Cinq choses à retenir des voeux de Tony Estanguet

Tony Estanguet, président de Paris 2024 (E. Garnier/L'Équipe)

Tony Estanguet, président de Paris 2024, a abordé tous les sujets, même ceux qui fâchent, lors d'une conférence de rentrée 2023, mercredi midi au siège du comité.

Pour Tony Estanguet, président de Paris 2024, l'année qui commence sera incroyable et très concrète. C'est ce qu'il a expliqué durant plus d'une heure au siège de comité d'organisation des Jeux en compagnie d'Étienne Thobois, directeur général.

La sécurité : « On est dans les temps de passage »

Alors que la Cour des comptes a pointé dans son récent rapport le manque d'agents de sécurité privée et le recours quasi inéluctable à des forces de sécurité intérieure par Paris 2024, Tony Estanguet a reconnu qu'il s'agissait d'« un vrai défi ». Mais il a rappelé que le comité, qui a besoin de 17 000 agents de sécurité par jour, était « dans les temps de passage ». Paris 2024 a reçu 700 offres lors de sa première vague d'appels d'offres auprès des sociétés de sécurité privée et lancé la seconde afin de trouver « 50 % des besoins », a-t-il précisé.

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« On verra si on est en capacité d'aller au bout (du processus d'appel d'offres) de la sécurité privée », a-t-il poursuivi en soulignant que tous les scenarii étaient possibles dont celui dans lequel Paris 2024 aurait recours à des forces de sécurité intérieure, c'est-à-dire des services d'ordre indemnisé (SOI), pour pallier le manque d'agents de sécurité privée. « Cela existe déjà dans le foot, il y a un barème public et il s'appliquera à Paris 2024 », a précisé Étienne Thobois, directeur général de Paris 2024.

L'année des tests event : « Trois sortes d'épreuve test »

Tony Estanguet a indiqué qu'il y aurait « trois sortes d'épreuve test » d'ici à l'ouverture des Jeux. Les épreuves test que Paris 2024 va directement organiser comme les compétitions de voile à Marseille du 9 au 16 juillet ou de VTT le 24 septembre sur la colline d'Elancourt. Certaines épreuves seront organisées par les Fédérations internationales comme celles d'aviron et de para-aviron du 2 au 6 août ou encore le tir à l'arc et le para-tir à l'arc du 17 au 20 août au pied de la Tour Eiffel.

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Enfin, il y aura des tests opérationnels organisés par le comité, à l'instar du hand et de l'haltérophilie à la porte de Versailles du 8 au 12 août ou encore un concours complet d'équitation le 19 septembre au château de Versailles.

La présence des athlètes russes aux Jeux de 2024 : « C'est le CIO qui décide »

Avant même de savoir que la commission exécutive du CIO avait fixé les conditions d'un retour des athlètes russes, annoncé ce mercredi après-midi, Tony Estanguet s'est exprimé sur leur présence à Paris : « C'est le CIO qui décide des délégations qui sont autorisées à participer aux Jeux olympiques et l'IPC (Comité paralympique international) pour les Jeux Paralympiques ». Il a ajouté : « En ce qui concerne les qualifications, les règles sont régies par les Fédérations internationales » qui, dans leur grande majorité n'autorisent pas les athlètes russes à y participer. Pour l'instant.

« Le comité d'organisation n'a pas à intervenir dans le choix des délégations qui doivent participer aux Jeux », a insisté Tony Estanguet. « Si on prend un peu de recul la priorité n'est pas les règles de qualifications mais de soutenir la fin de ce conflit et l'Ukraine par rapport à ce qu'il est en train de se passer », a poursuivi le dirigeant avant de « souhaiter que le rôle universel des Jeux puisse être préservé en 2024 ».

Les partenariats : « Nous sommes très sereins »

Alors que les recettes de partenariat domestiques sont l'une des trois principales ressources du budget de 4,38 Mds € de Paris 2024, Tony Estanguet a souligné que l'objectif a été rehaussé pour atteindre 1,226 milliard d'euros. 92 % de cet objectif sera atteint cette année.

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« Nous sommes très sereins », a assuré le patron du comité alors que la signature du groupe de luxe LVMH se fait toujours attendre. Tony Estanguet a rencontré le président du groupe, Bernard Arnault, en décembre avec Thomas Bach, le président du CIO de passage à Paris. Le triple champion olympique a indiqué que quatre fournisseurs officiels avaient rejoint le comité en ce début d'année (SCC, GL Events, Loxam etFnac-Darty) et que ses équipes avaient des « discussions (avec des entreprises) dans une dizaine de secteurs ».

Les contrats avec les sites : « 90 % des périmètres sont sécurisés »

« Le rapport de la Cour des comptes nous a alertés sur le timing » a reconnu Tony Estanguet. Présenté début janvier au Parlement, le document pointe un retard dans la signature des conventions d'utilisation des sites de compétitions. Seules 11 sur les 80 prévues avaient été signées début novembre, soulignait la Cour en recommandant au COJOP de boucler les contrats au plus vite début 2023.

Tony Estanguet a précisé qu'« date, 90 % des périmètres sont déjà sécurisés » et que le comité avait « challengé le modèle au cas par cas ». Les négociations qui ont duré plus longtemps que prévu ont permis de s'« assurer des meilleures conditions financières », a confirmé Étienne Thobois, directeur général de Paris 2024 en soulignant que les contrats seront bouclés d'ici à la fin de l'année.

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