Les Bleus du ski freestyle en stage en Amérique du Sud à cause des glaciers impraticables

Chloé Trespeuch (en dossard jaune) et les Bleus vont préparer la prochaine saison au Chili en septembre. (F. Faugère/L'Équipe)

Suite aux fortes chaleurs de l'été, les glaciers alpins sont fermés ou en mauvais état, chamboulant le programme de préparation des Bleus du ski freestyle. Les équipes de France de ski de bosses, snowboardcross et de skicross partent donc en stage au Chili et en Argentine pour préparer leur saison de Coupe du monde.

« Les montagnes en souffrance. Les glaciers, gardiens des eaux douces, vivent mal cette sécheresse. » Les photos, postées mi-août par la vice-championne olympique Chloé Trespeuch illustrent bien l'état des glaciers alpins cet été, à cause des fortes chaleurs estivales.

D'habitude, les Deux-Alpes, Tignes ou encore Saas-Fee et Zermatt en Suisse accueillent les équipes nationales de ski freestyle pour leur préparation estivale. Cette année ? Impossible, les glaciers sont fermés ou trop dégradés. « Ils sont tellement pourris et dans un sale état, c'est triste à voir, regrette Grégory Guenet, patron du freeski bleu. On va attendre plus longtemps avant de reskier, ça reporte tout au minimum d'un mois. Et encore, on ne sait pas dans quelles conditions seront les glaciers dans un mois. » La vice-championne olympique de big air Tess Ledeux peut néanmoins continuer à s'entraîner à Leysin, grâce à sa structure artificielle avec airbag, y passant plus temps que prévu. Infaisable pour le reste des équipes de France de ski freestyle.

Fabien Bertrand, directeur du ski freestyle à la FFS

« Ces dernières années, entre le Covid-19 et les questions budgétaires, on ne l'envisageait plus car on arrivait à organiser de bons stages en Europe. Là, on n'a pas eu le choix »

« Les glaciers en Europe sont en très mauvais état, il n'y a pas de quoi fabriquer des pistes d'entraînements, pas assez de neige à cause des fortes chaleurs, confirme l'entraîneur du snowboardcross Kevin Strucl, avant de s'envoler pour le Chili et la station de Corralco pendant un mois, où les Bleus retrouveront notamment l'équipe nationale du Canada et une équipe privée américaine et fêteront leur retour sur la neige, une première depuis juin. En snowboardcross, on a besoin de gros volumes de neige pour créer un bon parcours. » Comme en skicross. L'équipe de France, menée de nouveau par Michel Lucatelli, est également actuellement en stage au Chili, à La Parva, pour trois semaines.

Pour les deux disciplines, pas le choix de s'envoler en Hémisphère Sud. Même les stations suisses, qui disposent de certains parcours préformés en terre et nécessitent donc un peu moins de neige qu'ailleurs, n'ont pas réussi à installer des parcours adéquats. « On avait une solution sous un dôme en Espagne, mais que pour des starts (des départs), ou alors ailleurs en Europe pour faire du géant, mais ce n'est pas suffisant pour bien se préparer à la saison, explique Strucl. Là, on sait que les conditions sont tops, avec beaucoup de neige, des conditions hivernales, on sait qu'on va faire du bon boulot là-bas. »

Perrine Laffont et les bosseurs vont également partir dans quelques jours en Argentine, à Ushuaia, comme Alexis Pinturault et les skieurs alpins. Un stage de 17 jours, à 400 mètres d'altitude, ce qui permet d'enchaîner plus de runs qu'à 3 500 m, comme en Europe en moyenne.

Entre 2015 et 2017, les Bleus du snowboardcross sont déjà partis en Amérique du Sud, deux fois à Pucon, au Chili, et une fois à Cerro Catedral, en Argentine. Pour préparer les JO 2010, Lucatelli avait aussi emmené les skicrosseurs à Ushuaïa. Comme les bosseurs il y a quelques années, qui partaient plutôt en Australie en août avant la pandémie. « Ces dernières années, entre le Covid-19 et les questions budgétaires, on ne l'envisageait plus car on arrivait à organiser de bons stages en Europe, précise Fabien Bertrand, directeur du ski freestyle à la FFS. Là, on n'a pas eu le choix. » Surtout avec des dates de reprise de Coupe du monde tôt dans l'année : 28 octobre pour le snowboardcross et 4 novembre pour le skicross.

« On est en grande réflexion sur le long terme : est-ce qu'on sera obligés de le faire chaque année ? », pose Fabien Bertrand. Questionnement en termes d'empreinte carbone, comme de budget. Les athlètes tricolores ont participé au billet d'avion pour ce stage, et dormiront en appartement pour réduire les coûts. « Si la saison commençait plus tard, ou même en janvier, on pourrait faire des stages sur neige plus tard dans la saison. C'est peut-être une réflexion à avoir du côté de la FIS ».