Calciopoli, créatine, Suarez : ces précédentes affaires qui ont secoué la Juve

Antonio Giraudo, Luciano Moggi et Luis Suarez ont tous été impliqués dans des affaires avec la Juventus Turin. (Presse Sport)

La Juventus a écopé vendredi d'une sanction de 15 points de pénalité par la Fédération italienne pour des fraudes comptables lors de transferts de joueurs entre 2018 et 2021. La Vieille Dame n'en est pas à sa première affaire.

La Juventus a écopé vendredi d'une sanction de 15 points de pénalité par la Fédération italienne pour des fraudes comptables lors de transferts de joueurs entre 2018 et 2021. La Vieille Dame n'en est pas à sa première affaire.

2020 : Suarez, Italien en 20 minutesLe 17 septembre 2020, Luis Suarez était à Pérouse pour y passer un test de compréhension en italien, indispensable afin d'obtenir un passeport. Une condition sine qua non pour un éventuel transfert à la Juventus. Pour deux raisons : d'abord, parce que la Vieille Dame avait atteint sa limite de joueurs extracommunautaires, puis, parce qu'en 2018, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini avait renforcé la procédure pour l'obtention d'un passeport.

L'attaquant uruguayen du Barça n'avait mis que vingt minutes pour réussir ce test... La brigade financière, qui enquêtait sur la gestion administrative de cette université, a découvert le pot aux roses par hasard : « Les thèmes de l'examen ont été préalablement convenus avec le candidat et la note relative a été attribuée avant son déroulement, bien qu'il ait été constaté, durant les leçons à distance données par les professeurs, une connaissance élémentaire de la langue italienne ».

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Plus tard, des extraits d'écoutes téléphoniques d'une enseignante ont fuité dans la presse : « Il ne conjugue pas les verbes, il parle à l'infinitif. Mais tu penses vraiment qu'on va le recaler ? Il ne baragouine pas un mot. Il doit réussir, il a un salaire de 10 millions par an, tu ne peux pas le lui faire louper ».

2006 : « Calciopoli » et relégationUne retentissante affaire d'influence sur le choix des arbitres avait éclaté le 2 mai 2006 avec la publication dans la presse italienne d'écoutes téléphoniques, peu avant la Coupe du monde en Allemagne. Ces écoutes avaient établi des liens de complicité entre Luciano Moggi, le directeur général de la Juve, et un responsable de la Fédération italienne chargé de la désignation des arbitres.

Le 11 mai, le conseil d'administration de la Juventus avait démissionné. Inculpé et accusé d'association de malfaiteurs destinée à la fraude sportive par le parquet de Naples, Luciano Moggi avait été suspendu de toute fonction sportive pour une durée de cinq ans. Après un premier jugement le 14 juillet 2006 puis un appel le 25 juillet, la Juventus était reléguée (AC Milan, pénalisé de 8 points, la Fiorentina et la Lazio privées de Coupe d'Europe).

Suite à cette rétrogradation, plusieurs joueurs cadres avaient quitté le navire (Ibrahimovic, Vieira, Thuram, Cannavaro, Zambrotta), seuls étaient restés Buffon, Del Piero, Chiellini, Trezeguet et Nedved. Avec Didier Deschamps comme entraîneur, la Juve avait retrouvé l'élite au terme d'une seule saison en Serie B.

2002 : le procès de la créatineLe 25 juillet 1998, interrogé par L'Espresso, hebdomadaire italien, l'entraîneur de l'AS Rome, Zdenek Zeman, déclare : « Le football doit sortir des pharmacies. J'ai vu des explosions musculaires (il cite notamment deux joueurs de la Juventus, Del Piero et Vialli) que je ne croyais possibles qu'après des années de culturisme... » Raffaele Guariniello, juge d'instruction au parquet de Turin, ouvre une enquête.

En août, Del Piero est le premier d'une longue liste de joueurs qui devront subir l'interrogatoire de Guariniello. Parmi eux, Zinédine Zidane et Didier Deschamps. Antonio Giraudo, administrateur délégué du club, et Riccardo Agricola, responsable de son staff médical, sont inculpés. Le 31 janvier 2002 s'ouvre le procès au tribunal de Turin. Presque tous les joueurs de la Juventus de l'époque incriminée (1995-96 à 1997-98) viendront témoigner et la plupart (dont Zidane) reconnaîtront avoir pris de la créatine. En tout, sur une durée de près de trois ans, le procès aura accumulé trente-huit audiences. Le 26 novembre 2004, le docteur Agricola est condamné à 22 mois de prison. Il sera blanchi le 14 décembre 2005.

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