Des Championnats de France pour se positionner en vue de Paris 2024

Mathilde Gros, élément moteur du sprint français. (E. Garnier/L'Équipe)

À dix-huit mois des Jeux de Paris, l'élite de la piste française a rendez-vous lors des Championnats de France à Roubaix, jusqu'à dimanche. Il n'y aura pas de points à gagner ni de quotas de qualification, mais il faudra prendre position pour envisager une sélection olympique. État des lieux.

Vitesse individuelle (F) : Gros, un ton au-dessusIndiscutablement, Mathilde Gros s'est enfin affirmée totalement au cours de la saison 2022. La Nordiste basée en Provence s'est débarrassée de ses démons pour être sacrée championne du monde de la vitesse individuelle en octobre dernier, avant de devenir lauréate de la Ligue des champions et désormais de dominer le classement mondial. À moins de deux ans des Jeux, nul doute que Gros est devenue l'élément moteur du sprint français.

Vitesse individuelle (H) : encore du boulotPour l'heure, le sprint masculin français reste trop inconstant pour se dire qu'il y a des raisons d'espérer le voir réaliser de grands exploits prochainement. Si Sébastien Vigier s'était couvert d'or lors des Championnats d'Europe à Munich en août dernier et que Rayan Helal avait remporté le bronze, les récents Mondiaux de Saint-Quentin - aucun Français en demi-finales - ont remis les pendules à l'heure. Il reste du pain sur la planche.

Vitesse par équipes (F) : un groupe en construction (*)L'enjeu le plus important pour les dirigeants de la piste française dans les prochains mois est sûrement là : qualifier l'équipe féminine de vitesse pour les Jeux de Paris. L'idée part de loin puisqu'un tel projet était encore proche du néant il y a encore deux ans. Depuis, les choses vont mieux. Car le trio composé de Mathilde Gros, Marie-Divine Kouamé et Julie Michaux se rapprochent des meilleures de la discipline à chaque échéance.

Vitesse par équipes (H) : reprendre son rang (*)Il faut juste penser que la dernière apparition du trio tricolore (Gillion, Helal et Vigier) aux derniers Mondiaux de Saint-Quentin - élimination au 1er tour - n'aura été qu'un accident de parcours. Car avec onze titres mondiaux depuis 1995, la France a bel et bien prouvé qu'elle n'avait rien à envier aux autres nations sur la discipline. Là encore, le staff fédéral du sprint entend bien remobiliser ses cadres, voire à faire tourner son effectif.

Keirin (F) : Kouamé cherche une placeAvec son titre mondial presque surprise sur le 500 mètres, la jeune Marie-Divine Kouamé cherche à se faire maintenant une place de titulaire au sein d'une des disciplines olympiques du sprint. Si la vitesse individuelle au niveau national est peut-être encore hors de sa portée, le keirin est une excellente alternative pour elle dans la perspective de 2024.

Keirin (H) : la grande interrogationChez les hommes, encore plus que chez les femmes, la discipline est totalement aléatoire. Difficile de tirer des plans sur la comète, même si le Néerlandais Harrie Lavreysen a décidé de ne pas laisser grand-chose aux autres depuis quelques années au niveau mondial. Côté français, Vigier est bien devenu champion d'Europe à Munich en 2022, mais c'était sans la présence de l'ogre néerlandais dans le tournoi.

Poursuite par équipes (F) : un quatuor est néElles sont en place et les derniers rendez-vous internationaux ont donné de la valeur à leur engagement. Clairement, Clara Copponi, Valentine Fortin, Marion Borras et Victoire Berteau s'entendent comme larronnes en foire et accumulent les gros résultats : médaillées de bronze aux Championnats d'Europe à Munich et encore aux Mondiaux de Saint-Quentin. Une sélection pour Paris 2024 est à portée pour elles.

Poursuite par équipes (H) : une combinaison à trouverLes quatuors s'enchaînent, mais un groupe définitif est encore loin d'être déterminé. À part le pari du sprinteur Quentin Lafargue, capable de mener une poursuite sur un kilomètre, ainsi que le rouleur d'exception Benjamin Thomas. Des places sont à prendre. Valentin Tabellion et Thomas Denis tiennent la corde. Reste à connaître la motivation de Corentin Ermenault, incalculable pour l'instant.

Omnium (F) : assez compliquéLa discipline (scratch, course tempo, élimination et course aux points) n'a jamais vraiment tourné à l'avantage des Françaises lors des rendez-vous internationaux. Seule Clara Copponi s'est approchée des meilleures en terminant quatrième lors des Mondiaux 2021 et deuxième des Championnats d'Europe en 2022.

Omnium (H) : Grondin prend placeMême si Benjamin Thomas est revenu sur la discipline lors des derniers Mondiaux tout en remportant une médaille d'argent, Donavan Grondin semble désormais le Français le plus apte à prendre la relève au niveau international. Le coureur de l'équipe Arkéa-Samsic est même devenu champion d'Europe en 2022 à Munich.

Américaine (F) : un tandem à confirmerDepuis 2020, Clara Copponi ne cesse de monter sur la deuxième marche du podium de l'Américaine lors des Championnats du monde ou d'Europe. Mais si elle a obtenu ses deux premières médailles d'argent avec Marie Le Net, elle l'a ensuite fait avec autant de succès avec Marion Borras et Valentine Fortin. Il faudra trancher dans les prochains mois.

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Américaine (H) : Thomas-Grondin, la garantiePeu à peu et après diverses tentatives, il semble que la paire Benjamin Thomas et Donavan Grondin soit la plus apte à dominer la course à l'Américaine au niveau international. En octobre dernier, les deux coureurs ont réalisé un grand numéro pour devenir champions du monde à Saint-Quentin. Un gage de garantie pour les Jeux.