Benjamin Bonzi, qualifié pour le troisième tour de l'Open d'Australie : « Ma plus belle victoire »

Benjamin Bonzi, lors de la Coupe Davis avec l'équipe de France, en septembre dernier. (P. Lahalle/L'Équipe)

Benjamin Bonzi ne cachait pas sa fierté après sa victoire au super tie-break du cinquième set contre Pablo Carreno Busta (4-6, 4-6, 7-6 [5], 6-1, 7-6 [4]), jeudi au deuxième tour de l'Open d'Australie.

« Vous voilà au troisième tour d'un Grand Chelem pour la première fois de votre carrière, après votre victoire contre Pablo Carreno Busta en cinq sets (4-6, 4-6, 7-6 [5], 6-1, 7-6 [4]). Que ressentez-vous ?
Ça faisait longtemps que je l'attendais ce troisième tour en Grand Chelem. Avec ce scénario, ça rajoute beaucoup d'émotions. C'était un match incroyable. À deux sets zéro, j'étais vraiment pas bien. Je ne jouais pas bien les coups. J'ai des occasions que je joue hyper mal. J'arrive enfin à lâcher mes coups dans le troisième, à beaucoup plus prendre ma chance. Je fais un super tie-break, lui baisse un peu dans le quatrième. Et le cinquième, bah, pas de commentaire, franchement... C'était ouf !

Rater ces balles de match (sur le service de Carreno Busta, à 5-4), pfff... J'étais quasiment en crampes à chaque service à partir de 3-3 au cinquième. J'ai réussi à tenir. J'étais bien du fond du court, mais c'était hyper dur de retomber sur la jambe gauche. Je me suis relâché, j'ai réussi à me focaliser sur le point d'après. Au super tie-break, il m'a enfin donné quelques points, j'ai hyper bien servi et ç'a tourné pour moi. C'est fabuleux.

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Comment rebondit-on après avoir manqué cinq balles de match ?
Il fallait passer à autre chose le plus vite possible. J'avais autre chose à gérer que ces cinq balles de match ratées. Il fallait que je me concentre sur moi. J'ai réussi à être costaud dans la tête, ça fait du bien. J'aurais aimé finir plus tôt, mais il faut toujours voir le point d'après. Quand il en sauvait une, j'étais à 5-4 pour moi, égalité, c'était pas si mal. Physiquement, il fallait que je me concentre vraiment pour ne pas lâcher. J'ai sauvé je ne sais pas combien de balles de break aussi au cinquième (7 au total), je suis mené 0-30 à 5-5 aussi... Je suis très fier d'avoir fait ce scénario, d'avoir tenu les émotions et d'être allé chercher le match.

Vous pensiez-vous capable d'une telle performance ?
Je savais que j'étais capable de battre des très bons joueurs. Un scénario comme ça, c'est impossible de l'imaginer. J'étais très frustré après les deux premiers sets, je n'étais vraiment pas content de moi, de la manière dont je jouais et dont j'exploitais mes occasions. Il fallait réagir, produire autre chose et, quitte à perdre, au moins y aller à fond.

J'ai réussi à retourner toutes les sensations pas bonnes que j'avais, à contresens, timide, pour finir en allant sauver quasiment tous les points importants par moi-même. C'est ça qui me rend le plus heureux. C'est ma plus belle victoire, clairement. Plus de quatre heures, gagner au super tie-break du cinquième avec un premier troisième tour en Grand Chelem, jusqu'à maintenant, c'est la plus belle.

Samedi au troisième tour, vous affronterez Alex de Minaur devant son public. Comment imaginez-vous ce duel ?
Déjà, je vais récupérer parce que l'animal, il a des cannes ! On se connaît bien, on s'est fait un bon duel physique en Coupe Davis (victoire de l'Australien 6-3, 1-6, 6-4 en 2022). Je sais comment il joue, il sait comment je joue. C'est un beau défi de le jouer ici, sur un magnifique court. Ça sera une super expérience. Le tournoi n'est pas fini. Il court partout, il est insupportable, il ne s'arrête jamais de courir ! Ça va être un match sympa.

Vous serez numéro 1 français après l'Open d'Australie...
Ok. Cool ! (silence) Non, mais c'est bien (sourire). C'est anecdotique. Ce n'est pas l'information qui me concerne le plus aujourd'hui. Je préfère être au troisième tour, me concentrer sur la suite. Si je passe numéro 1, c'est très bien, mais il y a encore la suite après. »

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