Benjamin Védrines signe la traversée du Queyras en 2 jours : 138 km et 12 330 m de dénivelé

Benjamin Védrines (Instagram Védrines/D.R.)

Début janvier, le guide de haute montagne et alpiniste français Benjamin Védrines a réalisé la traversée du Queyras, dans les Hautes-Alpes, en deux jours : 138 km et 12 330 m de dénivelé.

« Exigeante, sauvage, variée et épuisante. » Voilà comment Benjamin Védrines décrit cette « magnifique lignée imaginée autour de la vallée du Guil ». Le Français, guide de haute montagne et alpiniste de haut niveau, s'est offert une belle traversée pour lancer son année 2023 : 138 km et 12 330 m de dénivelé dans le massif du Queyras, dans les Hautes-Alpes, sur deux jours.

« Mon cahier des charges était simple : ne pas traverser de routes, ni de villages = immersion totale ; allier esthétisme et efficacité ; effectuer le tour du Guil et faire un coucou au Mont Viso (3841 m, le plus haut sommet des Alpes italiennes), explique-t-il. Deux journées à enchaîner les montées et les descentes, à contempler la nature hivernale, puissante et difficile, et à tout donner pour arriver au bout de ce projet ambitieux. »

Benjamin Védrines est donc parti de Vars dans la nuit du 6 janvier dernier, passant notamment par « la brèche des Heuvières, la tête de Rissace ou encore le col Sellière, pour rejoindre le refuge Jervis, en Italie » avant de rallier Villard le lendemain, après 13 ascensions en une journée, dont le Grand Glaiza (3293 m).

lire aussi : Alpinisme : record de la traversée de la Meije pour Benjamin Védrines

Ces dernières années, Benjamin Védrines enchaîne les performances en très haute montagne : il a notamment traversé le massif du Mont Blanc en moins de 24 heures avec Mathéo Jacquemoud (une première) et ouvert avec Charles Dubouloz une voie extrême dans la face nord du Chamlang (7319 m) en Himalaya. En juillet dernier, Védrines a signé un record de vitesse sur le Broad Peak (8051 m), soit l'ascension d'un 8000 (un des 14 sommets de plus de 8 000 m) la plus rapide de l'histoire.

« Depuis mon expédition au Pakistan je n'avais pas vécu de nouvelle aventure aussi intense, a écrit le Français suite à son aventure dans le Queyras. J'en avais besoin, et j'attendais le bon moment, le bon timing. La patience a fini par payer ! Ce début janvier, tout s'est aligné. La forme, la neige stabilisée, et la météo. »

Védrines avait préparé et étudié attentivement son périple et ses points de passage. « Entre imaginer un tracé comme celui-là, et le vivre, il y a un cap, poursuit-il dans un autre post. Mais ces deux étapes sont indissociables du plaisir éprouvé dans ce genre d'aventure. Le plaisir de dessiner un cheminement sur une carte topographique, d'anticiper les paysages, les itinéraires et les difficultés. Et quand vient le moment de vivre réellement cette ligne, ce coup de crayon, alors surgit le plaisir d'être plongé dans le réel, de mettre en images les courbes de niveaux, les noms des sommets envisagés et pentes à skier. Je vous l'assure, vivre ses rêves ce n'est pas qu'un mauvais slogan ! »