En cédant au naming, la Ligue 1 ne fait que suivre la nouvelle mode

Le championnat français sera bientôt appelé "Ligue 1 Conforama". Une nouveauté qui confirme la tendance du naming dans le football.

Un an après la Ligue 2, la Ligue 1 va aussi avoir droit à son petit nom à elle. À partir du mois d'août prochain, quand on parlera du championnat français, il faudra l'associer à Conforama, le célèbre groupe de mobilier et objets de décoration. La Ligue Professionnelle de football avait annoncé l'adoption du principe de naming il y a plusieurs semaines et c'est au plus offrant des clients qu'elle a cédé le titre de sa principale compétition.

Bienvenue à la Ligue 1 Conforama

"Ligue 1 Conforama", cela sonne bizarre. Mais, le monde du football s'y fera. De la même manière que les amateurs du ballon rond se sont adaptés au changement de nom de nombreuses autres compétitions. Les Britanniques ont été les premiers à adopter ce principe de sponsoring (ndlr, Worthington et Carling Cup). Puis, ils ont été suivis par d'autres pays.

Comme pour n'importe quel business, il fallait se conformer dans le football à la réalité économique actuelle afin de générer de l'argent. Et le naming est un moyen très prisé pour attirer les grandes marques sans véritable contre-partie. La révolution ne concerne pas uniquement les compétitions. Gérées comme de véritables entreprises, de nombreux grands clubs européens ont aussi été séduits par ce nouveau type de financement. Ainsi, ils ont accepté que certaines de leurs infrastructures soient renommées. Et dans la plupart des cas, c'est avant même que ces fondations voient le jour pour bénéficier justement des moyens nécessaires à leur financement.

De fait, il n'est pas du tout surprenant que le "naming" ait surtout été utilisé pour les stades. Le Bayern Munich et Arsenal ont été parmi les premiers clubs à choisir cette voie. Au milieu des années 2000, leurs belles enceintes de l'Allianz Arena et de l'Emirates Stadium ont été inaugurées. Les contrats avec les deux marques en question ont été particulièrement lucratifs : 147 millions sur 15 ans pour les Anglais, et 90 sur 20 ans pour les Allemands. Des rentrées d'argent colossales, auxquelles s'ajoutent la rentabilité importante des stades à travers la billetterie. En France, le premier club à avoir adopté le naming c'est Le Mans et sa MMA Arena, mais avec un succès relatif pour la simple raison que le stade n'appartenait pas au club hôte.

L'OL et le LOSC tardent à séduire

Plus récemment, Bordeaux a vendu le nom de son stade à la société d'assurance Matmut. Et Nice a imité le Bayern en s'alliant avec…Allianz. Des opérations qui se sont produites post-construction. L'Olympique Lyonnais et le LOSC avaient pour idée de faire la même chose, mais ces deux clubs ont eu plus de difficultés à trouver de bons partenaires. Aujourd'hui encore, leurs enceintes respectives sont en attente d'être rebaptisées. L'OL a, en revanche, été plus rapide pour trouver un partenaire pour son centre d'entraînement (Groupama), de même que le PSG qui a continué à se rapprocher du Qatar en s'associant avec "Ooredoo". 

En dehors des frontières françaises, les clubs allemands, dans leur majorité, ont tous suivi l'exemple du Bayern. Ainsi, plusieurs grands stades du pays ont changé de nom ; le Westfalenstadion est devenu le Signal Iduna Park, le Gottlieb Daimler stadion a changé en Mercedez-Benz Stadion, l'ArenaAufSchalke a été renommée Veltins Arena tandis que le Volksparkstadion de Hambourg est désormais connu comme l'AOL Arena. Outre-Rhin, la seule chose qui a résisté au business c'est le nom du championnat, toujours appelé Bundesliga. Pour leur vitrine, les Allemands ont donc opté pour la fidélité aux traditions. Ce n'est en revanche pas le cas de l'Angleterre et sa Barclays Premier League, et de l'Italie et sa Serie A TIM. 

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