Caroline Garcia, sacrée au Masters : « Une étape importante de ma carrière »

Caroline Garcia. (Rob Prange/afp7)

Fière de rejoindre Amélie Mauresmo au palmarès du Masters, Caroline Garcia est convaincue d'avoir encore une marge de progression. Et la Française ne cache pas ses ambitions en Grand Chelem.

« Vous venez d'apporter le deuxième titre du Masters de l'histoire du tennis français. Que ressentez-vous ?
Je suis super fière de succéder à Amélie (Mauresmo) qui l'a fait en 2005. On a eu la chance d'avoir d'immenses championnes dans le passé et je suis vraiment fière d'en faire partie. C'est le plus grand titre de ma carrière. J'ai déjà gagné pas mal de titres, cette année c'est le quatrième (après Bad Homburg, Varsovie et Cincinnati). À chaque fois, que ce soit un 250 ou plus, ça représente énormément. Il y a beaucoup de travail derrière. Il y a les émotions quand tu as la balle de match, quand tu soulèves le trophée. Tu as tous les souvenirs de tous les moments difficiles, des personnes qui t'ont soutenue. Remporter le Masters, je ne vais pas dire que c'était l'objectif en début de saison, mais je suis super fière de cette année, de cette semaine et de cette finale.


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Réalisez-vous que vous marquez le tennis français ? Est-ce important pour vous de laisser une trace importante ?
Ce n'est pas la motivation principale, mais c'est dans un petit coin de ta tête. Quand tu vois les petites filles qui ont les mains qui tremblent quand elles veulent te faire signer une balle, ça représente beaucoup et ça apporte beaucoup d'émotions parce que moi aussi j'ai été ces petites filles. Être de l'autre côté, partager un moment avec elles, leur « refaire leur journée » alors que pour toi c'est si peu, c'est génial. C'est une étape importante dans ma carrière. J'espère vraiment continuer à faire grandir mon palmarès.

Concernant le match, vous avez longtemps été en difficulté sur les seconds services de Sabalenka. Vous avez d'ailleurs légèrement reculé au retour en fin de premier set...
J'ai l'impression que c'était plus au milieu du premier set. J'ai reculé un peu derrière la ligne sur première et sur deuxième je me suis mis sur la ligne. Dans le tie-break, ça m'a un peu saoulée donc je me suis avancée (sourire). Ça a marché un peu. Je n'y arrivais pas sur ses deuxièmes. Elle servait vraiment des grosses deuxièmes avec un bon effet, elle variait ses zones. Je n'arrivais pas à anticiper, à faire grand-chose. J'ai un peu reculé, je n'ai pas fait grand-chose de plus, puis je me suis réavancée. On sait qu'elle peut très bien servir mais aussi faire des doubles fautes. Au tie-break, j'ai préféré avancer et ça a payé.

Vous évoquiez Amélie Mauresmo. En 2005, elle remporte le Masters aux États-Unis (Los Angeles). En 2006, elle remporte l'Open d'Australie. De quoi vous donner des idées ?
Évidemment, c'est une grande source d'inspiration. Dans la semaine, on s'est écrit. J'ai commenté une de ses photos et on a commencé à s'écrire. Je lui ai demandé ce qu'elle avait fait en poule l'année où elle avait gagné. Elle m'a dit qu'elle avait perdu un match (contre Mary Pierce, qu'elle avait battu quelques jours plus tard en finale) avec un clin d'oeil. C'était drôle. Je suis super fière de rejoindre Amélie. Ça a toujours été un objectif de gagner un Grand Chelem, mais disons que c'est plus concret maintenant (sourire).

Mentalement, avez-vous la sensation d'avoir encore franchi un cap, notamment après la demi-finale de l'US Open ?
La demi-finale de l'US Open m'a pas mal marquée (défaite 6-1, 6-3 contre Ons Jabeur). Ça a été une expérience un peu difficile à gérer. J'étais vraiment déçue de ma performance après avoir si bien joué pendant plusieurs semaines. Ça m'a servi aujourd'hui. Quand je suis arrivée ici, avec une préparation pas idéale, on a essayé d'accepter et d'en tirer le maximum. On est parti du principe que je savais toujours jouer au tennis et que mon tennis était toujours là. Qu'il fallait que j'aie les idées les plus claires possibles pour être performante. Match après match, j'étais de plus en plus relâchée, confiante, physiquement je me sentais de mieux en mieux et le niveau a vraiment progressé au fil de la semaine.

Vous revoilà 4e mondiale. Pensez-vous avoir encore une marge de progression dans différents domaines, que ce soit tennistique, physique ou mental ?
Oui, je pense. Ce ne sont pas des grosses choses, mais plein de petits détails. Ma deuxième balle de service peut être meilleure, plus variée, plus agressive parfois. Au retour, je peux être plus précise sur mes zones, notamment sur les deuxièmes. Je suis une joueuse agressive, mais parfois mes attaques ne sont pas super précises donc je me fais passer. Physiquement, on peut encore gagner un peu pour être un peu plus explosive et couvrir un peu mieux mon terrain. Et mental, tu n'arrives jamais au bout de ton travail mental. Sur mes deux derniers matches, j'ai plein de positif à prendre sur comment j'ai géré mes émotions. S'inspirer de ça pour continuer à progresser. »


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