Charlotte Bonnet et Maxime Grousset animent le Giant Open

Charlotte Bonnet a battu le record de France du 100 m brasse, dimanche. (S. Boué/L'Équipe)

Le Giant Open aura été marqué, ce dimanche à Saint-Germain-en-Laye, par le record de France de Charlotte Bonnet sur 100 m brasse (1'7"76) ou la victoire de Maxime Grousset sur 100 m (48''50).

Un immense sourire. À 28 ans, Charlotte Bonnet réussit à se surprendre, à s'inventer une nouvelle carrière. La championne d'Europe 2018 du 200 m, encore médaillée d'argent européenne l'été dernier sur 100 m, s'affirme désormais sur 100 m brasse. Ce dimanche, elle a profité de la finale du Giant Open à Saint-Germain-en-Laye pour améliorer en 1'7"76 le record de France de la spécialité que détenait Sophie De Ronchi en 1'7"97 depuis 2011.

C'est évidemment la plus belle performance du week-end pour ce circuit inédit qui avait débuté neuf jours plus tôt avec les étapes de Marseille (11-12 mars) et Nice (15-16 mars). Mais d'autres ont réveillé l'appétit pour une saison 2023 qui se jouera d'abord à Rennes, avec les Championnats de France (11-16 juin), puis les Mondiaux à Fukuoka (Japon, 14-30 juillet).

Maxime Grousset victorieuxOn évoquera ainsi la victoire de Maxime Grousset sur le 100 m. D'autant que, trois jours plus tôt, le Néo-Calédonien avait été devancé par le Hongrois Szebasztian Szabo. « C'est sûr que les nerfs étaient un peu montés, sourit Grousset. J'avais vraiment envie de gagner, de prendre ma revanche, d'autant que j'avais eu l'impression qu'il avait pris ma vague. J'avais tout donné dans le premier 50 avant un gros craquage... »

Dans les Yvelines, le vice-champion du monde de la spécialité a su se ressaisir pour s'imposer en 48''50, soit un peu mieux que ses 48''97 de Nice. « Je ne suis pas mécontent, ajoute-t-il. L'objectif, c'était de gagner. Je suis meilleur quand il s'agit d'une finale. Toucher devant, c'est ça que j'aime. » Il interroge sur son temps de passage. On lui répond 23''09. « Voilà, c'est exactement ce que je voulais faire. Partir en 23''0, c'est le minimum au niveau international. Il m'en manque un petit peu sur la fin, il faut que je fasse moins de 25'' au lieu de 25''5 aujourd'hui. C'est dommage, j'ai voulu rester grand. Je ne suis pas déçu, je construis, mais j'aurais pu faire un petit peu mieux. »

Gastaldello devant WattelC'est aussi ce que regrettait un peu Marie Wattel, battue à la touche par Beryl Gastaldello, sur ce 100 m papillon qui lui avait offert l'argent mondial l'an dernier (58''81 contre 58''70). En revanche, elle a su inverser le résultat face à sa compatriote à l'issue de leur duel qui ponctuait le tournoi de vitesse sur 50 m (24''90 contre 25''15).

« C'est la preuve que le travail d'endurance paie après trois mois de grosses charges d'entraînement, et avec du volume. C'est peut-être pour ça qu'il manque un peu de vitesse sur les 100 m pour l'instant, devine Marie Wattel, qui a aussi fini 3e sur le 200 m. Multiplier les courses, c'est un challenge pour les nageurs, mais ça nous permet de sortir de notre zone de confort et c'est intéressant. »

Un nouveau format de compétition bien accueilliExactement ce que souhaitait Jacco Verhaeren, le directeur des équipes de France, lorsqu'il a élaboré avec la direction technique nationale ce nouveau concept de compétitions. « Le Golden Tour de l'an dernier avait manqué de dynamisme ; là, nous avons une grande opportunité de grandir à l'image des Mare Nostrum, mais avec un format différent », estime le Néerlandais qui espère la venue de davantage de nageurs étrangers pour la seconde édition d'ores et déjà inscrite au calendrier, à partir du 16 mars 2024. Il est prêt à défendre ce nouveau modèle, et pourra s'appuyer sur ceux qui ont expérimenté l'édition inaugurale.

Car s'il est difficile à première vue de mesurer l'intérêt de ses joutes qui obligent à enchaîner deux, trois, voire quatre fois la même course dans une même journée (séries, quarts, demies, finale), si les chronos trahissent les charges d'entraînement de la période, les athlètes et leurs entraîneurs applaudissent.

« À l'entraînement, certaines choses ne sont pas possibles à intégrer, comme la pression, les attentes, le public, précise Jacco Verhaeren, qui s'exprime désormais en français. Et puis, le circuit dure neuf jours, comme les Jeux Olympiques. C'est vraiment un monde différent des deux ou trois jours que dure d'habitude un meeting. »

Les Français en ont profité pour travailler la concentration, effectuer des tests physiques (lactate, HRV...), pour observer la fatigue, la récupération, le sommeil, la réaction face aux transports... « Aux Jeux de Paris, il y aura 30 minutes de trajet en bus pour les séries, pour le retour, et encore la même chose l'après-midi. Il y a le trajet, mais aussi l'attente du bus... Nous avons cherché une formule, non pas pour copier ce qu'ils vivront pendant les Jeux Olympiques, parce que ce n'est pas possible, mais un format avec des challenges pour apprendre à rester concentré. To deal with challenging (faire face aux défis), parce qu'aux Jeux, tout ce qui résulte de l'entraînement sera acquis. » Mais il faudra être en mesure de gérer les à-côtés pour faire, aussi, la différence.

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