Le cadeau embarrassant de la Saur au secrétaire d’État Olivier Dussopt en 2017

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Olivier Dussopt, le 11 février 2020
Olivier Dussopt, le 11 février 2020

Mis en cause par Mediapart, le secrétaire d'État en charge de la fonction publique se serait fait offrir deux tableaux par la Saur, le numéro trois du marché de l'eau.

Sondage après sondage, la défiance des Français envers la classe politique est plus importante qu’ailleurs en Europe. Ce n’est pas la dernière affaire révélée par Mediapart qui va arranger les choses. Dans une enquête publiée ce mercredi, le pure player met en cause le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt. Les faits remontent au début de l’année 2017, dix mois avant son entrée au gouvernement. 

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Alors député-maire d’Annonay en Ardèche, Olivier Dussopt reçoit en cadeau deux oeuvres du peintre Gérard Garouste par le dirigeant local de la Saur, le numéro trois français du marché de l’eau. Grand amateur d’art, il accepte le cadeau d’un montant proche de 2 000 euros. Coïncidence ou pas, l’ancien membre du PS annonce quelques jours plus tard un partenariat entre Annonay et… la Saur pour “l’installation d’une micro-turbine hydroélectrique sur la commune”, révèle Mediapart. Négocié en 2016, l’accord entre les différentes parties abouti le 1er juin 2017. 

Dussopt va restituer les oeuvres

Ce contrat s’est, en plus, avéré être plutôt désavantageux pour ses administrés. “Dès la première année du contrat, le prix de l’abonnement a augmenté de 77%, et celui du mètre cube de 27%, sans parler des augmentations tout au long du contrat qui ne correspondent pas à l’indice des prix à la consommation”, explique à Mediapart Dominique Wojylac, président de l’Association des usagers de l’eau de la région d’Annonay. Les lithographies ont-elles influencé la décision du maire d’attribuer le contrat à la Saur ? Olivier Dussopt réfute et assure que la Saur a remporté le marché parce qu’elle était la “mieux-disante”. 

Nommé au gouvernement d’Édouard Philippe quelques mois après cet évènement, Olivier Dussopt n’a pas jugé bon de déclarer ses cadeaux à la déontologie de l’Assemblée nationale. Une obligation pourtant pour les députés concernant “les dons, avantages (…) d’une valeur qu’ils estiment supérieure à 150 euros dont ils ont bénéficié à raison de leur mandat”, relève le code de déontologie de l’Assemblée. Après avoir évoqué à Mediapart un cadeau d'“un ami”, l'ex-député a finalement reconnu un “cadeau de l’entreprise” et indique qu'il va “restituer” les deux lithographies “dans les plus brefs délais”.

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