Dans chaque situation, Morbidelli se demande ce que ferait Rossi

Léna Buffa
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Premier Champion du monde issu de la VR46 Riders Academy, , lui qui a fait partie de la première sélection, pour la saison 2014, et a noué au fil des années un lien particulièrement fort avec son maître.

Un lien si fort qu'il en devient mimétique dans certaines circonstances, ce qu'assume parfaitement le pilote originaire de Rome, installé dans la région du #46 sur décision paternelle afin d'être au plus près des opportunités pour réussir dans la moto. Admirateur incontestable du nonuple Champion du monde, Morbidelli ne parvient pas à citer une recommandation spécifique que lui aurait transmise son mentor et dit s'inspirer plutôt de son approche globale du métier.

"C'est difficile de pointer un conseil, car quand on grandit avec un si grand pilote, une telle légende, un pilote si expérimenté, et que l'on vit avec lui, on pioche des choses sans qu'il ne dise rien. On pioche des choses quant à sa manière d'être, d'agir et d'affronter les situations", explique-t-il. "On a passé du temps ensemble, or quand on passe tellement de temps ensemble, généralement les gens commencent à mixer leur personnalité. Je ne veux pas dire que j'ai sa personnalité, mais j'ai clairement des choses qui viennent de son comportement et de son caractère, car j'ai passé énormément de temps avec lui et je l'admire énormément."

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"J'aimerais vraiment affronter certaines situations dans ma vie et mon sport comme lui l'a fait et le fait encore. Je me demande toujours : 'Comment Vale ferait-il dans cette situation ?' Car il est toujours solide dans ce qu'il fait, il fait toujours ce qu'il faut au bon moment."

Une union plus forte que tout

Lorsque Rossi a fondé son Academy, en 2013, Morbidelli venait de perdre son père, un événement dont il ne parle que rarement mais qui a indéniablement forgé son caractère. "Cela a été le fait le plus fort et le plus choquant de ma vie", évoque-t-il dans les colonnes du Corriere della Sera. "J'ai réagi en allant de l'avant, je me suis retroussé les manches et je me suis dit : 'Allez, travaille, marche'."

Aujourd'hui, Morbidelli définit Rossi comme "un oncle" plus qu'un deuxième père, identifiant chez leur préparateur physique Carlo Casabianca celui qui "a peut-être joué une fonction paternelle" après le drame de 2013. Le jeune pilote sait en tout cas qu'il trouvera aux côtés de Rossi un soutien infaillible. "[Il est] la personne que j'admire le plus et à laquelle je dois énormément. Après la mort de mon père, il m'a pris à part dans une pièce et il m'a dit : 'Si tu as besoin, je suis là'. Il m'a appris, aidé, inspiré."

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La saison prochaine, leur histoire commune franchira une nouvelle étape lorsque tous deux partageront le même stand, chez Petronas. Pour Morbidelli, il n'y aucun risque que cette cohabitation puisse rompre leur amitié lorsqu'ils deviendront l'un pour l'autre le premier adversaire à battre.

"Vale et moi, on connaît déjà le sujet", rappelle-t-il, évoquant les innombrables entraînements communs au Ranch. "On se bat, il me rend dingue quand il me passe et lui ressent la même chose. Ce qu'il y a de bien c'est que l'on est tellement amis que l'on ne se cache rien. La rivalité rapproche. Nous sommes deux personnalités qui vont bien ensemble. Notre union est bien plus forte que tout antagonisme."