Basket - NBA - La NBA sous la menace du Covid

L'Equipe.fr
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Alors que des matches commencent à être reportés, la saison pourrait être chamboulée. En témoigne une semaine passée compliquée, entre cas contacts et contamination. Antoine Bancharel, à New York « Nous avions prévu qu'il y aurait un report de matches », a voulu rassurer Mike Bass, le porte-parole de la NBA, dimanche soir, alors que le Boston - Miami n'a pas pu se tenir. les Celtics étant à peine à huit (soit le minimum requis) alors qu'il n'y avait que 7 joueurs côté Heat. « Les chiffres grimpent, c'est la réalité. Nous nous engageons à poursuivre le travail, nous le faisons avec les meilleures connaissances scientifiques dont nous disposons et dans le respect des protocoles. Mais au final, nous ne contrôlons rien », commentait, réaliste, Erik Spoelstra, l'entraîneur de l'équipe floridienne. La preuve, ce lundi, la NBA a annoncé le report de deux nouvelles rencontres, Dallas - New Orleans, prévu dans la nuit de lundi à mardi, et Chicago - Boston dans la nuit de mardi à mercredi.



À Philadelphie, Glenn « Doc » Rivers, l'entraîneur des Sixers, a beau ironiser sur le fait que son surnom ne lui confère aucune expertise médicale, sa conclusion restait limpide à la sortie de la défaite de samedi contre Denver (103-115) : « Je ne pense pas que l'on aurait dû jouer. »

Conjugué aux blessures de Joel Embiid et Ben Simmons, le test positif de Seth Curry, annoncé jeudi après un premier quart-temps passé sur le banc, a provoqué la mise en isolation de quatre coéquipiers (Tobias Harris, Matisse Thybulle, Shake Milton et Vincent Poirier), forçant à rajouter Mike Scott (gêné au genou) à l'effectif, pour atteindre le chiffre couperet, sans le faire jouer. « On sait que le virus se répand en ce moment » - Brad Stevens, entraîneur des Boston Celtics. Ce phénomène commence à se multiplier en NBA. Il a d'ailleurs débuté dès le deuxième soir, avec le report du match des Houston Rockets le 23 décembre, à cause de tests positifs et cas contacts. La semaine passée, les Washington Wizards ont joué trois matchs contre des équipes incomplètes : les Brooklyn Nets, les Sixers et les Celtics. Quelques minutes avant le début de celui de samedi, alors qu'il s'est échauffé, le All-Star Bradley Beal a été écarté. Aux Memphis Grizzlies, Jonas Valanciunas, n'a disputé qu'une période vendredi, avant d'être sorti puis à nouveau testé. La nature du virus laisse à penser que ces épisodes vont continuer : « On sait qu'il se répand en ce moment, résume le coach des Celtics, Brad Stevens. Si ça devient trop, quelqu'un d'autre, un expert, prendra la décision. » Le patron de la NBA, Adam Silver, a mis toutes les options sur la table depuis le premier jour, dont une suspension. Des bulles régionales ont également été anticipées, avec le syndicat des joueurs, dirigé par Michelle Roberts. Mais aucune pause n'est pour l'heure anticipée. La Ligue a préféré se laisser de la flexibilité, avec un calendrier dont la deuxième moitié, après le 4 mars, pourra donc comporter des matches reportés, lorsqu'il sera dévoilé. La tenue de la compétition pose cependant question : « J'espère que tout cela ne va pas briser la ligue dans les prochaines semaines », a même confié un manager général à ESPN. Protocole et blessures, une double peine ?
Un membre du staff médical d'une équipe NBA, contacté par L'Équipe, indique : « Cette saison est un défi, c'est sûr. Tester chaque jour rajoute des heures à chaque journée, tandis que le risque de blessure augmente forcément avec un court retour à l'activité. »
La reprise accélérée et un calendrier plus serré qu'à l'accoutumée, même avec des voyages plus limités, ont déjà pesé. Il faut aussi le conjuguer à des joueurs mis en isolation, et donc en partie à l'arrêt, pour suivre le protocole sanitaire Covid, mais pas forcément compatible avec une activité athlétique professionnelle.