Breel Embolo, le conflit intérieur avant Suisse-Cameroun

Après avoir hésité, Breel Embolo, qui pouvait jouer avec la sélection camerounaise, a finalement choisi la Suisse. (Fabrice Coffrini/AFP)

Né au Cameroun, l'attaquant suisse de Monaco Breel Embolo affronte ce jeudi (11 heures) avec émotion son pays natal, où il possède encore de nombreuses attaches.

Il admet « ne pas avoir sauté de joie » au moment du tirage au sort, mais il a bien dû éprouver un sentiment à part. Ce jeudi, la Suisse débute sa Coupe du monde face aux Lions Indomptables et cette rencontre sera forcément pleine d'affect pour Breel Embolo. Si l'attaquant de 25 ans compte 59 sélections et 11 buts avec la Nati, il est né à Yaoundé, la capitale du Cameroun. « J'ai beaucoup d'amis là-bas, la majorité de ma famille y habite, mon papa vit encore au Cameroun, explique-t-il. C'est un match très spécial. »

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Le joueur de Monaco a changé très tôt de continent, mais il n'a « jamais perdu ce lien » avec son pays natal, et il se rend toujours à Yaoundé ou à Douala. « J'essaie d'y aller une à deux fois dans l'année pour garder ce lien camerounais-africain, développe-t-il. J'essaie de l'apporter aussi à mes enfants et d'apporter par des actions caritatives, comme avec mon association (l'Embolo Foundation). C'est très important pour moi de ne pas oublier d'où je viens. »

Ce n'est pas le cas et, ce jeudi, il aura d'ailleurs face à lui des proches comme Eric-Maxim Choupo-Moting, qu'il retrouve souvent en vacances au Cameroun. « J'ai de bonnes relations avec plusieurs joueurs, ce sont vraiment des amis, confirme Embolo. Ce match, c'est un peu un conflit direct et indirect (rires). Je sais qu'il y aura beaucoup d'émotion et j'essaie de la repousser au jour J. » Le jour J, c'est donc ce jeudi, alors qu'il y a des années, le jeune adulte avait dû prendre une décision pour la vie.

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Arrivé à 6 ans à Bâle après avoir vécu en France, Embolo obtient son passeport suisse en 2014. C'est l'heure d'opter pour une sélection. « J'avais 17-18 ans et j'ai repoussé le choix pendant 6-7 mois, confie le buteur. J'avais eu la possibilité d'aller avec le Cameroun en Coupe du monde. Et j'ai été sollicité par la Suisse, où j'ai grandi. La décision a été très dure. À un moment, tu te réveilles, tu as ta réponse et tu te dis : "C'est ça que je veux". »

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L'attaquant indique que sa famille a respecté son choix, lui affirme en être « très content », et il lancera d'ailleurs le deuxième Mondial de sa carrière contre le Cameroun, dont il assure être « le premier fan ». Que ferait-il s'il venait à marquer ? « C'est sûr, je ne vais pas célébrer, annonce-t-il. Ou bien je vais essayer de ne pas célébrer. Mais c'est un sport d'émotion, ce ne serait pas contre mon pays natal. » S'il y parvenait, il lui ferait en tout cas du mal. Pour une fois.