« Le champ des possibles est infini » concernant les nouveaux sports aux JO, selon un responsable du CIO

Mickael Mawem a participé aux Jeux Olympiques 2021 en escalade. (S. Mantey/L'Équipe)

Le skateboard, le breaking et peut-être un jour l'esport : le Comité international olympique ne se fixe aucune limite pour intégrer de nouveaux sports selon Pierre Fratter-Bardy, en charge de la stratégie et du développement au département des Jeux olympiques du CIO.

« Comment un sport peut-il prétendre à devenir olympique ?
Il doit d'abord être affilié à une fédération internationale qui doit être reconnue par le CIO, donc il y a déjà tout un mécanisme en place avec des étapes pour arriver ensuite à un échange. Ce sont les fédérations qui viennent nous solliciter en disant : « Je suis intéressée pour faire partie du programme olympique ». On en a énormément qui nous posent des questions donc on est dans une démarche de dialogue continu. C'est pourquoi on se déplace sur le terrain en observation assez fréquemment pour « sentir » le sport, être au contact avec les différents acteurs, à commencer par les athlètes, et être en mesure de comprendre les évolutions de ces sports dans un monde qui évolue de plus en plus vite.

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Quand le choix est arrêté, comment procédez-vous ?
L'enjeu, c'est d'être le plus inclusif possible dans cette transition vers la scène olympique. Le point d'entrée, c'est la fédération internationale, mais il faut également associer tous les acteurs majeurs autour du sport dans cette inclusion olympique. On n'est pas là pour tourner le dos à une communauté, à des légendes. Quand le skateboard est rentré aux Jeux olympiques, on a discuté avec la Fédération internationale et également avec d'autres, la légende du skate Tony Hawk, des acteurs aux États-Unis.

Pierre Fratter-Bardy

« Le champ des possibles est infini, à partir du moment où il y a une réalité du terrain, des pratiques qui émergent, qui se structurent, qui sont populaires, suivies »

Certains s'interrogent sur l'intégration des sports urbains. Qu'avez-vous à répondre ?
Au moment de faire entrer ces nouveaux sports, en l'occurrence je parle du skateboard, du BMX freestyle, du surf, de l'escalade, on est allé observer ces sports sur les compétitions de référence, les événements privés. Ce qu'on a vu, c'est qu'avant d'être un rider, un joueur, un grimpeur, un Bboy ou une Bgirl, ce sont des sportifs de haut niveau. Et un sportif de haut niveau, quand on lui offre la possibilité d'aller performer sur la scène olympique, c'est les étoiles dans les yeux, quel que soit le sport. C'est là où on est toujours rassuré. Le message est toujours extrêmement positif et une majorité énorme supporte l'inclusion dans les Jeux. Pour nous, l'enjeu est de le faire de la bonne façon, en respectant les codes et les cultures de ce sport. C'est la raison pour laquelle on a organisé un festival urbain et mis en avant tout le lifestyle autour des sports.

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Mais qui décide de l'intégration des nouveaux sports ?
Il y a des échanges réguliers entre le Comité d'organisation sur tous les sujets. Par contre, quand il s'agit de l'inclusion de nouveaux sports, c'est une proposition de la ville hôte qui est faite au CIO pour vote. C'est une recommandation qui vient de l'agenda Olympique 2020, donc le premier comité d'organisation qui en a bénéficié, c'était Tokyo, Paris étant le deuxième.

N'importe quel sport peut devenir olympique ?
Absolument. Le champ des possibles est infini, à partir du moment où il y a une réalité du terrain, des pratiques qui émergent, qui se structurent, qui sont populaires, suivies. Mais bien entendu, on regarde dans un ensemble bien plus large.

Vous questionnez-vous sur ce qu'est un sport ? La question a pu se poser avec l'esport.
Je crois que pour ces communautés-là, c'est du sport. Les communautés de l'esport se structurent, les athlètes sont professionnels, s'entraînent comme des athlètes de haut niveau, donc je crois que la réponse vient d'abord de leur part. À partir du moment où, selon nous, il y a une réalité du terrain, on se doit de la traiter comme toutes les autres. »

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