Cameron Smith remporte le British Open, son premier Majeur

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Cameron Smith pose avec son trophée. (Russell Cheyne /Reuters)
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L'Australien Cameron Smith a remporté le British Open au terme d'un dimanche exceptionnel à St. Andrews, où il a signé une superbe remontée pour devancer Cameron Young d'un coup et Rory McIlroy de deux.

À 28 ans, Cameron Smith a remporté dimanche le British Open, à St Andrews. Un Australien aussi célèbre par la qualité de son putting que pour son look unique, qui est entré dans l'histoire du golf, ce dimanche.

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Un final historique

À l'aube de passer pro en 2013, un Cameron Smith alors sans moustache ni mulet a prévenu, sans que grand monde ne l'écoute à part dans le Queensland : « Mon but ? Être le meilleur joueur du monde. » Neuf ans plus tard, le droitier de Brisbane, déjà culte pour son combo nuque longue - moustache, n'est pas encore n°1 mondial (il sera 2e lundi), mais ce dimanche, le droitier de Brisbane est devenu légendaire en remportant le British Open, sur la terre aussi sèche que mythique qu'est St Andrews. À 28 ans, l'Australien a produit sur la Mecque du golf l'une des plus belles charges finales de ces deux dernières décennies de majeurs.

Parti avec quatre coups de retard sur Rory McIlroy, Smith a profité du manque de réussite du Nord-Irlandais (17 greens touchés, 70) et de l'inexpérience du Norvégien (74), pour envoyer les birdies nécessaires à sa remontée. Passé en -2 à l'aller, il placera une attaque fatale du trou 10 au 14. Cinq birdies de suite dans le dénouement d'un Grand Chelem, c'est fort. Mais que dire alors de son sauvetage de par au 17, le trou le plus dur de toute la rotation The Open.

Après son seul coup de fer bloqué de la partie, Smith a sorti son outil favori, le putter, pour contourner le bunker du Road Hole. « Je voulais juste me mettre à moins de cinq mètres et tenter ensuite de rentrer le putt », expliquera t-il ensuite, comme s'il vous racontait un coup banal sur un trou ordinaire. Une lucidité de jeu totale à ce moment de pression maximale, alors que Rory McIlroy et Cameron Young ont encore alors une ou deux balles dans le barillet.

30

Jamais un vainqueur de The Open n'avait bouclé les neufs derniers trous en 30 coups. Un -6 à St Andrews signé Cameron Smith.

Le putting défaillant de Mcllroy

Ce par sauvé au 17 sera suivi au dernier trou d'un nouveau coup de putter magique, encore depuis l'extérieur du green. Un birdie final pour un 64 (-8), assurant un total de -20 inaccessible, un coup devant un étonnant Young (eagle au 18, 65) et deux longueurs sur McIlroy, dont la dernière approche à la « desesperado » ne trouvera pas la cible.

Le Britannique n'aura pourtant rien raté de la journée, touchant 17 greens pour aucun bogey. Mais sans la moindre réussite au putting, le numéro deux mondial repartira du Fife avec une 3e place piquante. Une huitième année s'achève pour lui sans Majeur et même s'il a déjà une Claret Jug dans la vitrine (Liverpool, 2014), il lui manque donc encore celle décernée à St Andrews. Un lieu si mythique pour une édition si particulière, la 150e édition du plus vieux des quatre Majeurs. Une occasion qui ne se représentera pas avant 2030, date probable de la prochaine visite de l'Open sur les terres des bâtisseurs de ce jeu.

Peaky Blinders, un teckel et Lee Trevino au ciseau

C'est donc Cameron Smith, qui entre à vie dans l'Histoire, car comme l'ont bien souligné cette semaine Jack Nicklaus et Tiger Woods, une victoire majeure sur ce links est la clé indispensable au trousseau d'un champion. Comme le veut le titre qui va avec l'aiguière, le nouveau "Champion Golfer of the Year" est un gars simple. Un passionné de rugby sous toutes ses règles, capable de suivre en direct le championnat à XIII australien pendant son point presse de mardi.

Lancé à la perfection jeudi (67, 3e), en tête vendredi (64) puis en panne de putting samedi (73), le résident floridien a passé ses soirées « en mode détente », selon ses termes, dévorant la série Peaky Blinders pour passer le temps. Pour le reste, sachez aussi qu'il est l'heureux propriétaire d'un teckel nommé Kendrick et que son coiffeur (celui de Smith, pas du chien) se nomme... Lee Trevino, pile donc comme le sextuple vainqueur de Majeur, dont deux Open en 1971 et 1972.

De l'Aussie, on retiendra donc plutôt son efficacité au scoring game. Des qualités à moins de 100 mètres du trou qui lui ont permis de dominer cette semaine, malgré un troisième tour sans feeling qui l'a rendu bien chafouin. « J'étais vraiment frustré hier avec la façon dont le 3e tour s'est déroulé, disait-il dimanche soir. J'ai vraiment mis ça sur le compte du fait qu'on joue sur un links. Vous pouvez parfois avoir des rebonds bizarres ici et là, qui peuvent vous mettre dans un mauvais endroit. Mais j'ai bien réagi hier soir et j'ai su passer à autre chose. »

Un Australien qui ne lâche rien

Remis en selle après sa gamelle de samedi par Grant Field, son coach depuis ses 10 ans (un entraîneur à 90 $ de l'heure sur son site web, donc tout aussi simple que son joueur), Smith a pu se rappeler que même avec quatre coups de retard, même sur deux des meilleurs joueurs de la planète, rien n'est perdu. Comme il l'avait fait en 2013, rattrapant un retard de 5 down en finale du championnat d'Australie amateur. Son eagle au 18 au 72e trou l'US Open 2015 sera encore plus marquant. Une 4e place propulsant l'alors anonyme joueur de l'Asian Tour au Masters 2016, puis à plein temps sur le PGA Tour.

4

Les quatre vainqueurs de Majeurs en 2022 ont moins de 30 ans, avec Scottie Scheffler (Masters, 26 ans), Justin Thomas (PGA, 29 ans), Matt Fitzpatrick (US Open, 26 ans) et Cameron Smith (28 ans, The Open).

À peine sorti de sa 4e place, à six coups de son ami sur le circuit, Viktor Hovland racontera ainsi cet Australien, qui ne lâche jamais rien : « J'ai beaucoup joué avec Cam, résumera le Norvégien. Quand vous le regardez il n'a pas ce facteur "wow". Mais, pourtant, il m'impressionne. Les mauvais coups ne le dérangent pas et il sait ensuite en frapper un bon juste derrière. C'est un champion digne de ce nom. »

Smith l'a avoué sans peine à plusieurs reprises, son look capillaire tenté depuis deux ans fera autant pour sa renommée que ses six titres sur le PGA Tour. Et quant à sa fameuse queue de rat, prévue à l'origine pour être coupée après le premier succès Grand Chelem, elle peut finalement dormir tranquille, comme le dira son bien heureux propriétaire : « Je la trouve cool, on me reconnaît grâce à elle et ça fait marrer les gens de public. Alors je la garde ! »

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