Les Bleues et la malédiction des quarts de finale à l'Euro

Les Bleues et la malédiction des quarts de finale à l'Euro

Qualifiée pour les quarts de finale de l'Euro 2022, l'équipe de France, qui rencontrera les Pays-Bas samedi soir, espère enfin passer un cap qui se refuse à elle depuis 2009 et atteindre pour la première fois les demi-finales de la compétition. Récit de trois éditions aux dénouements cruels.

Sans surprise, la France de Corinne Diacre va disputer son quatrième quart de finale d'Euro ce samedi (21 heures). Comme lors des éditions 2009, 2013 et 2017, les Bleues arrivent avec l'ambition de se hisser dans un dernier carré qu'elles n'ont encore jamais atteint.

2009, une première expérience regrettable

En 2009, la Norvège accueille le dixième Championnat européen de football féminin, le quatrième auquel la France participe. Éliminée au premier tour lors des trois éditions précédentes, la quatrième meilleure nation du continent peut rêver d'atteindre enfin la phase à élimination directe. Les Bleues héritent d'un groupe relevé avec comme favori l'Allemagne, vainqueur en 1995, 1997, 2001 et 2005.

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Malgré une défaite 5-1 face aux futures championnes d'Europe, la France se hisse en deuxième position, grâce à une meilleure différence de buts que la Norvège. Pour leur premier quart de finale, les Bleues héritent des Pays-Bas. Et même avec un jour de récupération en moins, les coéquipières de Laura Georges montrent de très belles choses et acculent leurs adversaires devant leur but. Pas de quoi inquiéter des Néerlandaises qui ne fonctionnent qu'en contre-attaque durant 120 minutes.

Bruno Bini, sélectionneur de l'équipe de France

« J'ai l'impression qu'on aurait pu jouer dix ans sans prendre de but. Nous avons essayé de produire du jeu, mais nous n'avons pas été récompensés. C'est cruel »

Malgré plusieurs poteaux et quelques sauvetages de Koster, capitaine des Pays-Bas, rien n'y fait. Le destin des Bleues semble scellé. Même l'ultime tête d'Amandine Henry à la 119e minute ne fait pas trembler les filets et meurt à quelques millimètres du but.

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La réussite s'absente également lors de la séance de tirs au but. Sur les six tirés par les Françaises, trois sont manqués, dont deux ont terminé sur le poteau. Une élimination 5-4 aux tirs au but qui laisse un sentiment d'inachevé tant cette équipe pouvait espérer mieux.

2013, quatre ans plus tard, rien ne change

Après une quatrième place à la Coupe du monde 2011 et aux Jeux Olympiques 2012, le groupe de Bruno Bini arrive en Suède avec l'ambition de soulever un premier trophée. La phase de groupes renforce la confiance des Bleues, qui remportent leurs trois matches en inscrivant sept buts pour un seul encaissé.

Première, la France s'offre le luxe d'affronter un troisième de groupe, le Danemark, et ses deux petits points dans le groupe A. La différence ne se ressent pourtant pas réellement face à des Scandinaves héroïques et plus déterminées que leur adversaire.

31

Dans ce quart de finale cruel, les Bleues ont tiré au but à 31 reprises pour 10 cadrés. En face, les Danoises n'ont frappé que quatre fois en 120 minutes.

Après l'ouverture du score à la 28e minute, les Danoises se recroquevillent et laissent de timides Françaises s'approcher. L'égalisation de Necib à la 72e, sur penalty, redonne de l'élan à toute une équipe qui aurait dû en obtenir un autre durant la prolongation. Les Bleues se mettent alors à dominer, mais sans passer devant.

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Comme en 2009, la France sort en quarts de finale au terme d'une séance de tirs au but (4-2) face à une équipe bien plus faible. Cette nouvelle élimination coûte sa place de sélectionneur à Bruno Bini, démis de ses fonctions le 30 juillet 2013.

2017, un jeu et un résultat décevants

Si la phase de groupes de 2017 est bien plus poussive que lors des éditions précédentes (1 victoire, 2 nuls), l'objectif est toujours d'atteindre les demi-finales, au minimum. Pour cela, faut-il encore venir à bout d'Anglaises bien plus entreprenantes dans le groupe D avec 3 victoires et 9 buts inscrits.

Sous la houlette d'Olivier Échouafni, le jeu des Bleues est bien plus brouillon, même derrière, à l'image de la jeune Karchaoui, 21 ans à l'époque, victime des assauts de Lucy Bronze et Jordan Nobbs. Ses coéquipières offensives du soir, Diani (remplacée par Thomis), Delie (remplacée par Le Bihan) et Le Sommer n'inquiètent que très peu la défense adverse.

1974

Avant cette rencontre, l'équipe de France féminine de football n'avait plus perdu face à l'Angleterre depuis 1974.

L'ouverture du score de Taylor, meilleure buteuse de la compétition, ne change rien aux faibles ambitions françaises, comme si l'enjeu avait été oublié. Contrairement à 2009 et 2013, la finalité de 2017 est logique et vient punir un collectif très mal huilé à seulement deux ans d'une Coupe du monde à domicile.

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