Caroline Garcia surclasse Maria Sakkari et se qualifie pour la finale du Masters

Caroline Garcia a balayé Maria Sakkari dimanche. (S. Mullane/Usa Today sports)

Caroline Garcia s'est qualifiée dimanche pour la finale du Masters de Fort Worth (États-Unis) après sa victoire en deux sets (6-3, 6-2) face à la Grecque Maria Sakkari. Une première pour une Française depuis 2006. Elle sera opposée en finale à Aryna Sabalenka.

La renaissance actée au coeur d'un été délicieux, de l'Ohio (titre à Cincinnati) à Flushing Meadows (demi-finale à l'US Open), c'est désormais la consécration que vise Caroline Garcia. Dans la nuit de lundi à mardi (à partir de 3 heures du matin, heure française) à Fort Worth, pendant que les foyers français jouiront de leurs rêves nocturnes, la joueuse de 29 ans tentera d'accomplir l'un des siens : un premier sacre au Masters, le second de l'histoire du tennis féminin français, dix-sept ans après la victoire d'Amélie Mauresmo contre Mary Pierce (5-7, 7-6, 6-4) à Los Angeles. Ce « quelque chose de très grand » que la 6e mondiale, impressionnante et conquérante hier face à Maria Sakkari (6-3, 6-2), évoquait à l'aube d'une semaine qui s'annonçait pourtant rocailleuse tant les précédentes avaient été agitées.

Arrivée au Texas orpheline de son entraîneur, Bertrand Perret, parti subitement dans la foulée de sa défaite au deuxième tour à Guadalajara pour des raisons « extra-sportives », et fragilisée par des résultats et un niveau de jeu décevants après sa rayonnante quinzaine new-yorkaise (une seule victoire en trois tournois), Garcia n'abordait pas le dernier grand rendez-vous de l'année dans les meilleures conditions. « La préparation n'a pas été idéale », avouait-elle avant le début de la phase de poules. Mais depuis quelques mois, rien ne semble pouvoir réellement atteindre la Lyonnaise ni la confiance qu'elle accorde à son jeu ultra-agressif. Plus que jamais, elle en accepte les risques et les frustrations qui parfois l'accompagnent, autant qu'elle embrasse le plaisir qu'elle prend à le déployer avec une insolente maîtrise.


lire aussi

Le film de Garcia - Sakkari

« Elle a rencontré beaucoup d'obstacles sur sa route, mais cette année, je la vois sourire sur le court, nous confiait dimanche la légende du tennis féminin, l'Américaine Chris Evert, dix-huit titres du Grand Chelem entre 1974 et 1986. Je la vois massacrer la balle, avancer dans le terrain, prendre sa chance sans retenue. Elle est plus régulière, elle sert très bien... En fait, elle est enfin elle-même. Et elle est en train d'atteindre le potentiel qu'on avait tous observé il y a six, sept ans. » Il y a même onze ans quand, au détour d'un deuxième tour de Roland-Garros perdu face à Maria Sharapova, Andy Murray et Martina Navratilova promettaient à l'impétueuse adolescente un futur de numéro 1 mondiale.

Le compte n'est pas encore bon, mais la joueuse qui vient de concasser Sakkari, 5e mondiale et sortie victorieuse de ses trois matches de poule, est sans aucun doute de cette trempe-là. Vingt-quatre heures après avoir survécu à ce qu'elle décrivait comme une « crise de panique » contre Daria Kasatkina (4-6, 6-1, 7-6 [5]), Garcia avait cette fois réglé le curseur de son agressivité au bon niveau. Au four et au moulin, aux coups gagnants et aux fautes directes, elle décidait de l'issue de pratiquement chaque point, tant et si bien que la Grecque dut attendre près de trente minutes pour réussir son premier coup gagnant, quand la Française en avait déjà frappé huit.

Animée par une volonté permanente de faire mal à son adversaire dès les premiers coups de raquette, « Caro » cognait fort et juste. Quand elle n'assommait pas Sakkari d'un retour de revers gagnant long de ligne, elle prenait le filet pour déposer une merveilleuse volée amortie. Et lorsque qu'elle était menacée sur son engagement - ce fut rare - elle trouvait l'ace ou une zone idéale en première balle. Malgré son excellente couverture de terrain et une vivacité rare, la Grecque était dépassée, acculée, rouée de coups auxquels elle ne put jamais répondre. En 1h14, l'affaire était déjà entendue. Face à Aryna Sabalenka, qui a créé l'exploit contre la numéro 1 mondiale Iga Swiatek, Garcia visera la plus belle couronne d'une carrière en passe de changer de dimension.


lire aussi

Les résultats du Masters