Le calvaire de Caroline Drouin avec les Bleues face à la Nouvelle-Zélande

L'ouvreuse des Bleues Caroline Drouin a eu la balle de qualification en finale au bout du pied ce dimanche en demi-finale du Mondial face à la Nouvelle-Zélande. Dévastée par son échec, elle a reçu le soutien unanime de ses partenaires.

Personne n'aurait aimé se trouver dans les souliers de Caroline Drouin à la 80e minute de cet irrespirable France-Nouvelle-Zélande. Le destin avait chargé avec générosité la hotte à émotions de la demie d'ouverture des Bleues en lui confiant la responsabilité de donner la victoire à son équipe d'une pénalité à 35 mètres, légèrement à droite des poteaux.


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Menée d'un point, l'équipe de France ne pouvait plus compter que sur le pied droit de la Rennaise. Les centaines de supporters tricolores ont retenu leur souffle, comme pour compenser les sifflets assourdissants de l'Eden Park. Mais cela n'a pas suffi. Après avoir passé 80 minutes sur le terrain, Drouin a manqué sa frappe et remisé au placard le costume de superhéroïne qu'elle aurait pu fièrement arborer.

Après la rencontre, ses partenaires se sont succédées pour la décharger de la culpabilité qu'elle ne manqua pas de s'imposer. « À aucun moment la défaite ne repose sur Caro, tranche la centre Gabrielle Vernier. On n'a pas fait le taf avant. On aurait dû tuer le match, porter plus le ballon. On n'a fait trop d'erreurs. »« Ce n'est pas de la faute de Caro,abonde la pilier Annaëlle Deshaye. Elle nous en met dix la semaine dernière, là elle nous en manque une, on ne peut pas lui en vouloir. On gagne ensemble, on perd ensemble. »

Juste avant la tentative, un petit conciliabule s'est tenu entre Drouin et sa capitaine Gaëlle Hermet. « Avant la pénalité, je lui ai dit que, quoiqu'il arrive, on était ensemble jusqu'au bout, confie cette dernière. On a été ensemble de la première à la 80e. C'est l'ADN et la force de ce groupe. Peu importe ce qu'il se passe, qu'il y ait des turbulences ou des moments de joie, on est ensemble tout le temps. »

Restée quelques instants toute seule sur la pelouse, Drouin a promené son regard dans le vide, ressassant inévitablement cette balle de match manquée, mais peut-être aussi ses ballons envoyés directement en dehors du terrain (26e, 34e) ou cette pénaltouche pas trouvée (12e). La chef d'orchestre des Bleues, plutôt à son avantage dans l'animation, n'a pas réussi le meilleur match de sa carrière au pied, pourtant l'un de ses points forts, encore salué par les Black Ferns dans la semaine.


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« On peut imaginer que Caro était hyper déçue, raconte la talonneuse Agathe Sochat. C'est dur parce que c'est elle qui a pris la responsabilité, même si c'était un choix d'équipe. C'est un poids énorme dans ce stade qui a sifflé fort. On ne peut pas la blâmer. Il va falloir qu'on l'aide à relever la tête. » Depuis le début de sa carrière, Drouin a déjà prouvé sa faculté à rebondir après un coup dur. C'est le lot de ceux qui ont un destin plus large que le leur entre les mains. Ou au bout du pied.


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