Benjamin Bonzi bat Pablo Carreno Busta en cinq sets et rejoint le 3e tour de l'Open d'Australie

Benjamin Bonzi rejoint le troisième tour de l'Open d'Australie. (W. West/AFP)

Au terme d'un match haletant, le Français Benjamin Bonzi s'est imposé en cinq sets au deuxième tour de l'Open d'Australie, jeudi, face à l'Espagnol Pablo Carreno Busta, tête de série numéro 14 (4-6, 4-6, 7-6 [5], 6-1, 7-6 [4]).

Cette fois, il a brisé son plafond de verre. À sa dixième tentative en Grand Chelem, Benjamin Bonzi (26 ans, 48e mondial) s'est qualifié jeudi pour la première fois de sa carrière au troisième tour en venant à bout de Pablo Carreño Busta (15e) en cinq manches (4-6, 4-6, 7-6 [7-5], 6-1, 7-6 [10-4]) et 4h11 de jeu.

Toujours redoutable sur dur, comme le prouvent ses deux demi-finales à l'US Open (2017 et 2021) et sa première victoire en Masters 1000 l'an dernier à Montréal, l'Espagnol avait logiquement pris les commandes face au récent finaliste du tournoi de Pune (Inde). Mais l'élève de Lionel Zimbler n'a jamais paru résigné et a livré un combat courageux et appliqué.

Dans un froid polairePris à froid par un break d'entrée, Bonzi riposta alors que « PCB » servait pour le set à 5-3. Mais au moment d'égaliser à 5-5, deux fautes provoquées à 30A scellèrent le sort de la première manche. La seconde, disputée dans un froid de plus en plus polaire à la nuit tombante, en fut la copie presque conforme, le Français cédant cette fois sa mise en jeu à 2-1 pour ne plus la revoir.

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Mais, encouragé par son clan où avait pris place un de ses partenaires d'entraînement, Laurent Lokoli, au côté de Martin Vaisse qui accompagne les joueurs de l'écurie Zimbler en Australie, Bonzi repoussa l'échéance. À 5-4 sur le service de son adversaire, il s'offrit deux balles de troisième set à 15-40, la première sauvée par un enchaînement service-coup droit gagnant, la seconde par une faute grossière à l'échange du Français. Dans le jeu suivant, Bonzi sauva à son tour deux balles de 5-6 avant d'entamer le tie-break qui suivit de la meilleure façon puisqu'il se détacha 4-1, puis 6-3. Carreño Busta sauva deux balles de set mais sur la troisième un ace de Bonzi réduisait l'écart après 2h19 de jeu, au terme d'un set rondement mené (70 % de premières balles et deux fois plus de coups gagnants que de fautes directes, 22-11).

La première fois qu'il remonte un handicap de deux setsDans la quatrième manche, l'Espagnol accusa le coup. À l'inverse, totalement libéré, Bonzi laissa partir ses frappes avec fluidité et précision. Avec une seule faute directe pour 11 coups gagnants, tandis que le rapport de son adversaire était négatif (12-10), la punition tomba en 33 minutes : 6-1.

Le plus dur restait à faire pour Bonzi qui comptait deux victoires dans les deux seuls cinquièmes sets qu'il avait disputés mais n'avait encore jamais remonté deux manches de handicap jusqu'alors. Brandissant son poing en direction du French quarter bien fourni qui réchauffait les tribunes de ce court n°8 d'une ambiance typiquement « annexe », Bonzi sauva quatre balles de break dès le troisième jeu, puis deux autres à 4-4 au mental. Malgré 3h40 de lutte, il ne cessait d'appuyer ses frappes et de s'ouvrir le court à la moindre initiative.

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De Minaur au troisième tourÀ 5-4, il fit parler ses qualités de relanceur et de défenseur pour se procurer cinq balles de match. Il loupa la première d'un retour de revers trop long sur deuxième balle, Carreño Busta sauva les quatre autres en montant au filet puis en réussissant deux services gagnants et un ace.

À 5-5, Bonzi écarta une nouvelle balle de break. Les deux hommes ne pouvaient se séparer autrement qu'au super tie-break que le Français prit par le bon bout, se détachant 4-1, puis 6-3 et enfin 9-4. La sixième balle de match fut la bonne. Après un set d'une heure et 19 minutes, Benjamin Bonzi s'effondrait sur le court. Il venait de se qualifier pour le 3e tour où il affrontera un héros local, Alex de Minaur 24e mondial, tombeur d'Adrian Mannarino quelques minutes plus tard.