Les buts légendaires que Pelé n'a pas marqués

Demi-finale de Coupe du monde : Pelé fait semblant de toucher le ballon pour éliminer Mazurkiewicz. (L'Équipe)

Marque des icônes : même les buts manqués par Pelé sont entrés dans l'histoire du football, que ce soit l'arrêt du siècle de Gordon Banks ou la feinte magique du Brésilien face à l'Uruguay.

Le lob insensé du milieu de terrainBrésil - Tchécoslovaquie (3 juin 1970) : 4-1

La Coupe du monde 1970 marque une étape importante dans la fabrication d'une mémoire collective du football et dans le renforcement des mythes. Pour la première fois, la compétition est diffusée en couleurs et en mondovision pour des centaines de millions de téléspectateurs potentiels. Des caméras sont installées derrière les buts pour offrir plus de variété pour la réalisation des diffusions et plus d'angles pour le téléspectateur. Et comme l'a noté à l'époque Le Monde, « l'enregistrement simultané au magnétoscope permettant la rediffusion quasi immédiate des faits marquants de la partie (tels les buts) représente un des attraits spécifiques de la télévision et offre désormais un spectacle "radioscopique" du match absolument unique. » Tout concourt au développement des « highlights ».

lire aussi : Duluc : « Une magie insurpassable »

Pour son entrée en lice, le Brésil de Pelé affronte la Tchécoslovaquie. La sélection européenne ouvre le score mais les doubles champions du monde s'imposent facilement (4-1). Jugé sur le déclin avant la compétition, Pelé marque une fois (sur une reprise après un contrôle de la poitrine) et offre un but à Jairzinho, mais c'est une autre action qui marque les esprits : à la 42e minute, il récupère le ballon dans sa moitié, lance un coup d'oeil au gardien de but adverse Ivo Viktor trop avancé et décoche un lob de 50 mètres. La tentative passera à quelques centimètres du but mais le génie est bien là.

L'arrêt du siècle de Gordon BanksBrésil - Angleterre (7 juin 1970) : 1-0

Pas rancunier, Pelé a accompagné la légende de cette action avec une phrase qui en renforcera la postérité : « J'ai marqué un but mais Gordon Banks l'a arrêté ». Si le Brésilien a accepté de tant célébrer un adversaire, cela a sans doute été facilité par la victoire finale de son équipe. Pour rappeler le contexte, il s'agit du deuxième match de poule du Brésil lors de la Coupe du monde 1970, face à l'Angleterre tenante du titre.

Dixième minute : après avoir débordé son défenseur, Jairzinho centre du côté droit vers le second poteau. Pelé gagne le duel avec son garde du corps et place une tête piquée qui rebondit juste devant la ligne. Imparable, semble-t-il penser alors qu'il lève les bras pour fêter son but dès que ses pieds touchent le sol. En face, Gordon Banks se détend sur son côté droit et détourne le ballon au-dessus de la barre dans un geste qui rend son arrêt encore plus spectaculaire. Si bien qu'il sera même surnommé « l'arrêt du siècle », même si le Brésil gagne le match (1-0) et la Coupe du monde quelques semaines plus tard.

La feinte magique sur MazurkiewiczBrésil - Uruguay (17 juin 1970) : 3-1

Comment dribbler un gardien de but sans toucher le ballon ? Avec une inspiration époustouflante. Le Brésil affronte l'Uruguay en demi-finale de la Coupe du monde et dans les dernières minutes de jeu, Pelé se retrouve en face-à-face avec Ladislao Mazurkiewicz, qui sera désigné meilleur gardien de but du tournoi. Lancé par Jairzinho, le numéro 10 choisit la feinte de corps quand son adversaire sort et réussit un grand pont surréaliste en passant d'un côté du gardien de but et en laissant filer le ballon de l'autre côté. Mazurkiewicz est éliminé, Pelé redresse la trajectoire de la balle avec un tir croisé qui échoue au ras du poteau.


En 1979, son compatriote Zico réussira le dribble avec le but au bout lors d'une démonstration de Flamengo contre Niteroi (7-1) lors du Championnat carioca.

lire aussi : Platini : « Pelé était tout le football »