Cameron Woki, après la victoire face à l'Afrique du Sud : « Il ne fallait pas qu'on respecte nos corps »

Cameron Woki en plein combat face à l'Afrique du Sud samedi soir. (A. Mounic/L'Équipe)

Excellent samedi soir lors de l'énorme combat remporté face à l'Afrique du Sud à Marseille (30-26), le deuxième-ligne du Racing Cameron Woki reconnaît qu'il n'avait jamais connu une intensité pareille sur un terrain.

« Charles Ollivon a parlé d'un chaos. Anthony Jelonch a dit qu'il n'avait jamais affronté des avants aussi durs. Racontez-nous l'intensité du combat face aux Sud-Africains...
Il fallait répondre présent. Ce qu'on s'est dit dans la semaine, c'est qu'il ne fallait pas qu'on respecte nos corps. Qu'il fallait mettre cent pour cent de notre engagement possible. Ce (samedi) soir, on a perdu des hommes qui se sont engagés, qui n'ont pas triché (Baille est sorti sur blessure, Atonio et Flament pour commotion, Danty pour une fracture du plancher orbital). Ils ont respecté leur parole. Pour Thibaud (Flament), pour en avoir discuté avec lui, les lumières se sont éteintes sur un plaquage. C'est triste de perdre des gars comme ça. On avait des monstres en face. Physiquement, je n'avais jamais connu une intensité pareille. Il y a aussi eu des excès d'intensité, des deux côtés.

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Prend-on du plaisir dans ce genre de match ?
Oui on en prend. Encore plus qu'on a peur, qu'on passe de moments où on mène à des moments où on est mené. On prend du plaisir quand on gagne à la fin et qu'on bat l'équipe championne du monde il y a trois ans. Les fins de match, ce sont des scénarios qu'on travaille pendant la semaine. Parfois, on nous dit qu'il reste deux minutes, qu'on mène et qu'on doit garder le ballon. Parfois, c'est le scénario inverse, on est derrière et il faut scorer. Ça nous aide beaucoup quand on est en match sur le terrain. On a des moments où on est en dedans comme cette fin de première mi-temps, on mène 13-0 et on tourne à 13-10. Le début de deuxième mi-temps aussi, il y a comme un trou d'air. Il faut corriger ça. Mais on est sûr de nos forces. On était très attendu au niveau de la conquête et on a répondu présent.

Qu'avez-vous pensé de la prestation de Sekou Macalou, entré à l'aile dès la 12e minute ?
Ah ben Sekou, il est exceptionnel. Je n'ai jamais douté de lui. C'est un excellent joueur, polyvalent. Il a prouvé tout son talent. C'est un joueur qui court plus vite que nos trois-quarts.

L'ambiance du Vélodrome vous a aidé ?
Je n'ai jamais ressenti une ambiance pareille. Il y a des moments où on ne s'entendait plus. C'était incroyable.

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À titre personnel, après un début de saison moyen au Racing, après un rendu moyen contre l'Australie, on vous a retrouvé au niveau qui était le vôtre contre les All Blacks il y a un an...
Oui, je pense qu'il était temps. Je suis content de pouvoir retrouver mon niveau sur un match aussi important. Maintenant, il faut y rester. Si j'ai douté ? Non je ne doutais pas. Je savais que ce match était important, qu'il fallait que je sois au rendez-vous. J'ai été bien accompagné par ma compagne, ma famille, le staff, les joueurs. J'ai jamais perdu espoir. Je sais de quoi je suis capable. Il me fallait juste un peu de temps (pour, entre autres, digérer son transfert de l'UBB au Racing).

Est-ce que c'est devenu un objectif d'arriver jusqu'à la Coupe du monde sans perdre ?
Je ne pense pas que ça soit un objectif. On sait qu'au prochain Tournoi, il faudra aller en Irlande, en Angleterre, qui sont des équipes solides. En trois ans, on a quasiment joué toutes les grosses nations. On est un peu rôdé. On veut juste arriver prêt à la Coupe, prêt pour la remporter. »

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