Brittney Griner assure ne pas avoir eu l'intention d'importer de la drogue en Russie

Brittney Griner (ici lors des JO de Tokyo) risque dix ans de prison dans un procès teinté de géopolitique, en pleine guerre en Ukraine. (F. Faugère/L'Equipe)

La star américaine Brittney Griner, jugée en Russie pour détention de cannabis médicinal, a assuré mercredi qu'elle n'avait pas eu l'intention d'introduire de la drogue dans le pays.

Jugée depuis début juillet à Khimki, près de Moscou, Brittney Griner a été appelée à la barre mercredi. La star américaine (31 ans) a assuré avoir apporté par erreur du cannabis médicinal en Russie et n'avoir jamais eu l'intention de faire de la contrebande de drogue.

« Je n'ai pas eu l'idée, ni ne prévoyais d'introduire des substances interdites en Russie », a déclaré la joueuse au tribunal, selon une journaliste de l'AFP sur place. La double championne olympique (2016, 2021) avait été arrêtée en février à l'aéroport de Moscou, alors qu'elle rejoignait son équipe d'Ekaterinbourg, l'un des meilleurs clubs d'Europe, où elle évolue depuis 2014-2015 entre l'automne et le printemps lorsque la WNBA fait relâche.

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Griner plaide coupable

Liquide de vapoteuse et géopolitique

Elle était en possession d'un liquide de vapoteuse à base de cannabis, qui selon elle lui avait été prescrit par un médecin. Griner reconnaît sa responsabilité pour la présence de ce produit qui lui appartenait et a décidé de plaider coupable. Elle risque jusqu'à dix ans de prison.

Ce procès est teinté de géopolitique alors que les tensions entre Moscou et Washington sont à leur comble avec le conflit en Ukraine. Nombre d'observateurs soupçonnent la Russie d'utiliser Griner (2,06 m), l'une des meilleures joueuses du monde, en vue d'un futur échange de prisonniers avec les États-Unis.

Brittney Griner devant le tribunal, mercredi

« Je n'ai pas eu l'idée, ni ne prévoyais d'introduire des substances interdites en Russie

Mercredi, la joueuse a expliqué à la cour qu'elle utilisait le cannabis médicinal de façon légale aux États-Unis, sur ordonnance et lors de ses jours de repos, pour soulager de multiples douleurs physiques liées à sa pratique intensive du basket. « C'est à cause de toutes les blessures que j'ai eues pendant cette longue période, cela va de mon dos aux cartilages. Et j'ai été en chaise roulante pendant quatre mois, je m'étais tordu la cheville », a-t-elle détaillé.

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Elle a assuré n'avoir pas fait exprès d'en prendre avec elle avant de partir en Russie. « Je ne comprends toujours pas comment ça a fini dans mon sac. Je n'avais pas l'intention d'enfreindre la loi russe [...] Si je dois faire des hypothèses sur la façon dont ça a fini dans mon sac, je dirai que c'était parce que j'étais pressée de faire mes affaires », a-t-elle déclaré.

Griner pointe les conditions de son arrestation

Vêtue d'un sweat-shirt aux couleurs du Phoenix Mercury, son équipe en WNBA, Griner a également affirmé n'avoir pas suivi les recommandations des autorités américaines de ne pas se rendre en Russie à cette période, car elle ne souhaitait pas « laisser tomber » son équipe en Russie.

À la barre, la basketteuse a également dénoncé les conditions de son arrestation alors qu'elle était sur le point de s'envoler de Moscou à Ekaterinbourg pour les play-offs. « On ne m'a pas lu mes droits », a-t-elle souligné, ajoutant que la traductrice mise à sa disposition se contentait de lui dire « signez ceci, signez cela », sans lui expliquer le contenu des documents qui lui étaient présentés.

Après l'audience de mercredi, la représentante de l'ambassade américaine en Russie, Elizabeth Rood, a indiqué avoir pu converser avec la championne et a assuré que Washington continuerait de suivre attentivement l'affaire. La prochaine audience est prévue le 2 août.

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