Celtic – PSG vu des tribunes : l’incroyable pèlerinage des Parisiens à Glasgow

Bien au-delà du score sur le tableau d’affichage, le match de groupe entre le Celtic et le Paris Saint-Germain a été marqué par de beaux moments… Entre les supporters.

Les supporters parisiens étaient 1500 au Celtic Park

Il y a eu les buts en cascade du PSG, et l’efficacité redoutable de la nouvelle MCN. Il y a eu cette irruption sur le terrain, et ces chamailleries de Neymar. Il y a la lumière venue des jeunots, de Mbappé à Rabiot en passant par Areola, et le nouveau record de but européen de Cavani.
Et puis, il y a eu autre chose. Un esprit, qui habitait l’antre du Celtic Park ce mardi soir. Une âme, une émotion impalpable pour les caméras de télévision, et qui a renversé des milliers de cœurs.

Tout a commencé bien avant la rencontre. Dans les allées de Glasgow, les premiers chants parisiens se sont fait entendre au milieu d’une foule amusée, et au rythme d’une cornemuse imperturbable. Comme le signe que le mélange des genres allait rythmer cette soirée si particulière d’une compétition européenne souvent intraitable.

Au fil de la journée, Français et Ecossais se sont retrouvés dans différents bars de la ville pour trinquer, échanger, et simplement partager.

Partager une journée hors du commun pour beaucoup de supporters débarqués de la capitale, avec cette envie simple de mettre des visages sur ce supporterisme celte dont toute l’Europe ne tarit pas d’éloge. D’autant plus qu’au sein même des groupes Ultras parisiens, certaines sections n’ont jamais caché leur proximité avec leurs homologues celtes, et une certaine dévotion à leur manière de vivre leur football.

“Ce qu’on aime chez eux, c’est leur culture, leur façon atypique de supporter, et de chanter par des énormes poussées. On a des groupes qui sont amis avec des groupes écossais. Et puis c’est un stade qui fait rêver, on n’a aucune hostilité avec le Celtic, juste beaucoup de respect pour leur histoire”, nous a expliqué Valentin, l’un des leaders du Collectif Ultra Paris.

Et les Parigots n’ont pas été déçus. Des litres de bières descendus plus tard, c’est sous des trombes d’eau qu’ils ont débarqués au mythique Celtic Park, berceau du football britannique. « A Glasgow, si tu vois la montagne, c’est qu’il va pleuvoir, et si tu ne la vois pas, c’est qu’il pleut déjà », raconte le proverbe local. Visiblement, on ne voyait déjà plus les monts depuis bien longtemps, quand se dessinait l’antre du Celtic devant nos yeux ébahis.

C’est dans cet hommage au football érigé dans l’acier et aux couleurs de mère nature, que les Parisiens ont vécu le premier choc. Ce célébrissime « You Will Never Walk Alone », qui semblait pourtant être découvert pour la toute première fois par les 1500 paires d’yeux totalement ébahis par le spectacle. Un tendu d’écharpe sublime, une seule voix pour tout un peuple vert et cet amour du club, qui flottait dans les airs de l’Ecosse, ce mardi soir. Dieu que c’était beau à vivre, à entendre, à vibrer. Ceux qui étaient là s’en rappelleront longtemps. Le silence, l’admiration, et les applaudissements du parcage parisien en disaient d’ailleurs beaucoup sur le respect que forcent les celtiques lorsqu’ils chantent à plein poumon. Et les « toi aussi, tu as eu les frissons ? » qui ont étayé la soirée n’ont pas manqué de le rappeler.

Rarement, dans un parcours de supporter, une telle « admiration » transpirait entre deux tribunes rivales d’un soir, amies de toujours. Quand le public écossais chantait, les Franciliens écoutaient, et vice versa. S’observer sans se défier, sans qu’un nom d’oiseau (si cher au monde du football) ne fuse dans les entraves du Celtic Park. Et ce qui force encore davantage le respect, c’est qu’après une humiliante supériorité sur le terrain et un score à mettre fou de rage n’importe quel supporter à domicile (5-0), les fans du Celtic Glasgow étaient toujours debout, toujours là. Et qu’au coup de sifflet final, malgré l’avalanche de but et l’égo un peu touché, beaucoup sont restés pour applaudir le parcage parisien. Comme un respect gagné par les supporters parisiens en 90 minutes de bonheur pour les uns, de souffrance pour les autres. En retour, le Collectif Ultra Paris a lancé un chant « Celtic, Celtic, Celtic ! » pour remercier leurs hôtes d’un soir de l’honneur qui leur était fait.

« C’était une ambiance géniale. Si je devais retenir une seule chose, je retiendrai le partage entre les deux clubs, c’était superbe, ces échanges entre les supporters. On se charriait mais c’était amical, sans violence, c’était beau », nous a raconté Laura, qui honorait son tout premier déplacement européen.

Alors que le stade se vidait, certains supporters du Celtic se sont même approchés pour échanger écharpes et drapeaux avec leurs homologues français, comme pour graver dans le marbre cette amitié incroyable entre les deux peuples. Abdel, supporter parisien présent sur place, nous raconte : « La découverte de ce public, vivre ça, ça m’a frappé. Toute l’énergie qu’ils ont pour supporter leur équipe malgré les pions qu’ils ont encaissé, c’est dingue, et ils étaient là jusqu’au bout. A la fin du match, on se félicitait chaleureusement, il y a eu des applaudissements, des chants de remerciement, et même des échanges de drapeau entre les supporters du Celtic et du PSG. Un enfant voulait une écharpe de Paris, j’ai fais un échange avec lui. C’était touchant, qu’il me donne son écharpe verte, avec son nom inscrit au feutre dessus. C’est l’une des choses qui m’a fait venir ici ce public, mais ce moment était plus grand que je ce que j’avais imaginé. J’en ai fait des déplacements dans toute l’Europe, mais ça, je ne l’avais jamais vécu ni même ressenti… »

Finalement, la nuit écossaise s’est achevée comme elle avait commencé : en chantant, en trinquant et en échangeant, dans les bars de la ville (pour l’anecdote, le patron d’un pub de Glasgow s’était lancé un défi auprès d’une trentaine d’Ultras Parisiens “Si le PSG gagne 5-0, je vous paye tous ma tournée.”  On vous laisse imaginer l’ambiance quand ces derniers sont revenus inonder son petit comptoir après la rencontre, et que le patron a tenu son engagement !).

En fin de compte, cette incroyable journée s’est terminée sous les applaudissements des locaux, impressionnés par la ferveur parisienne. Et sans imaginer une seule seconde qu’avec ce pèlerinage hors du commun, ils venaient d’offrir à 1500 d’entre eux l’un de leurs plus beaux souvenirs footballistiques.

Ambre Godillon

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