Ciryl Gane après sa victoire à l'UFC Paris : « Je ne m'attendais pas à ce que ce soit autant le feu »

Ciryl Gane après sa victoire à l'UFC Paris : « Je ne m'attendais pas à ce que ce soit autant le feu »

Torse nu, souriant et heureux d'avoir gagné par K.-O. face à Tai Tuivasa, le Français Ciryl Gane a pris le temps, devant la presse, de revenir en longueur sur la soirée de l'UFC à l'Accor Arena, samedi à Paris, devant un public en transe.

Sur le combat et la stratégie :

« J'étais face à un mec comme moi, on a rigolé, on a blagué, je l'ai poussé amicalement pendant le combat pour lui dire ''je t'ai pas touché au niveau des parties''. Mais on s'est réellement mis dessus ! Je n'y suis pas allé de main morte. Je suis très content de ma prestation, je suis content surtout du scénario. C'était un combat dur qui a créé des émotions. Peu importe de quel camp ils étaient, les spectateurs ont dû aimer. Il m'a touché, je reviens, plus fort encore. Tout le monde est content de cette soirée !

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C'était un travail de sape. Beaucoup avec le jab notamment (il s'est d'ailleurs blessé à la main droite). C'était ma meilleure arme. Après qu'il m'a touché, je suis allé chercher le corps. Un vrai travail de sape. Mécaniquement, humainement, j'avais la sensation sur mes phalanges des coups qu'il prenait... Je voyais son visage s'ouvrir petit à petit. Ce n'est pas bon de prendre des coups comme ça... Il commençait à en prendre beaucoup. »

Sur le public et l'ambiance à Bercy :

« Personne ne s'attendait à ça de la part des fans français. C'est historique ! C'était une grosse communion. Le scénario était fou ! C'est cool d'avoir ça aussi. C'était dur. Je suis heureux de cette victoire... et aussi de l'ambiance. Maintenant, tout le monde sait qu'on a cette atmosphère en France. Au début, ça chantait ''Ciryl, Ciryl'' et puis l'hymne national. J'ai tout entendu. Je n'ai pas fait abstraction. Ça m'a fait que du bien !

Quand Bruce Buffer (l'annonceur) a commencé à faire son speech, tout le monde criait en même temps que lui... Waouh. Mon attitude à la fin, c'était un retour pour le public. Je ne pouvais pas m'exprimer calmement après ce qu'il avait envoyé. Je devais crier plus fort qu'eux ! Lors du combat de Nassourdine (Imavov), les gens ont commencé à taper des pieds. On se disait : c'est quoi ? C'est le métro ? J'envoie plein d'amour au public. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit autant le feu. »

Sur Francis Ngannou et une éventuelle revanche :

« Il m'a dit bonne chance après la pesée. La revanche, c'est avec grand plaisir. Il faut y retourner. Ce combat, c'était une étape pour y retourner. J'espère qu'il n'y en aura pas d'autre. Lors du premier combat, Francis a été très bon. Il a plus d'expérience, de la maturité. Je ne pense pas qu'il était très supérieur à moi, mais si demain j'ai ma revanche, je dois juste faire mieux. Mais vraiment, je prends n'importe qui, n'importe quand ! »

Sur l'attente et l'événement

« Le main event, ça met la pression. J'aimais bien être l'outsider au début de ma carrière. Là, on est à Paris, on est chez moi. Imagine je perds ? Il m'a touché ! T'imagines le scénario catastrophique ? Je dis que je ne suis pas quelqu'un de stressé... Mais je l'ai quand même senti sur les dernières heures. Mais là, rebondir après une défaite, tu te poses des questions... Imagine je perds... Ç'aurait été relou. J'ai conjuré le sort et je suis soulagé. »

Sur la droite de Tuivasa et le knock down

« Quand il me touche, je n'ai pas de temps pour réfléchir et je n'ai pas eu de sentiment d'inquiétude. J'ai réagi, c'est tout. Face à un puncheur, la base c'était toucher sans être touché. Tai est le plus gros puncheur que j'ai eu à affronter, puisque Francis ne m'avait pas touché... Tai est le premier à me mettre sur le cul. Ç'a fait que le combat est monté dans les tours. C'est un peu ça qu'on cherchait. Se faire un peu plus mal. À la pause, Fernand Lopez (son entraîneur) m'a dit : on cherchait ça, maintenant on l'a, faisons-le. Aller au tapis ? Ça ne me traumatise pas. Il ne m'a rien fait. Même pas mal. Savoir que je peux survivre à un tel coup, c'est bien, mais il ne faut pas en prendre trop. Je pense à l'après-carrière aussi (rires). »