C'était un 13 mai : Maldonado devenait vainqueur en F1

Emmanuel Touzot
motorsport.com

Le début de saison 2012 a été marqué par une hiérarchie très serrée, menant à une lutte pour la victoire entre près de dix pilotes. À la veille de la cinquième manche de la saison, quatre pilotes et quatre équipes s'étaient imposés en autant de courses, et l'on comptait parmi les vainqueurs dans ce wagon de tête. Ces trois pilotes allaient également triompher durant la suite de cette saison qui comptera un total de huit vainqueurs.

Parmi ceux-ci, l'invité le plus improbable de ce casting est , mais l'évolution de la Williams l'a transcendé à Barcelone.

Pastor Maldonado, Williams FW34 célèbre la victoire

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Pastor Maldonado, Williams FW34 célèbre la victoire <span class="copyright">Andrew Hone / Motorsport Images</span>
Pastor Maldonado, Williams FW34 célèbre la victoire Andrew Hone / Motorsport Images

Andrew Hone / Motorsport Images

Après cette victoire, la saison de Maldonado a surtout été marquée par des incidents en piste, comme à Valence avec Hamilton, et il n'est rentré que trois fois dans les points lors des 15 courses suivantes, avec une huitième place au Japon, une cinquième à Abu Dhabi, et une neuvième position à Austin. De son propre aveu, le succès du pilote en Espagne tient à un ensemble de conditions réunies, sans qu'il ne sache trop ce qui a mené à ce qu'il soit aussi performant. Car même s'il s'est battu aux avant-postes à plusieurs reprises cette année-là, il est certain que la Williams était nettement inférieure à bon nombre de ses rivales.

"Disons un peu la vérité, ce n'était pas une voiture pour gagner. Je n'ai jamais eu une voiture destinée à être dans le top 3, et cette année-là nous y avons été cinq ou six fois en qualifications, mais ce n'était pas la vérité de cette voiture : c'était une voiture faite pour être entre la sixième et la dixième places. Nous pouvions marquer des points, et nous l'avons fait, mais nous avons aussi eu des problèmes de fiabilité."

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Mais outre la monoplace, c'est Williams sur le plan opérationnel qui n'était pas au niveau pour jouer la victoire. Il se rappelle notamment des difficultés connues dans les stands, avec un matériel qui n'était pas aussi performant que celui des meilleurs teams, ou encore de problèmes inhérents à des pièces comme le KERS, et cela a mené à des frustrations au sein de l'équipe, malgré ce succès en Espagne, et à une saison finalement décevante.

"Ce n'était pas une équipe prête à gagner, c'est quelque chose qui est arrivé parce que ça s'est passé comme ça ce jour-là, mais nous ne le méritions pas en tant qu'équipe. Ce n'était pas la voiture la plus rapide. Je me suis donné à fond, j'ai fait de mon mieux, comme l'équipe. [...] Ça n'est pas qu'il y a eu des erreurs de ma part, et ni même de la part de l'équipe. Nous avons vécu des choses très négatives, en étant conscients de notre potentiel, non pas pour gagner le championnat et peut-être pas pour gagner dix courses, mais peut-être pour en gagner encore une autre ou faire deux ou trois autres podiums. Cela a été à notre portée, mais cela nous a échappé pour d'autres raisons."

Une victoire sans lendemain

Cette victoire intervenait après des débuts très difficiles en 2011, au sein d'une équipe Williams très peu compétitive. Maldonado avait inscrit un seul point lors de sa première saison, et admet qu'il avait encore du mal à enchaîner les mauvaises performances sans avoir lui-même les clés pour faire mieux. C'était selon lui le plus difficile en venant des catégories inférieures, où le fait de disposer d'un matériel égal à ses rivaux lui permettait de surmonter les difficultés d'une course à l'autre. Mais la progression entamée en 2012 a changé son état d'esprit et son approche.

"Quand on est habitué au GP2, aux World Series, à la Formule Renault, lorsqu'une course se passe mal, on travaille et si on est fort on se rattrape à la course suivante. Au début de ma carrière en F1, la première course s'est mal passée, alors je me suis dit qu'on verrait à la suivante. La deuxième s'est mal passée… et elles se sont toutes mal passées parce que je me suis rendu compte qu'en n'ayant pas la voiture on ne va nulle part."

"Alors quand j'ai vu les premiers progrès accomplis chez Williams, j'ai senti que j'allais désormais vraiment avoir mon mot à dire. Je ne voulais pas gagner toutes les courses, parce que j'étais conscient que nous n'avions pas l'équipe, le budget, la structure pour nous battre pour le championnat ou même pour le top 3. Un podium c'était déjà un bonus, mais j'avais conscience que nous pouvions marquer beaucoup de points, et c'est ce que nous voulions faire : de belles courses, beaucoup de points, prendre à notre avantage les situations négatives des autres, être toujours là en embuscade."

Finalement, cette victoire de 2012 est restée sans lendemain, même s'il espérait un tout autre scénario : "C'est un peu ce que nous avons fait, sauf que la voiture n'était pas fiable, elle cassait tout le temps, nous étions rapides mais pas fiables. Et je continuais malgré tout à me dire que ça n'était pas un problème parce que si nous avions accompli ces progrès entre 2011 et 2012, alors en 2013 ce serait une voiture capable de gagner." Mais 2013 s'est finalement avéré un exercice encore plus compliqué, avec un seul point pour Maldonado et seulement quatre pour son nouvel équipier, .

Propos recueillis par Roberto Chinchero  

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