Le casse-tête des catégories olympiques

Champion d'Europe dans une catégorie non-olympique, les -54 kg, Billal Bennama devra descendre à -51 kg pour espérer disputer les Jeux de 2024. (D. Boulanger/Presse Sports)

À cause du petit nombre de catégories aux Jeux Olympiques de Paris 2024 (six pour les femmes, sept pour les hommes, alors qu'il y en a habituellement le double dans les autres compétitions), l'équipe de France doit faire des choix.

Jusqu'en 2008 à Pékin, toutes les catégories de boxe amateur hommes étaient présentes aux Jeux Olympiques. À partir de 2012, elles n'ont cessé de diminuer afin de faire de la place aux femmes. Alors que les Jeux de 2008 comptaient onze catégories hommes, il n'y en avait plus que dix en 2012 et 2016 (plus trois pour les femmes) et huit en 2021 à Tokyo (plus cinq pour les femmes).

En 2024 à Paris, il n'en restera que sept pour les hommes (-51 kg, -57 kg, -63,5 kg, -71 kg, -80 kg, -92 kg, +92 kg), mais six pour les femmes (-50 kg, -54 kg, -57 kg, -60 kg, -66 kg, -75 kg). Le poids des catégories hommes ne correspond pas à des catégories déjà existantes.

Lors des derniers championnats du monde, les hommes comptaient treize catégories (édition en novembre) et les femmes douze (édition en mai).

Aussi, en vue des futures qualifications olympiques (notamment grâce au classement mondial qui prendra en compte les résultats à partir du 1er janvier prochain), les équipes de France femmes et hommes ont été confrontées au même dilemme : qui faire monter de catégorie, qui faire descendre.

Devenu champion d'Europe des -54 kg le 30 mai dernier, Billal Bennama (23 ans, 1,75 m) doit choisir entre les -51 kg et les -57 kg. « Sachant que Samuel Kistohurry est très expérimenté à -56 kg, il est logique que Billal descende à -51 kg, d'autant qu'il a longtemps boxé à -52 kg, explique Malik Bouziane, entraîneur de l'équipe de France hommes. Il a donc fait une dexa afin de déterminer sa masse graisseuse. D'après les résultats, ce sera difficile, mais jouable, qu'il descende à -51 kg, où il sera en concurrence avec le champion de France des -52 kg, Ibrahim Boukedim. »

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Le problème sera identique pour Moreno Fendero (-75 kg), obligé de choisir entre les -71 kg et les -80 kg. « Il combattra à -71 kg, précise Bouziane, où il sera en concurrence avec deux -69 kg, le champion de France Hugo Grau et Makan Traoré. Pour tous les garçons devant descendre de catégorie, il y aura un suivi diététique. Pour ceux devant monter, ils seront pris en charge par un préparateur physique afin d'acquérir de la masse musculaire, tout en gardant leur vitesse. »

Vice-champion olympique en 2016 et champion du monde des -60 kg en novembre dernier, Sofiane Oumiha est passé professionnel, mais en annonçant qu'il visera l'or en 2024 à Paris. Sa catégorie n'étant plus olympique, il devra monter à -63,5 kg où il sera en concurrence avec le vice-champion d'Europe Lounès Hamraoui.

Sept qualifiés d'office
« Les professionnels désirant participer aux qualifications devront envoyer un courrier à la FFB, souligne Bouziane, sachant que ces professionnels devront obligatoirement avoir été en équipe de France lors de leur carrière amateur. Deux des médaillés de 2016, Sofiane et Mathieu Bauderlique (bronze à -81 kg), devront donc se manifester pour confirmer leur souhait de redisputer les Jeux. »

Bauderlique sera accueilli à bras ouverts, aucun membre de l'équipe de France n'étant actuellement compétitif à -80 kg. Mais son avenir olympique dépendra de la demi-finale mondiale professionnelle qu'il disputera contre l'Anglais Callum Smith le 20 août. En cas de victoire, il sera très sollicité chez les pros.

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« Or, pour marquer des points dans le classement mondial, tous les candidats devront se consacrer aux compétitions olympiques à partir du début de l'année prochaine », rappelle Bouziane.

Pour les femmes, il sera moins difficile de désigner les titulaires, les six catégories olympiques correspondant à des catégories existantes. Ainsi, Estelle Mossely, championne olympique des -60 kg en 2016 (elle a confirmé qu'elle mettra sa carrière pro entre parenthèses afin de se consacrer aux Jeux) et Davina Michel, médaillée de bronze des -75 kg aux Mondiaux, pourront combattre à leur vrai poids.

Pays organisateur, la France comptera sept qualifiés d'office en boxe (trois femmes, quatre hommes), lesquels seront désignés parmi les Bleus n'ayant pas réussi à se qualifier à travers le classement mondial et les championnats du monde 2023.

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