pour entretenir tout ça. Elle a su imprimer sa marque dans le milieu ». Ce qui lui a valu de nouer des relations privilégiées avec des stars NBA, au premier titre desquelles Shaquille O'Neal, Kobe Bryant, Phil Jackson... Catherine Steenkeste « La première fois que j'ai vu arriver le Shaq, j'étais tétanisé. Je me suis dit "le gars va m'écraser, c'est la Tour Montparnasse" » « La première fois que j'ai vu arriver le Shaq, j'étais tétanisée » s'amuse-t-elle. « C'est une armoire, et je suis si petite, je me suis dit "le gars va m'écraser, c'est la Tour Montparnasse". Et entre mon anglais avec mon accent français, et lui qui marmonnait, on a mis du temps à se comprendre ». Ça n'a pas duré, et la brunette nordiste a même eu le privilège d'être la photographe attitrée du Shaq pour ses soirées privées. Elle a aussi un lien fort avec Kobe Bryant. Et une grosse tendresse pour cette équipe des Lakers, championne NBA en 2000. Un titre qui, comme le veut la tradition, lui a valu une bague de championne NBA, celle transmise par Andrew Berstein. Un nouveau match NBA à Paris en 2021 Femme dans un univers d'hommes où elles ne sont que deux, trois peut-être, championnes NBA, photographe reconnue, « Cat » a tracé sa voie dans la Cité des Anges. Revenue en France en 2004, pour voler de ses propres ailes, en free-lance (elle bosse de temps en temps pour le PSG foot, la Ligue de volley, de hockey), elle sera ce vendredi soir en action, pour la NBA d'un côté du terrain, et Andrew D. Bernstein de l'autre. Comme un symbole parfait des étapes cruciales qui l'ont construite aujourd'hui...

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi