Choisir le n°4 de l’attaque parisienne : un dilemme pour Emery

Après la prestation indigeste de ses joueurs sur la pelouse de la Mosson, Unai Emery va devoir se pencher sur la question de son quatrième attaquant.

Qui sera l’attaquant n°4 du PSG ?

C’est désormais un acquis : le PSG version 2017-2018 sera porté par son trio « magique », composé de Neymar, de Cavani, et de Mbappé. Mais le coach parisien a d’ores et déjà testé plusieurs solutions afin d’intégrer un autre joueur offensif à sa formation, qu’il s’agisse de la pointe haute d’un 442 losange, du n°10 de son 4-2-3-1 ou même d’un remplaçant dans le trio d’attaque lorsque l’un de ses indéboulonnables est absent (la configuration de samedi soir, puisque Neymar était forfait).

Mais à qui Unai Emery peut-il confier les clés de cette quatrième place offensive ? La question se pose désormais, malgré l’abondance de joueurs dont il dispose dans le secteur offensif.

Julian Draxler, pas assez bon ?

Désigné comme la victime principale de l’arrivée de Neymar cet été, l’international Allemand a finalement bénéficié de circonstances favorables pour gratter un peu de temps de jeu depuis le début de saison. Depuis les absences sur blessure de Javier Pastore et Angel Di Maria, Unai Emery lui a envoyé un message clair : c’est lui le numéro 4 dans la hiérarchie pour le moment. Performant sur son côté gauche pendant 6 mois la saison passée, l’Allemand a montré en sélection son aptitude à pouvoir évoluer dans un rôle de numéro 10, mais ses prestations ne sont pas convaincantes, ni dans ce costume, ni sur le côté droit du 4-3-3. Alors, problème tactique ou psychologique ?

Dans le circuit de l’attaque, l’Allemand est le grand perdant du début d’idylle entre Neymar et Mbappé. Sa prestation très discrète à Metz l’a souligné lors du premier match du jeune Français. Pour autant, sa responsabilité n’est pas à exclure, loin de là, puisqu’en dehors d’une entrée convaincante à Glasgow dans la balade des Parisiens contre le Celtic (il avait été à l’origine du csc de Lustig), l’ancien joueur de Wolfsburg dégage une certaine nervosité, comme si la pression de devoir prouver à chaque sortie l’inhibait. « L’entraîneur va décider à chaque match. Et vous devez lui montrer que vous êtes le bon homme pour le match à venir. C’est exactement ce que je vais faire », a-t-il encore répété dans la presse allemande il y a quelques jours. Pour cela, il devra (re)trouver ses repères et se libérer psychologiquement, même si la question de son avenir entre en jeu…

Lo Celso, pas encore dans les papiers d’Emery

Du haut de ses 21 ans, le jeune Argentin est, à la surprise générale, celui qui a marqué le plus de points depuis le début de saison. Il en avait suffisamment montré lors de la phase retour du dernier exercice, malgré un temps de jeu famélique, pour qu’Unai Emery insiste pour le garder cet été, au contraire de Gonçalo Guedes.

Les stats de Giovani Lo Celso

Ces premiers pas encourageants se confirment à chacune de ses entrées, où sa technique soyeuse, sa vision de jeu, sa percussion et ses coups de patte font mouche. Bref, le natif de Rosario pousse, jusqu’à en devenir déterminant sur certaines de ses entrées, à l’image de cet enchainement feinte de corps-centre qui a débloqué la situation contre Lyon et soulevé le public francilien.  Reste qu’un rôle de titulaire n’engendre pas la même pression qu’un statut de joker. Emery n’a jamais fait jouer l’Argentin plus de 18 minutes dans une rencontre. A-t-il vraiment les épaules pour s’imposer ?

« Il a de l’humilité et il attend son moment. Mais c’est une équipe où il est difficile d’entrer car la concurrence et l’exigence sont très grandes. Il gagne des minutes, et grâce à ses performances, il aide les autres dans l’équipe, il a gagné le respect des autres. Bien sûr qu’il va jouer plus de minutes s’il continue sa progression », a en tout cas affirmé le coach en conférence de presse cette semaine.

Angel Di Maria, pas encore intégré

Annoncé au Barça le 31 août, Angel Di Maria n’a peut-être pas digéré son été agité. Avec Julian Draxler, l’Argentin représente clairement la valeur marchande la plus importante dans l’effectif francilien, et cette incertitude qui plane sur son avenir n’arrange pas sa situation. En début de saison, Emery en avait fait le pendant de Neymar sur le côté droit, mais il avait souffert de la comparaison. Pendant que la susperstar brésilienne éblouissait le monde de la Ligue 1 pour ses premiers pas, Di Maria enchaînait les prestations sans relief, entre mauvais choix et statistiques insuffisantes (aucun but et une seule passe décisive lors des cartons contre Guingamp et Toulouse).

Les stats de Di Maria

De retour de blessure pour le choc contre le Bayern, Angel Di Maria doit lancer sa saison, et profiter de la méforme de Draxler s’il veut s’imposer.

Javier Pastore, victime de son physique

Cette année encore, la situation de Javier Pastore est un cas à part. L’artiste argentin était le numéro 1 d’Unai Emery pour occuper le rôle central de numéro 10 dans le système préférentiel du Basque, mais il est encore rattrapé par ses pépins physiques, avec ce problème récurrent au mollet.

La situation est frustrante pour tout le monde. Car si Pastore n’a pas été constant sur son temps de jeu – sa titularisation contre Saint-Etienne a montré que l’influence de Neymar pouvait le gêner – il avait déjà trouvé le chemin des filets à deux reprises. Sa frappe délicieuse en pleine lucarne contre Toulouse était un rappel de son génie. Aujourd’hui, Pastore semble parti sur les mêmes bases que la saison passée : une année (quasiment) blanche agrémentée de quelques fulgurances. De quoi laisser un Parc des Princes amère.

Lucas, hors sujet

Après la saison la plus complète de sa carrière sur le plan statistique, Lucas est aujourd’hui le dernier choix d’Emery dans la hiérarchie de l’attaque. Son amitié avec Neymar est peut-être le seul motif d’espoir pour son avenir dans la capitale. Car sur le terrain, le Brésilien, qui a un temps de jeu famélique depuis le début de saison, ne fait rien pour arranger sa situation.

Entré samedi à Montpellier (0-0) pour animer la fin de match, il a encore accumulé les mauvais choix et multiplié les fautes. Son style de jeu brouillon tranche avec ses concurrents. A son crédit, le compère de Neymar a eu le mérite de débloquer son compteur, à Metz (1-5), il y a deux semaines… Un bilan bien maigre pour la dernière option d’Emery dans l’attaque parisienne.

Que doit faire Emery ?

Après 8 matches disputés en ce début de saison pour une seule défaite (qui soulève toutefois quelques questions) Unai Emery va donc devoir se casser la tête pour trouver comment articuler son attaque. Et trouver, au passage, qui sera le meilleur élément pour combler, aider, ou même remplacer son trio de feu. Entre incertitudes, mauvaises prestations et difficultés à faire confiance à ses joueurs, le coach parisien sait qu’il devra aussi permettre à son effectif de prendre des automatismes. Et pour cela, une fois de plus, il va falloir commencer à trancher.

Les buteurs du PSG depuis le début de saison

Ambre Godillon

 

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