Bilan 2020 - Russell avait les crocs

Guillaume Navarro
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Ces bilans 2020 sont aussi l'occasion pour vous de noter chaque pilote, grâce au module situé au bas de cet article.

Il n'était pas réellement utile de placer est passé à deux doigts de devenir un vainqueur de Grand Prix dès sa première montée dans une auto capable de le faire. Peu importe le contexte, le tracé ou le niveau de son équipier.

Avant cela, les commentaires concernant la saison du jeune protégé de , avec qui il a selon les dires d'Helmut Marko "un contrat de 10 ans", étaient déjà excellents. Car alors que la Williams est de fait la monoplace la moins performante du plateau F1 cette saison, le #63, dont la décoration de casque offre des réminiscences de celui de Michael Schumacher – son héros – a offert avec une grande régularité des performances et une direction impeccables à son team. Au point de voir sa prestation comparée à celle d'un Fernando Alonso chez Minardi, dont les surclassements en qualifications et les écarts creusés en course sur son équipier et d'autres pilotes dotés d'une meilleure auto étaient loin d'être acquis mais devenus systématiques.

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La "supergrille" de départ de la saison 2021, qui compile tous les résultats de qualifications des pilotes, illustre bien le niveau atteint cette année par Russell. Certes, l'Anglais s'est offert la deuxième position de la grille de départ sur le GP de Sakhir, au volant de la Mercedes. Mais même sans cela, ses samedis furent excellents. Qualifié en moyenne au 16e rang même sans sa pige Mercedes, derrière un certain Sebastian Vettel, il devance dans l'exercice les deux Alfa Romeo de Kimi Räikkönen et Antonio Giovinazzi, les Haas de Kevin Magnussen et Romain Grosjean, ainsi que son équipier et les deux rookies ayant eu eux aussi prendre le volant de monoplaces (de fond de grille) au pied levé.

En course, Russell s'est plus souvent qu'à son tour montré en mesure faire se poser de grandes questions à son team concernant le niveau réel de sa monoplace, en ne laissant jamais le moindre répit aux autres équipes les moins bien loties. Si le doute existait, on sait que la Williams était bien loin d'être utilisée à son plein potentiel par son équipier, au point de voir les écarts entre les deux hommes franchement embarrassants sur certaines manches dès les premiers tours de course. Le caractère assez animé de nombreuses manches cette saison a contribué à permettre une comparaison brute des résultats sous le drapeau à damier un peu moins défavorable qu'elle n'aurait pu l'être à Latifi, mais tout le pitwall connaît la valeur réelle de Russell, dont les performances avaient besoin de plutôt être comparées à des pilotes de premier plan. C'est chose faite.

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On aura vu un Russell particulièrement véloce en Grande-Bretagne (12e), en Toscane (11e) ou encore au Portugal, où il termina devant les Haas et les Alfa. C'est pourtant Nicholas Latifi qui passa à deux doigts d'ouvrir le compteur de points de Williams cette année, en passant à sept dixièmes de seconde de la dixième place sur le GP d'Émilie-Romagne. Un compteur resté finalement vierge pour l'équipe, mais crédité de trois unités pour Russell, dont le week-end avec Mercedes à Sakhir fut le parcours de montagnes russes incroyable que l'on connaît. Pas de podium ni de victoire, donc, au final, mais un meilleur tour en course et une énorme impression faite, qui lui a permis, à la faveur d'un contexte très spécial autour de cette mouvementée période de pandémie, des déboires de Valtteri Bottas et du traitement en privé des affaires de Mercedes avec Lewis Hamilton, d'émerger comme l'un des sujets de discussion et de spéculation les plus redondants du paddock. Avec modestie, professionnalisme et self-control.