Biathlon - Raphaël Poirée publie son deuxième livre

L'Equipe.fr
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Treize ans après son autobiographie, Raphaël Poirée publie un deuxième livre, La poursuite d'une vie. Un ouvrage très introspectif où l'ancienne star du biathlon explore les méandres de son parcours tourmenté. En 2007, au sortir d'une carrière de biathlète étincelante (8 titres mondiaux, 4 gros globes de cristal, 44 victoires en Coupe du monde, 3 médailles olympiques), Raphaël Poirée avait publié son autobiographie, On ne naît pas champion, on le devient, écrite en collaboration avec l'ancien journaliste du Dauphiné Libéré Yves Perret. Treize ans plus tard, le duo s'est reconstitué pour un nouvel opus. Ça s'appelle La poursuite d'une vie (éditions Les Passionnés de bouquins) et si Poirée y revient sur sa jeunesse et son parcours sportif, il nous offre aussi un voyage profond et introspectif, « une mise à nu sur ma vie », explique-t-il. On retrouve donc son enfance à la Chapelle-en-Vercors, celle d'un gamin à part, timide, replié sur lui-même, pas très costaud et peu sûr de lui. Un amoureux de la nature venu au biathlon par amour du tir (« Un miroir sur soi-même ») dont le destin va basculer, alors qu'il a quinze ans, par la grâce d'un entraîneur qui lui lâche, les yeux dans les yeux : « Un jour, tu seras champion du monde ! » Le rêve est ancré et à partir de là, Poirée va tout mettre en oeuvre pour l'atteindre. Quitte, par son caractère entier et sans concessions, à ne pas plaire à tout le monde. Et à laisser finalement l'image d'un champion un peu distant, loin de celle, plus accessible et policée, de son successeur et héritier Martin Fourcade. Une vie norvégienne pas toujours apaisée Cette attitude radicale, Poirée (46 ans) y revient longuement dans son livre et, pour la première fois, l'explique. S'il a toujours eu la rage et « l'oeil noir », c'est parce que sa vie en Norvège n'a pas été rose tous les jours. Il y parle de cet accident de quad qui, en 2009, a failli le laisser paralysé. De son divorce en 2013 avec la biathlète norvégienne Liv-Grete Skjelbreid, son parfait binôme sur et en dehors de la piste pendant treize ans et mère de ses trois filles. Et puis, surtout de sa quête, en Nouvelle-Zélande, de Maurice, son père biologique, parti quand il avait six ans, « cette boule au ventre que j'ai traînée jusqu'à mes quarante ans ». Tant d'épisodes d'un parcours plein, celui d'un homme qui, une fois rangés la carabine et les skis, n'a pas hésité, après quelques tentatives en tant qu'entraîneur, à revenir « à la vraie vie », celle d'ouvrier sur les plateformes pétrolières puis dans une entreprise de terrassement. Jusqu'à devenir directeur du marketing d'une entreprise de conseil dans le bâtiment et gérer une équipe d'une cinquantaine de personnes. Le chemin tortueux d'un homme apaisé qui, pour expliquer l'existence de ce deuxième livre, a déclaré : « Je voulais laisser une trace à mes enfants, qu'elles connaissent mon histoire et qu'elles sachent qu'il faut se battre dans la vie. »