Bobsleigh - CM - Romain Heinrich : « jouer une place au classement général »

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Alors que la Coupe du monde de bobsleigh démarre samedi à Lake Placid, Romain Heinrich, le pilote du bob français, raconte la préparation des Bleus depuis leur chute à l'entraînement des Mondiaux, et leurs ambitions pour la saison à venir, après un hiver marqué par une médaille de bronze européenne et une deuxième place à la Coupe du monde de Lake Placid en bob à 2. « On avait chuté au premier entraînement du bob à 2 des Championnats du monde. Ce jour-là, les conditions météo étaient extrêmes, et sur les 35 équipages présents, il y a eu 16 chutes. Nous n'étions pas blessés, en revanche le train arrière s'était plié et les deux patins arrière faisaient du chasse-neige, donc on ne pouvait plus aller vite et plus descendre en toute sécurité. Et comme on ne pouvait pas faire le bob à 2 et que la piste de Whistler était très dangereuse, on ne pouvait pas faire uniquement du bob à 4. En une chute, on avait tout perdu sur ces Mondiaux mais c'était vraiment une casse matérielle. Le même jour, le pilote d'un bob américain a eu une fracture aux cervicales suite à une chute donc à choisir, je préfère ça. En rentrant du Canada, on a réparé le Bob à 2 et on est allés faire des descentes à la Plagne pour pouvoir repréparer le matériel pour la saison d'après. » « On a coupé d'avril à mi-mai et à partir de mi-mai jusqu'à septembre, on a fait des stages une semaine par mois ensemble à l'Insep, à la Plagne, en Roumanie, en Italie... Pendant l'été on a fait du développement matériel à la fois chez Bontaz qui est notre partenaire pour les patins, et avec le lycée Gordini, qui est un lycée en carrosserie. Les étudiants travaillent la carrosserie, s'il y a des petites fissures, ils les réparent, ils refont une peinture propre. Pour nous, c'est un super partenariat, ils ont rafraîchi les bobs pour le début de saison. On a récupéré les bobs à la mi-octobre et on est tout de suite partis sur un stage d'entraînement. On a eu un mois et demi avant la première Coupe du monde, on a positionné quatre stages sur quatre pistes différentes en Allemagne, en Lettonie et en Norvège. Le stage en Norvège se terminait par la Coupe d'Europe de Lillehammer. Sur ces quatre semaines, on a voyagé sans kiné et on a un peu accumulé les bobos physiques, Dorian (Hauterville) a été mis au repos et j'ai fait le bob à 2 avec Jérôme Laporal qui a plutôt un profil de bob 4, on a fait neuvièmes en bob à 2, c'était un peu décevant. En revanche, en bob à 4, on a terminé deuxièmes, moi je n'avais jamais fait mieux que septième en bob à 4. Ça a vraiment impulsé une très bonne dynamique dans l'équipe. » « La stratégie pour cette saison c'est de faire tout le circuit Coupe du monde. C'est la première fois, habituellement, on choisissait un peu les étapes en fonction des besoins. On souhaite progresser en bob à 4, on aimerait bien être régulier en top 10. En bob à 4, on a cinq pousseurs qui nous permettent de former trois compositions d'équipes possibles et qui sont du même niveau, ça, c'est vachement bien parce qu'à l'échelle d'une saison ça nous permet de gérer les éventuels bobos ou les indisponibilités. On va essayer de jouer une place au classement général, dans le top 6 ou mieux en bob à 2, dans le top 10 ou mieux en bob à 4. On a coché quelques dates au calendrier : la Coupe du monde à la Plagne, à la maison (10-12 janvier). ça fait quelques années qu'il n'y a pas eu de compétition en France, donc on a envie de briller pour nos amis et nos soutiens qui vont venir nous voir et pour que ça donne envie d'organiser une compétition en France tous les ans, et les Championnats du monde à Altenberg (Allemagne, 21 février-1er mars). C'est une piste sur laquelle on s'est classés cinquièmes en bob à 2 la saison dernière et en Allemagne, il va y avoir des dizaines de milliers de personnes au bord de la piste, ça va être super. » « Je crois que le budget du bobsleigh a augmenté mais je ne sais pas exactement quels sont les chiffres. Notre saison coûte plus cher que l'an dernier, on va à plus d'endroits et c'est déjà une bonne chose qu'on puisse le faire. D'autres années, on aurait pu avoir à choisir entre des compétitions. Néanmoins il y a encore quelques challenges. On a six semaines sur seize sans kiné dans l'hiver, et c'est juste hyper frustrant parce que des petits bobos qui pourraient être réglés en deux-trois jours s'installent. À trois ans des JO, on peut encore serrer les dents, mais l'année pré-olympique et l'année olympique c'est inconcevable. Je ne jette la pierre à personne et je n'oublie pas du tout ce qui est positif, je dis juste qu'il y a des réalités qui sont limitantes par rapport à des équipages allemands ou canadiens. Il y a aussi le cas de Jérôme Laporal, qui est policier, sur les listes de haut niveau mais qui ne peut pas être détaché pour la saison et fait les compétitions sur ses vacances ou en prenant des congés sans solde. Il le fait parce qu'il est passionné et très motivé mais ce n'est pas une situation qui amène la performance. »

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