Le chef-d'oeuvre de Marco Odermatt à Bormio

Jeudi sur la Stelvio, Marco Odermatt s'est livré à une démonstration époustouflante en super-G

Toujours large leader au classement général de la Coupe du monde, le Suisse Marco Odermatt a signé jeudi sur la Stelvio une performance éblouissante.

À 25 ans, il a encore largement le temps d'accumuler les trophées et les éloges, mais la victoire de Marco Odermatt jeudi sur la Stelvio verglacée et terrifiante de Bormio restera sans doute dans les mémoires. Un chef-d'oeuvre à voir et revoir. Exceptionnel de maîtrise et de vitesse malgré la difficulté du tracé, le tenant du gros globe de cristal a atomisé la concurrence. Vainqueur pour la cinquième fois de l'hiver et la deuxième en super-G, le prodige suisse a laissé son second, l'Autrichien Vincent Kriechmayr, le plus rapide mercredi en descente, à 64 centièmes, et son compatriote Loïc Meillard (premier podium en vitesse) à 1'22''. Sidérant.

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A-t-on vu une course presque parfaite ? « Presque, oui, souriait Odermatt dans la station lombarde, où rien ne se passe comme ailleurs puisqu'un... chien a interrompu quelques minutes la fin de course en dévalant une partie du tracé sans pouvoir être maîtrisé par l'organisation. C'était un super-G très délicat, sur un revêtement glacé où il fallait être intelligent et fin tactiquement. J'ai pris des risques, mais je me sentais très bien, contrairement à la veille en descente (4e). Entre les deux courses, j'ai fait quelques modifications sur le réglage de mes chaussures. Et je suis très content de la performance d'ensemble de la Suisse (4 coureurs dans le top 10). »

Avec cette démonstration aux écarts rarissimes, laissant seulement sept skieurs sous les deux secondes d'écart avec le vainqueur, « Odi » compte désormais 946 points au classement général avant de basculer vers 2023, et 329 d'avance sur son dauphin, le Norvégien Aleksander Aamodt Kilde, 8e hier. Le deuxième gros globe d'affilée lui tend les bras et on le retrouvera le 7 janvier à Adelboden, où il sera l'évident favori pour un quatrième succès en géant cette saison. « Il a fait un run extraordinaire, reconnaissait Alexis Pinturault, comme Kriechmayr la veille en descente. Quand ils font des manches autant à l'attaque, sans aucune erreur de ligne, ils gagnent forcément beaucoup de temps sur les autres. »

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Le Savoyard, 5e hier, a pour sa part confirmé ses bonnes dispositions actuelles en super-G, quelques semaines après sa 3e place à Beaver Creek. « J'ai fait de très bonnes choses mais malheureusement une erreur de gourmandise sur une ligne m'a coûté pas mal de temps, analyse-t-il. Ça reste un résultat encourageant, surtout sur une Stelvio où il fallait être agressif et ne pas se poser de questions, sinon on a vite fait d'être "bouffé" par la piste et ça devient encore plus difficile. » Avec deux tops 5 en super-G, Pinturault tire profit de son travail estival dans la discipline. « Je sais que je suis capable de bien faire dans certaines conditions, mais être aussi régulier est un peu surprenant. Je sens qu'il ne me manque pas grand-chose pour viser encore plus haut, même si j'attends encore un déclic dans les disciplines techniques. » Ce sera peut-être en slalom à Garmisch-Partenkirchen le 4 janvier, ou en géant le 7 à Adelboden.

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