Cédric Heymans : « Ils ne doivent surtout pas adopter un comportement qui amènerait une pollution de l'esprit »

heymans (cedric) (LAHALLE/L'Équipe)

Fort de son expérience de 2007, l'ex-ailier international (59 sélections), aujourd'hui consultant sur Canal+, évoque les dangers qui menacent les joueurs internationaux à un an de la Coupe du monde.

« Quels sont les principaux écueils qui guettent un joueur international lors d'une saison pré-Coupe du monde ?
Un joueur a essentiellement deux craintes. La méforme, d'abord. Mais s'il a un peu de vécu et fait partie de la garde rapprochée du sélectionneur, il sait qu'il pourra revenir à un très bon niveau sur un plan physique et psychologique grâce à la préparation estivale. La blessure, ensuite. C'est la crainte de passer à côté. Et là, le meilleur moyen d'éviter de se péter, c'est de ne pas y penser. Pour ça, s'il y a bien une chose qui est conne à dire mais qui est vraie, c'est que le mec doit prendre match après match, mois après mois, et ne surtout pas se projeter.

lire aussi

Une saison avec vue sur le Graal

Plus simple à dire qu'à faire...
Oui, bien sûr, surtout parce que cette Coupe du monde se jouera en France, que l'équipe sort d'un Grand Chelem, qu'elle a quand même des stars pratiquement à tous les postes et qu'elle a fait en sorte d'arriver en favorite. J'espère juste qu'elle vivra mieux que nous en 2007, avec une préparation de l'événement beaucoup plus pointue.

À titre personnel, aviez-vous été obnubilé par l'événement dans les mois qui ont précédé la Coupe du monde 2007 ?
Non. J'étais tellement bileux que je pensais que je ne serais pas pris (rires). J'avais la chance de ne pas trop gamberger et de ne pas trop réfléchir. Quatre ans plus tôt, en 2003, j'avais réagi tout à fait différemment. Là, j'avais fait de la Coupe du monde un objectif et j'avais tout fait pour y aller. Je m'étais tellement entraîné que j'avais chopé une pubalgie. Résultat, je n'étais pas bon en club et je n'avais pas été sélectionné. Logique.

Cédric Heymans

« Ils ne doivent surtout pas adopter un comportement qui amènerait une pollution de l'esprit

Quels conseils donneriez-vous aux joueurs actuels ?
Je leur dirais de se protéger de nous, de vous, du public, de l'exposition, mais sans jamais se couper de la réalité. Ils ne doivent surtout pas adopter un comportement qui amènerait une pollution de l'esprit.

Pourraient-ils négocier avec leurs managers un nombre de matches revu à la baisse ?
Non, impossible. En revanche, l'inverse peut arriver. Cela peut venir du manager. Après, c'est la situation sportive du club qui décidera. Imaginons qu'un club avec beaucoup d'internationaux soit à la "galope" pour une qualification. Vous croyez qu'il ne mettra pas ses internationaux sur la pelouse à chaque match ?

lire aussi

Transferts Top 14 : Berdeu (LOU), Ntamack (Toulouse) et Jalibert (UBB) ont décidé de rester dans leur club

Qu'est-ce qui pourrait encore perturber les joueurs ?
Qu'ils soient tiraillés entre deux préparations, celle à long terme pour la Coupe du monde et celle à plus court terme en club. Imaginons par exemple que le staff des Bleus demande à ses internationaux de faire du foncier dans leurs clubs pendant la phase finale du Top 14 ou de gagner en masse musculaire. Le double projet à ce moment-là n'est pas possible. »