Canal+ condamnée pour licenciement abusif de Stéphane Guy

Stéphane Guy a obtenu la condamnation de Canal+ pour « licenciement abusif » mais cherche à en obtenir l'annulation. Le journaliste va donc faire appel. (S. Mantey/L'Équipe)

Licencié de Canal+ en décembre 2020 pour s'être approprié l'antenne selon sa direction, Stéphane Guy a obtenu la condamnation de son ancien employeur aux Prud'hommes pour « licenciement abusif » mais pas son annulation. Le journaliste a décidé de faire appel.

Stéphane Guy a gagné une manche contre son ancien employeur Canal+ mais « la partie n'est pas terminée », selon son avocat maître Olivier Khatchikian. Le 29 août dernier, le conseil des Prud'hommes de Paris a jugé que le licenciement de l'ancien commentateur vedette de la chaîne, intervenu en décembre 2020, était « abusif, et qu'il n'avait commis aucune faute », précise l'avocat de Stéphane Guy. Selon nos informations, la chaîne cryptée a par ailleurs été condamnée à payer 260 000 euros à son ancien journaliste en dommages et intérêts.

« Mais au-delà de la réparation financière qu'il a obtenue, mon client considère que les juges n'ont pas tiré toutes les conséquences légales de leurs propres constatations, précise maître Khatchikian. L'atteinte à la liberté d'expression ne peut se résoudre uniquement par des dommages et intérêts. Il poursuivra donc en appel son action pour obtenir l'annulation pure et simple de son licenciement. » Et ce que le commentateur cherche depuis le début, à savoir la faculté de demander sa réintégration à Canal +. L'appel étant suspensif, la chaîne cryptée n'aura pas à régler cette somme pour le moment.

Message pour Thoen

Le 5 décembre 2020, à la mi-temps de Montpellier-PSG (1-3), Stéphane Guy avait adressé à l'antenne un message à Sébastien Thoen, collègue humoriste du Canal Sports Club, qui venait de se faire licencier par Canal + pour avoir participé à une parodie de L'Heure des pros, émission de la chaîne info du groupe, CNews. « Je veux saluer l'ami Sébastien Thoen qui n'a pas eu la sortie qu'il aurait méritée, entamait ce soir-là le commentateur phare de la chaîne cryptée. On lui souhaite bon vent. On sait que le bel esprit de Marie Portolano permettra d'assurer la continuité dans le Canal Sports Club. Il n'y a pas de doute là-dessus. » Avant de citer Coluche, « l'un des fondateurs de notre belle chaîne : il faut se méfier des comiques parce que, quelquefois, ils disent des choses pour plaisanter ».

La veille de Noël, son licenciement lui était notifié. Quelques mois plus tard, en mars 2021, Maxime Saada, le président de Canal+, justifiait ainsi cette sanction dans le magazine L'Équipe : « Stéphane (Guy), je lui avais déjà dit plusieurs fois que ce n'était pas son antenne, qu'il ne pouvait pas l'utiliser pour dire des choses qui lui passaient par la tête. Moi-même, je ne me suis jamais permis ça. » Contacté après la décision prud'homale, le groupe Canal+ n'a souhaité faire aucun commentaire.

Le prochain rendez-vous entre Stéphane Guy et Canal+ se fera donc devant la Cour d'appel de Paris, a priori dans de longs mois.

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