La carte postale d'Helena Ciak à la Coupe du monde de basket

Joueuse la plus capée de l'équipe de France présente à la Coupe du monde (123 sélections avant la compétition), Helena Ciak (1,97m, 32 ans) raconte à L'Équipe les dessous du rendez-vous disputé à Sydney (Australie). Épisode 1 : un voyage effectué dans des conditions optimales.

Helena Ciak est la plus capée des joueuses de l'équipe de France qui dispute la Coupe du monde en Australie (entrée en lice jeudi contre le pays hôte, 12h30 heure française).
La joueuse de 32 ans, 123 sélections avant la compétition, a accepté de faire partager son quotidien aux lecteurs de L'Équipe.
Premier épisode de cette carte postale : le long voyage aux antipodes.

« Dans mes souvenirs, les Bleues se déplacent pour les grands rendez-vous en classe affaires depuis le tournoi de préparation aux Jeux Olympiques de Rio (2016) que nous avions joué aux États-Unis. Je me souviens, nous étions comme des enfants quand on avait découvert ça, mais c'est un réel avantage : on arrive fraîches, on a pu dormir. C'est un privilège. Nous y avions eu droit pour Tokyo aussi (2021), mais pas au retour de Rio. (Elle s'esclaffe) Pas de médaille, en éco ! (la France avait terminé quatrième)

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Cet été, pas le choix, il a fallu prendre deux vols : Paris-Dubaï et Dubaï-Sydney, avec 13h40 de voyage pour le deuxième. Nous, les joueuses, avions la chance d'être dans le confort, mais pas tout le staff et franchement, si j'avais pu, j'aurais cédé ma place quelques heures pour quelqu'un qui aurait pu dormir allongé, mais nous n'avions pas le droit. C'est un avantage fou, ce sont des conditions qui réduisent la fatigue.

Ça n'a d'ailleurs pas été facile à gérer, le sommeil. Sur le deuxième vol c'était plus du micro-sommeil. Et dans une ambiance sage car les places sont plutôt séparées. Tu peux te pencher pour faire coucou à la copine de temps en temps mais on est restées plutôt tranquilles, sauf à se retrouver lorsqu'on se mettait debout pour se dégourdir les jambes.

« J'ai l'impression d'avoir eu plus de mal à m'adapter à Tokyo alors qu'il y a une heure de décalage en moins »

J'ai eu le sentiment qu'en arrivant sur Sydney nous n'étions pas crevées, et le plus dur a été de rester éveillée toute la journée comme on nous l'a demandé. D'ailleurs on a toutes dormi à 14 heures et quand on s'est réveillées, j'ai vu des filles descendre avec des sales têtes (elle rit). J'ai quand même l'impression d'avoir eu plus de mal à m'adapter à Tokyo l'année dernière, alors qu'il y a une heure de décalage en moins.

Le temps de prendre le rythme - je ne suis vraiment calée que depuis la fin de semaine - ça a donné des moments marrants dans le groupe. La première nuit, la plupart des filles ne dormaient pas mais on se l'est dit que le lendemain matin au petit déjeuner. On s'est dit qu'on allait se retrouver pour des parties de cartes les prochaines fois !

Je terminerai sur cette thématique en disant qu'il y a bien quelque chose d'autre qui a aidé à supporter ce long voyage : celui de mettre les pieds pour la première fois en Australie, en se disant que la destination, c'est le bout du monde. »

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