Carlos Alcaraz abandonne, Holger Rune en demi-finales du Rolex Paris Masters

Carlos Alcaraz a fait appel au kiné en fin de deuxième manche. (P. Lahalle/L'Equipe)

Le numéro un mondial Carlos Alcaraz a abandonné dans le jeu décisif du deuxième set, après la perte du premier, face à Holger Rune, vendredi, en quarts de finale du Rolex Paris Masters (6-3, 6-6, ab.). Le Danois sera opposé à Félix Auger-Aliassime pour une place en finale.

Pour ce premier affrontement sur le circuit principal entre Carlos Alcaraz (1er) et Holger Rune (18e), le Rolex Paris Masters ne s'y était pas trompé et avait choisi comme bande-son « I love rock'n'roll » de Joan Jett. Batterie martiale et riff de guitare accompagnaient donc les deux jeunes joueurs (19 ans) dans le premier épisode d'une série de face-à-face qui pourrait nous tenir en haleine pour quelques années à venir. Et pour cette première, c'est le Danois Holger Rune qui l'a emporté (6-3, 6-6, ab.) et qui poursuivra dans le tournoi, après l'abandon du numéro un mondial espagnol dans le tie-break du deuxième set, alors qu'il avait perdu le premier.


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Déjà plus jeune n°1 de l'histoire, Alcaraz n'a plus rien à prouver, mais encore tant à accomplir, notamment asseoir sa domination sur le circuit en construisant cette aura qui émanait de ses grands prédécesseurs et qui lui fait encore défaut. Rune, lui, a commencé la saison à la 103e place à l'ATP et la termine dans le top 20. L'avenir leur appartient.

Mais pour l'heure, il s'agissait d'officialiser sur le circuit ATP leur rivalité. Arrivé à Paris sans résultat marquant depuis son sacre à l'US Open, Alcaraz devait également gérer un genou qui grinçait un peu. Physiquement, l'alerte aura été minime et c'était plutôt du côté des abdominaux qu'il allait falloir s'inquiéter. La fatigue était peut-être plus mentale.

À 19 ans, il a atteint tous les objectifs qu'il s'était fixés plus jeune, c'est-à-dire hier. « Mais je ne m'attendais pas à ce que ça arrive si vite », avait-il confié en début de tournoi. Et s'il insistait pour dire qu'il n'avait pas changé en tant que personne, il reconnaissait que les sollicitations dont il était l'objet étaient sans commune mesure avec ce qu'il avait connu jusqu'alors. De quoi perturber (parlez-en à Emma Raducanu), même quand on a les pieds solidement ancrés au sol. En tout cas, il lui a clairement manqué ce surplus de peps qui était sa marque de fabrique toute la saison durant.


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Rune en feu, Alcaraz emprunté

C'était d'autant plus visible que de l'autre côté du filet, Holger Rune se montrait impressionnant. Après avoir disposé de Stan Wawrinka, Hubert Hurkacz et Andrey Rublev sur le court n°1, le Danois découvrait le central du Rolex Paris Masters. Pas impressionné par un joueur qu'il connaît depuis les années juniors, il a démontré une belle variété de coups et surtout une défense de mort de faim qui a souvent poussé Alcaraz à la faute dans un premier set où l'Espagnol ne s'est pas montré avare en cadeaux. Avec un jeu moins varié que d'habitude et en s'appuyant essentiellement sur la puissance de son bras droit qui semble venir d'un autre corps, Alcaraz a souvent semblé frustré face à son adversaire.


Alcaraz trahi par son corps

Il y a eu du mieux dans le deuxième set, avec un combat beaucoup plus équilibré. Jusqu'à ce temps mort médical où Alcaraz se plaignait d'une douleur au niveau des abdominaux, à 6-5 en sa faveur. Il revenait sur le court et Rune le poussait alors au tie-break. Quatre points plus tard (3-1 pour Rune), l'Espagnol préférait jeter l'éponge et ne pas prendre le risque de compromettre sa participation au Masters de Turin (11-18 novembre). Ce premier choc entre les grands gamins du circuit aura tourné court, mais il y aura de nombreuses occasions de se rattraper, à n'en pas douter.


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