Bernard Campan : « Je nage dès que possible »

Le comédien Bernard Campan aime aligner les longueurs dans sa piscine. (Marie Rouge)

Bernard Campan, le comédien de 64 ans, dans les salles avec le film « la Dégustation » dès le 31 août, raconte sa passion pour la natation dans la rubrique « Fenêtre sur corps » du magazine L'Équipe.

« Il est quasiment impossible d'aimer son propre corps. En même temps, je ne me déteste pas non plus. Je me trouve même pas mal de temps à autre. Lors d'une scène dans La dégustation, j'essaie une chemise et je me vois de dos. Là, en revanche, je me dis : "Bon, d'accord..." (Rires.)Ce n'est plus vraiment ça."

Je suis un peu exhibitionniste, sinon je ne serais pas devenu comédien. Il ne me semble pas que j'aie peur de montrer mon corps. Peut-être qu'avec l'âge, ça devient un peu plus difficile, avec la peau qui se détend, comme De Funès dans La grande vadrouille. (Rires.)

Mais j'ai terriblement peur du ridicule à l'écran. J'ai peur d'en faire trop. C'est le paradoxe du comédien : on a très envie d'être vu, d'être admiré, mais on a très peur de se montrer, de ne pas être aimé... De ne pas être admiré, finalement. C'est à partir de ces paradoxes-là que l'on se construit, qu'on s'enrichit.

Je me souviens de mes premiers cours de théâtre au lycée. Mon professeur nous faisait faire des exercices d'improvisation. Cela consistait à choisir un animal et à se lâcher. J'avais choisi le singe. Je me souviens qu'une table se trouvait devant moi. J'ai sauté dessus en bondissant à quatre pattes alors que je ne pensais pas en être capable. Je me suis surpris de cette puissance animale enfermée en moi à cet instant. C'est la première fois que je me suis dit : "J'habite un corps qui me surprend et peut me dépasser physiquement."

lire aussi
Cindy Bruna a découvert le sport en devenant mannequin

Le rire est l'une des choses les plus dures à faire ressentir physiquement. La comédie est un art laissé un peu pour compte, considéré comme moins noble. C'est plus difficile de dégager une émotion comique que dramatique. Seul, sans mes compères des Inconnus, je ne sens pas cette veine comique en moi, comme peuvent l'avoir Pascal ou Didier (Légitimus et Bourdon).

Je suis dans le fond quelqu'un de plutôt réservé. J'ai peur de ne pas être drôle. D'ailleurs, rien ne me fait plus mal qu'un comique qui ne fait pas rire. J'ai peur de me retrouver dans cette situation. Le trac se retranscrit sur moi par une sorte de paralysie intérieure qui se traduit par des contractions.

Pour l'estomper, j'ai un truc simple et infaillible : j'arrête d'y penser. Je n'écoute plus cette petite voix intérieure qui me parle. J'accepte des rôles en me disant que je ne suis pas à la hauteur mais ce n'est pas grave, j'y vais quand même. Du coup, ça ne m'encombre plus.

J'ai la chance d'avoir une piscine et je nage dès que possible. Je prends du plaisir dans le bien-être que cela procure. Cette sensation d'endurance qui se dégage, comme si je pouvais nager toute la journée alors que ça tire assez vite. (Rires.)

lire aussi
Thibault de Montalembert se sent plus fort avec le sport

Je n'ai plus la même énergie qu'à mes 30 ans. Je fais plus attention à ce que je mange. J'ai banni les drogues dures... Je bois moins de vin mais j'aime les alcools forts. Un verre ou deux le soir, c'est ma manière de décompresser. C'est comme le sport, mais ça fait moins de bien au corps, j'en suis conscient.

L'insomnie ne me gêne plus. J'utilise de la mélatonine quand j'ai envie de me relaxer. J'ai essayé le CBD en granules, ça marche plutôt bien sur moi. Je suis aussi un adepte de la douche froide, voire glacée, avant de m'endormir. Pour la circulation du sang, c'est parfait. Et ça ne réveille pas, ça m'apaise. »