Basket - NBA - Ce qu'il faut retenir de la saison de Russell Westbrook

L'Equipe.fr
Le MVP de la dernière saison régulière de NBA Russell Westbrook a prolongé vendredi son contrat à Oklahoma City.

La formidable saison individuelle de Russell Westbrook s'est arrêtée mardi soir, à l'occasion de la quatrième défaite d'Oklahoma City contre Houston au premier tour des play-offs. Voici ce qu'il faut retenir de la saison du meneur de jeu.Monsieur triple-doubleEn 81 matches joués, Russell Westbrook a tourné en moyenne à 31,6 points, 10,7 rebonds et 10,4 passes. Il est ainsi devenu le premier joueur depuis Oscar Robertson (en 1961-1962) à tourner à un triple-double de moyenne.En plus d'avoir terminé meilleur marqueur de la saison régulière pour la deuxième fois de sa carrière (après 2014-2015), Westbrook en a profité pour battre Oscar Robertson au nombre de triple-doubles réussis au cours d'une saison (42). Westbrook a ainsi établi un record qui sera très difficile à battre. Il y a 45 ans, Robertson avait réussi 41 triple-doubles, en 79 matches.Le titre de MVP qui s'est joué face à James HardenSauf immense surprise, et n'en déplaise à James Harden, Russell Westbrook devrait être désigné MVP de la saison régulière lors de la soirée de remise des prix qui se tiendra après les play-offs. Loin d'être usurpé, l'honneur qui lui est réservé a tout de même fait débat. S'il est récompensé, ça ne pourrait être qu'au regard de la saison historique accomplie par le joueur, sans forcément se pencher sur le collectif du Thunder.Les défenseurs de James Harden ont longtemps tenté d'opposer ses prestations à celles de son ancien coéquipier. S'il a moins marqué les esprits, le meneur des Rockets est parvenu à sublimer le jeu de ses coéquipiers. Un constat difficile à effectuer pour Westbrook.L'élément qui a donné un peu plus de piment à ce duel à distance est l'amitié qui lie les deux joueurs, coéquipiers lors de leurs débuts à Oklahoma City. Une complicité entretenue en dehors des terrains, mais jamais visible sur le parquet, au moment de s'affronter. Le bilan entre les deux hommes a largement tourné en faveur de «The Beard», qui ne s'est incliné que deux fois contre OKC cette saison, contre 7 succès (saison régulière et play-offs confondus).La pseudo-rivalité avec Kevin DurantDeux ex-coéquipiers qui s'évitent et ne s'adressent plus la parole. Les conséquences du départ de Kevin Durant chez les Golden State Warriors auraient pu se limiter à cette simple observation mais les médias américains ont tout de même tenté de faire naître une rivalité entre les deux hommes.«Tôt dans la saison, j'avais utilisé le mot "altruiste" quand on m'avait demandé de qualifier mes coéquipiers, avait raconté Kevin Durant en février dernier. Quelqu'un a demandé à Russell s'il avait entendu parler de ce que j'avais dit, et la question avait été tournée de manière à laisser penser que j'avais dit que le Thunder et leur organisation étaient égoïstes. Une fois que j'avais entendu ça, je me suis dit "ils essayent de s'immiscer là-dedans et rendre ça plus gros que ça ne l'est".»Il n'empêche que les deux intéressés ne se sont pas vraiment adressé la parole lors de la saison, ni même à l'occasion des affrontements entre Golden State et Oklahoma City. Lors du All-Star Game, l'éloignement entre les deux anciens coéquipiers semblait même surjoué. À tel point que lorsque Kevin Durant a offert un alley-oop à Russell Westbrook, le banc de l'équipe de l'Ouest ne s'est pas privé de chambrer les deux protagonistes.Les deux hommes ne sont certes plus coéquipiers, ni amis probablement, mais leur prétendue rivalité a tout de même tenu en haleine la Ligue, et surtout les médias, pendant quelques semaines.Egoïste ou trop seul ?La saison 2016-2017 s'est achevée sur une mauvaise note pour Russell Westbrook. Son équipe a été sèchement éliminée du premier tour des play-offs par Houston (4-1). Personne ne pensait le Thunder capable de piéger des Rockets très séduisants depuis l'arrivée de Mike D'Antoni, mais la série a finalement mis en lumière le principal défaut de Russell Westbrook : à tout faire tout seul, il s'est retrouvé trop seul.À ses côtés, les talents que sont Steven Adams, Taj Gibson ou encore Victor Oladipo n'ont pas eu suffisamment de marge pour s'exprimer. Ce premier tour face à Houston a eu pour effet d'isoler de plus en plus Westbrook. Pour preuve, la seule victoire remportée par OKC a vu Westbrook limiter ses tirs (24 contre 30,4 en moyenne), notamment à trois points (0/1, contre 12 tentés en moyenne sur les quatre autres matches).À vouloir endosser le costume du sauveur, Westbrook en a oublié d'inspirer ses coéquipiers en même temps. Le voilà désormais en vacances, avec quelques mois devant lui pour aborder l'exercice 2017-2018 avec d'autres objectifs. Déjà entré dans l'histoire de son sport, Russell Westbrook pourrait être tenté de changer ses habitudes pour aller chercher un premier titre. Le genre de transformation déjà opérée cette saison - avec réussite - par... James Harden.

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