Cameron Beaubier, l'espoir d'une nouvelle génération US en Grand Prix

Lewis Duncan
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Pilier du championnat américain, dont il a indéniablement été l'un des plus grands talents des dernières années, Cameron Beaubier rejoindra la saison prochaine les Grands Prix mondiaux. Un transfert applaudi des deux mains par le clan US, qui peu à peu se remplume. Avec en poche un contrat de deux ans, il va intégrer le team American Racing en remplacement de Joe Roberts, transféré pour sa part chez Italtrans après avoir obtenu cette année ses premières pole positions et son premier podium.

Passé par la Red Bull MotoGP Rookies Cup et le CEV, Beaubier n'est pas un inconnu dans le Championnat du monde, puisqu'il avait fait ses débuts en 2009, faisant équipe avec un certain Marc Márquez dans le team Red Bull KTM. Retourné aux États-Unis par la suite, il a refait une brève apparition sur la scène mondiale lorsqu'il a remplacé Sylvain Guintoli, blessé, pour la manche WorldSBK de Donington en 2016, mais a consacré la majeure partie de son temps au MotoAmerica, où il a été sacré dans la catégorie Superbike cinq fois ces six dernières années.

"De tous les pilotes qui sont passés par le MotoAmerica, il aurait probablement dû être le premier à partir. Mais vu comment ça s'est passé... Le Superbike américain est tombé dans un tel trou que [les grilles] des Championnats du monde se sont remplies de toutes les nationalités sauf d'Américains", regrette Wayne Rainey, gestionnaire du championnat US et interrogé par Motorsport.com sur la manière dont il a accompagné Cameron Beaubier pour faire le grand saut.

Joe Roberts et son coach, John Hopkins

Joe Roberts et son coach, John Hopkins<span class="copyright">MotoGP</span>
Joe Roberts et son coach, John HopkinsMotoGP

MotoGP

Pour le triple Champion du monde 500cc, le passage de Beaubier en Grand Prix alors qu'il n'avait que 17 ans, aura été pour lui une expérience utile, même s'il a mis dix ans avant d'y faire son retour. "Il est allé là-bas il y a dix ans, alors que c'était encore un gamin. Il a eu Márquez comme coéquipier, il a couru pendant un an en 125cc en Championnat du monde", souligne-t-il. "Il a pu vivre cela à un jeune âge et savoir ce qu'est le Championnat du monde, quel y est le niveau, la quantité de médias et l'importance d'y avoir du succès. Il a désormais pu travailler sur ses courses et faire tout ce qu'il fallait pour être le meilleur possible. Alors, peut-être qu'il se dit qu'il est maintenant le meilleur qu'il puisse être, qu'il est temps d'y aller, qu'il a cette opportunité. Et je m'attends vraiment à ce qu'il soit très compétitif dès le départ."

Une grande responsabilité

Chef de proue de la relance des courses moto aux US, Wayne Rainey croit autant dans le potentiel de Cameron Beaubier que dans les portes que son succès ouvrirait à d'autres étoiles montantes venues des États-Unis. L'ancien pilote compte désormais sur l'émergence d'une nouvelle génération, alors que le dernier succès américain en Grand Prix remonte à 2011, avec Ben Spies, et que le pays n'a plus eu de Champion du monde depuis Nicky Hayden en 2006.

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"Si Cameron va là-bas et connait immédiatement le succès, il peut y arriver plus vite que n'importe lequel des autres pilotes", pressent-il. "Je pense que ça va être intéressant, parce que dans cette catégorie Moto2 tout le monde a globalement le même moteur et le même châssis, tout en utilisant clairement les mêmes pneus. Il faut donc trouver un moyen de faire mieux que ses concurrents, et cela repose sur votre éthique professionnelle. Normalement quand on est Américain et que l'on va là-bas, on n'a pas autant de distractions, cela pourrait donc être un avantage pour lui. Il pourrait avoir moins d'engagements, ce qui lui permettrait de travailler continuellement à sa préparation."

"Beaucoup de choses vont peser sur ses épaules. S'il est compétitif et qu'il se bat pour le podium, s'il monte sur le podium et gagne des courses, cela va vraiment ouvrir la porte à plus de pilotes américains et à plus de pilotes du championnat américain", poursuit Rainey. "Nous voyons déjà des équipes des championnats du monde se tourner vers nous et regarder maintenant ces jeunes pilotes dans notre paddock. Cela commence à fonctionner. Il nous a fallu six ans pour atteindre le niveau qui nous permettra, je pense, d'être bien représentés. Mais si Cam peut franchir ces deux prochaines étapes et faire ce que d'après nous les Américains auraient toujours dû faire, alors ce sera bénéfique pour tout le monde."

"J'espère que c'est la résurgence, j'espère que ce n'est qu'un début et que nos jeunes pilotes en provenance des minibikes et de notre coupe junior seront prêts quand ils auront ces chances. Croisons les doigts !"