Les Bleus, en quarts de l'Euro, ont changé de dimension

Mehdi Marzouki a été l'auteur du but de la victoire face à la Serbie dimanche. (J. Prevost/L'Equipe)

L'équipe de France défie mardi l'Italie en quarts de finale du Championnat d'Europe après avoir éliminé les champions olympiques serbes.

Pour mesurer la portée de la victoire, dimanche, de la France sur la Serbie en huitièmes de finale du Championnat d'Europe, il suffit de remonter le temps. La dernière fois qu'une équipe de France masculine s'était glissée dans le Top 8 européen, c'était en 1958. Il y a 64 ans, on trouvait dans la compétition les deux Allemagnes (de l'Est et de l'Ouest), la Yougoslavie et l'Union soviétique. Depuis, les Bleus du water-polo avaient pris quelques fois la lumière, aux Jeux Olympiques de Rome 1960, de Séoul 1988, de Barcelone en 1992 ou de Rio en 2016, mais sans faire jeu égal avec les meilleures nations de ce sport principalement européen.


Avoir sorti de la compétition dimanche les champions olympiques en titre, en ayant dominé tout le match et en ayant su marquer le but de la victoire (10-9) est un pas de géant vers un nouveau statut. « L'envie de gagner était plus forte que la peur de perdre, observe le sélectionneur Florian Bruzzo. Ça pouvait paraître compliqué quand la Serbie est revenue à 9-9 mais j'étais toujours confiant sur notre capacité à gagner ce match. »

Une confirmation plus qu'une révélation

C'est désormais l'Italie, vice-championne du monde au mois de juillet, qui attend les Français en quart de finale, ce mardi à 16h30 à Split (Croatie). Une victoire assurerait aux Français une qualification pour le Championnat du monde 2023 et le meilleur résultat de leur histoire. « Les Italiens comme dans tous les sports-co, savent gagner, faire déjouer les adversaires, décrit Bruzzo. Tactiquement, c'est bien huilé. Ça va être un test et un combat mental. »

Mais quoi qu'il arrive, les Bleus semblent avoir changé de dimension et la victoire contre la Serbie a plus des airs de confirmation que de révélation. Ces derniers mois, l'équipe de France a battu des nations solides comme les États-Unis ou le Monténégro, a connu la défaite mais aussi la victoire contre l'Espagne, championne du monde. « Notre bilan contre les meilleures équipes du monde n'est pas négatif », observe Florian Bruzzo.

« Il y a une jeune génération qui pousse, et quelques glorieux anciens qui sont toujours là, tiennent la baraque, sont performants dans leur club et ont toujours faim de haut niveau. »

Le sélectionneur avait déjà mené les Bleus à la qualification olympique en 2016. De retour en octobre dernier, il a pu mesurer l'évolution de cette équipe. « Les clubs, notamment Marseille, investissent beaucoup sur les joueurs, leur qualité, l'encadrement, souligne-t-il. ça nous aide parce que les conditions de travail des garçons au quotidien sont quand même meilleures, avec des ambitions plus élevées dans trois ou quatre clubs en France. Les hommes ont pas mal changé. Il y a une jeune génération qui pousse, et quelques glorieux anciens (dont le capitaine Ugo Crousillat et le buteur de la victoire dimanche Mehdi Marzouki) qui sont toujours là, tiennent la baraque, sont performants dans leur club et ont toujours faim de haut niveau. »

En atteignant à Strasbourg, fin juin, les demi-finales de la Ligue mondiale, les Bleus avaient déjà vécu des émotions, d'autant plus fortes qu'elles étaient à domicile. Un avant-goût de 2024, cent ans après le titre olympique de Paris 1924 ? « Cette équipe a des marges de progression et on aura peut-être un ou deux renforts, affirme son sélectionneur. Je pense qu'on veut et qu'on doit viser une médaille en 2024, je le disais déjà il y a huit mois. On a l'équipe pour. En disant ça, je mets beaucoup de pression mais je pense que c'est ce qu'on doit viser. Et on a des critères objectifs pour dire qu'on peut être sur le chemin. »