Boxe - JO 2016 - Selon un rapport indépendant, des combats aux JO 2016 ont été truqués

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Un rapport demandé par la Fédération internationale et piloté par Richard McLaren a révélé ce jeudi que des combats des Jeux 2016 de Rio de Janeiro ont été truqués. La Fédération internationale de boxe amateure (AIBA) avait commandé une enquête indépendante sur la corruption au sein de sa discipline. Richard McLaren, dont les investigations avaient révélé le dopage d'État qui existait en Russie ou encore les malversations au sein de la Fédération internationale d'haltérophilie, était chargé de mener cette enquête. Il a rendu son rapport jeudi à Lausanne (Suisse). Richard McLaren « Les qualifications pour Rio ont été le terrain d'entraînement pour le trucage des combats » Il en ressort qu'un trucage de combats existait lors du tournoi olympique des Jeux de Rio de Janeiro, qui se sont déroulés en 2016. McLaren a déclaré que la première étape de son enquête portait sur les arbitres et les juges. De nombreuses décisions lors des JO de Rio avaient suscité des controverses. Selon le rapport, 11 combats sont suspects, dont celui pour la finale des poids lourds entre le Russe Evgeny Tischenko et le Kazakh Vassily Levit, gagnée sous les huées par le premier, et un quart de finale des coqs entre l'Irlandais Michael Conlan et le Russe Vladimir Nikitin. C'est ce dernier qui l'avait emporté, provoquant la fureur de son adversaire. Jeudi, Conlan a d 'ailleurs réclamé sur Twitter sa médaille olympique.

« Les graines ont été semées des années auparavant, au moins à partir des Jeux Olympiques qui ont eu lieu au XXIe siècle, jusqu'aux compétitions autour de 2011 et (aux Jeux de) Londres 2012, a commenté jeudi Richard McLaren. Les qualifications pour Rio ont été le terrain d'entraînement pour la corruption et le trucage des combats. La méthodologie a été affinée en prévision d'une utilisation (aux JO). » Le Français Karim Bouzidi dans le viseur de McLaren McLaren a précisé que le trucage avait été rendu possible, non pas parce que l'AIBA n'avait pas les moyens de le contrer, mais parce que certaines personnes de l'instance avaient décidé de ne pas respecter les règles. Il a notamment cité le Taïwanais Wu Ching-kuo, ancien président de l'AIBA, et le Français Karim Bouzidi, directeur exécutif de l'instance. lire aussi Ces scandales d'arbitrage qui émaillent l'histoire de la boxe aux JO « Par exemple, le directeur exécutif s'est emparé du pouvoir réservé aux Commissions (de l'AIBA), a détaillé Richard McLaren. [...] Il a supervisé la nomination des arbitres et des juges. (Ces derniers) savaient ce qui se passait mais se conformaient au système de trucage. D'autres étaient incompétents mais voulaient continuer à être arbitre ou juge et étaient prêts à se conformer ou à fermer les yeux sur ce qui se passait. » Richard McLaren « Pas un (problème) de règles, un problème de personnes » McLaren a ajouté que les combats étaient truqués pour de l'argent, avec un avantage perçu par l'AIBA, ou pour remercier des fédérations nationales et des comités olympiques et, occasionnellement, les hôtes des compétitions pour les remercier de leurs soutiens financier et politique. lire aussi Roy Jones Jr., le boxeur volé sur le ring de Séoul pendant les Jeux de 1988 En 2016, lors des Jeux de Rio de Janeiro, l'AIBA avait retiré certains arbitres et juges, après des plaintes de boxeurs. Et Karim Bouzidi avait été réaffecté, pendant le tournoi, à la suite des controverses. En 2017, Wu Ching-kuo avait été suspendu de ses fonctions puis poussé à la démission. Selon le rapport, il « a évité de discuter de ce qu'il savait apparemment être une conduite inappropriée » dans ses relations avec le Comité international olympique (CIO). Richard McLaren a conclu : « La boxe a un problème, ce n'est pas une question de règles et de processus. C'est un problème de personnes. Pendant trop longtemps, les gens ont travaillé en dehors des règles. » L'AIBA évoque des sanctions, le CIO va étudier les conclusions du rapport L'AIBA, via son nouveau président Umar Kremlev, a commenté le rapport publié jeudi. « Nous nous efforcerons d'intégrer toutes les recommandations utiles qui seront faites, a-t-il dit dans un communiqué. Nous demanderons également des conseils juridiques sur les mesures possibles contre les personnes reconnues coupables d'avoir participé à une quelconque manipulation. Il ne devrait y avoir aucune place dans la famille de l'AIBA pour quiconque a arrangé un combat. » Le CIO a, lui, déclaré qu'il étudierait attentivement les conclusions de Richard McLaren, avant de se prononcer sur les conséquences.
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