Bobsleigh - Mondiaux - Mondiaux de bob à 2 : Heinrich-Hauterville, une alchimie à l'épreuve

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Romain Heinrich et Dorian Hauterville disputent ce week-end à Altenberg (Allemagne) les Mondiaux de bob à 2. Le duo français, absent de l'événement l'an passé en raison d'une chute à l'entraînement, espère bien terminer une saison plus compliquée que prévue.Le souci du détail. Que ce soit le pied droit au lancer de poids ou une épaule qui dépasse du bobsleigh, Romain Heinrich a la même exigence, la même application à tout étudier, analyser, corriger. « Quand on est avec lui, on sait qu'on est au bon endroit parce qu'il cherche tellement les détails qu'on se dit qu'on va forcément arriver à trouver des choses que les autres ne trouveront pas », observe Dorian Hauterville, meilleur pousseur de l'équipe de France. L'ancien sprinteur lyonnais (record à 10''55) côtoie Heinrich depuis une dizaine d'années, d'abord sur les stades de la région Rhône-Alpes. C'est en 2018, peu avant les JO de Pyeongchang, qu'ils sautent dans le même bob. Heinrich, qui a débuté sur les toboggans glacés en 2011, est encore un jeune pilote, le n°2 en France, derrière Loïc Costerg, qui a terminé sa carrière en Corée du Sud.Alors qu'on ne les attend pas, ils accrochent le top 15 (13es) en Corée du Sud, décrochent le bronze européen en janvier 2019 et leur premier podium en Coupe du monde un mois plus tard. « On s'entend vraiment bien, on est des acharnés du résultat, apprécie Hauterville. On a des façons différentes de voir les choses mais ça nous complète et au final on arrive à trouver une bonne alchimie, que ce soit dans la poussée où il apporte de la force et moi de la vitesse », ou en dehors, où Heinrich décortique les statistiques pendant que Hauterville gère la motivation des pousseurs du bob à 4, qui concourt le week-end prochain.À Altenberg, samedi et dimanche, le duo va chercher à poursuivre sur la lancée de son intéressante 5e place de la dernière Coupe du monde de la saison, dimanche dernier à Sigulda (Lettonie). Après avoir terminé quinzièmes de la première course, le samedi, Heinrich a apprivoisé la piste, conçue pour les luges et donc très tournante, et Hauterville a optimisé la poussée le dimanche, pour une épreuve qui servait aussi de Championnat d'Europe. Sixièmes à l'arrivée, ils ont été classés cinquièmes de l'Euro.Le duo retrouvait des couleurs après deux étapes un peu en deçà de leurs espérances (12es à Königssee et 9es à Saint-Moritz). Début février, dans la station suisse, sur la seule piste naturelle du monde, Heinrich a malgré tout signé une « course référence » en termes de pilotage. « On n'a pas eu de chance au tirage au sort, on a eu le dossard 5 et ça nous a pénalisés sur cette piste qui accélère au fil des passages, la seule du circuit. En plus, je m'étais fait mal au dos deux jours plus tôt. J'estime que ce jour-là, sans tout ça, on aurait pu faire quatrièmes. » Des détails, là encore, qui n'ont pas basculé en la faveur du pilote et du freineur tricolores.Heinrich, installé à Grenoble du printemps à l'automne, ingénieur de formation et titulaire d'un master d'administration des entreprises, traque les centièmes et sonde son corps à chaque descente. Quand on l'interroge sur ses premières sensations marquantes, l'athlète alsacien ne parle pas tout de suite des 5 G de pression parfois encaissés dans les virages. Il cause manettes, finesse, conditionnement : « Quand j'ai appris à piloter, il y a eu deux types de sensations, celle de la descente et puis tout ce qui peut se passer dans la tête avant, pendant et après. J'ai découvert une dimension mentale qui était poussée à l'extrême, ça m'a marqué au début de mon apprentissage. Je ne pensais pas que cela puisse être autant important. Et en fait c'est la moindre des choses, ça va tellement vite, il y a tellement de choses à analyser et de décisions à prendre dans une descente pour pouvoir faire l'action de pilotage adéquate que c'était nécessaire. »Toute l'actualité du bosleighUn rôle sur-mesure pour le trentenaire, qui partage la passion des stats avec son père, présent sur quelques compétitions du circuit, et a « gardé son âme d'enfant », selon sa mère, « à la fois sensible et ''matcheur'' ».Cinquièmes du classement général final de la Coupe du monde, Heinrich et Hauterville arrivent en Allemagne avec un bilan moins brillant que le précédent. « Cette année, on n'arrive pas à tout aligner, concédait Heinrich, pragmatique, il y a quelques jours. Il y a plus d'aléas à gérer, mais on prend quand même tout ce travail et cette expérience pour tracer notre route jusqu'aux JO de Pékin (en 2022). » Les quatre manches du week-end en sont un jalon important.

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