« C'est genial » : le grand retour d'Antoine Adelisse après sa blessure aux JO

Antoine Adelisse. (B. Papon/L'Équipe)

Gravement blessé lors des JO de Pékin en février dernier, le skieur freestyle Antoine Adelisse est de retour pour la manche de Coupe du monde de Slopestyle, vendredi et samedi à Stubai en Autriche.

Après sa terrible désillusion aux JO de Pékin - entorse du genou droit et lésion du ligament croisé antérieur juste avant l'épreuve du slopestyle -, Antoine Adelisse est de retour sur le devant de la scène. S'il ne se sentait pas encore totalement prêt pour le city big air de Coire en Suisse le 22 octobre, il avait dans le viseur une reprise de la compétition lors du slopestyle de Stubai ce week-end en Autriche.

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À genou alors qu'il était au pied de l'Olympe chinois, il lui a fallu six mois pour retrouver la forme au terme d'une rééducation rigoureuse au cours de laquelle il s'est octroyé quelques parenthèses avec ses proches aussi vivifiantes que régénératrices. « Les six derniers mois se sont donc hyper bien déroulés. J'ai été hyper pro dans ma rééducation, je n'ai rien laissé au hasard. Je suis super content, j'ai fait beaucoup de sacrifices. J'ai aussi réussi à bien couper, à faire le vide. J'ai pris le temps avec mes amis et ma famille, ça m'a reboosté. »

Il a repris le ski mi-septembre et, d'entrée, les sensations ont été excellentes. « C'est génial, tout va bien, nous confiait-il au sortir de ce premier tour de piste. Le genou est nickel, j'ai impressionné les kinés et tous les gars au centre de rééducation. » Pour son premier saut, le Plagnard a fait - et réussi - un double cork. Tellement bluffé, son coach Greg Guenet avait l'impression que son protégé ne s'était pas arrêté de skier. « Je me donne à fond, raconte Adelisse, qui ressentait quand même encore quelques petites douleurs à un genou de nouveau en tension. Et j'ai essayé d'oublier que je m'étais blessé. Au début, ce n'est pas évident, tu fais attention car tu reviens de blessure mais, en même temps, il y a l'excitation. Tu es tiraillé entre les deux. Il faut faire la part des choses. »

Lui qui se dit « excité » par cette saison - il a en ligne de mire les championnats du monde du 19 février au 5 mars à Bakurani en Géorgie, un titre qu'il convoite de « ouf » (sic) -, est forcément très impatient de refaire des runs. « Et j'ai surtout très envie de prouver que je peux revenir à mon meilleur niveau et même encore mieux, car c'est une discipline qui ne s'arrête jamais, qui évolue sans cesse. » Elle évolue tellement vite qu'il faut désormais aller loin dans l'imagination pour créer un run et des figures originales. « On est dans une phase où on va beaucoup dans le technique et pas forcément dans l'originalité. »

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Alors qu'Adelisse, lui, est un artiste. « Trouver quelque chose d'original, c'est ce qui m'a fait gagner les dernières compètes et arriver au plus haut. Là, je dois avouer que je me creuse vraiment la tête pour trouver quelque chose de nouveau. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites et à un moment on va être limité. » L'esthète Adelisse compte bien les repousser.