Ciryl Gane, Benoit Saint-Denis, Nassourdine Imavov... Quelles sont les cotes des Français samedi soir pour la venue de l'UFC à Paris ?

Samedi, à l'Accor Hotel Arena, cinq Français monteront dans la cage pour régaler le public parisien et tenter d'accrocher une victoire de prestige pour la première de l'UFC, plus grande organisation de MMA, en France. Quelles sont les chances de nos tricolores ?

C'est une réalité ! La plus grande organisation mondiale de MMA a posé tout son barnum autour de l'Accor Hotel Arena, à Bercy, pour une première historique. Doublée par le Bellator, organisation concurrente, par deux fois, en octobre 2020 et mai 2022, l'UFC va découvrir la ferveur du public parisien. En juin dernier, toutes les places de l'arène se sont vendues en moins de 2 heures ! 200 000 demandes, selon la direction de l'organisation, pour 12 000 places. Déjà un succès. Les cinq Français présents samedi soir, tenteront eux aussi, d'en prendre une part. Revue d'effectif et chances, non exhaustives, en présence à quelques heures du début du show.

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Ciryl Gane vs Tai Tuivasa : 80 %

Il ne pouvait en être autrement. Comment organiser un show de l'UFC en France sans la présence de Ciryl Gane ? Numéro 1 de la catégorie des lourds, le Français (32 ans, 10 victoires, 1 défaite, 6-1 UFC) ancien champion intérimaire, battu à la décision par le tenant Francis Ngannou en janvier dernier, remet les mitaines face au numéro 3, l'Australien Tai Tuivasa. (29 ans, 14-3, 11-3 UFC) le « Bon Gamin » est la tête d'affiche du MMA français.

Son ascension stratosphérique vers le titre, en seulement 11 combats, en « nettoyant » la catégorie face à de gros puncheurs Junior Dos Santos, Jairzinho Rozenstruik, Alexander Volkov, Derrick Lewis, a fait de lui un des poids lourds les plus excitants du moment. Venu du muay thaï, Gane bouge dans la cage comme un poids moyen. Excellent striker, le natif de la Roche-Sur-Yon (Vendée), est aussi un redoutable grappler et très à l'aise au sol.

Si « toucher sans être touché » reste son crédo dans la cage, il se méfie de Tuivasa, gros puncheur et capable d'enchainer les frappes. « Il est au-dessus des strikers que j'ai pu rencontrer jusqu'à maintenant, il a cette faculté à pouvoir enchaîner, contrairement à d'autres qui sont souvent sur un gros coup et un seul », confiait Ciryl avant l'été.

Reste que Gane, chez lui, devant son public, part avec un énorme avantage. Sa faculté de déplacement, son aisance technique, ses capacités à sprawler intelligemment, sa progression constante au sol, font de lui le favori. Le MMA reste imprévisible, certes (c'est aussi l'intérêt de ce sport), mais « Bon Gamin » a les clefs pour s'imposer. Il devra toutefois se méfier des low kicks ultrapuissants de Tuivasa et de sa capacité à multiplier les zones de frappe.

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Nassourdine Imavov vs Joaquin Buckley : 70 %

Le partenaire de Ciryl Gane au MMA Factory, à Paris, a pu tester sa popularité grandissante et la ferveur des fans présents lors de la pesée cérémonielle vendredi. Sourire aux lèvres, exhortant le public, le « Sniper » (27 ans, 11-3, 3-1 UFC) s'est nourri de l'enthousiasme ambiant. Pour son cinquième combat au sein de l'organisation, les matchmakers ont décidé de lui opposer l'Américain Joaquin Buckley (28 ans, 15-4, 5-2 UFC).

Un combat à la hauteur de l'enjeu pour le poids moyen français (- 84 kg) qui devra annihiler le punch de Buckley, plus à l'aise en striking que sur les phases au sol avec 73 % de victoires par K.-O. ou TKO. L'Américain avait marqué les esprits en octobre 2020 avec un K.-O. sur coup de pied retourné face à Impa Kasanganay.

Mais le Français, en pleine progression, n°12 de sa catégorie, combattant plus complet, a les armes pour poursuivre son ascension dans le classement face à un adversaire qui n'est pas dans le top 15. Et Imavov a promis d'en finir rapidement après les déclarations peu amènes de son adversaire. « On est là aussi pour faire le spectacle ».

Benoît Saint-Denis vs Gabriel Miranda : 65 %

Il avait choqué le monde ! Par sa vaillance et sa résistance, pour son tout premier combat à l'UFC, en octobre 2021. L'ancien militaire des forces spéciales françaises (26 ans, 9-1, 1-1 UFC) avait été au bout de lui-même fac à Elizeu Zaleski Dos Santos, dans un combat dantesque, mais bien arbitré selon l'intéressé, qui avait ému jusqu'aux commentateurs de l'UFC.

Une première défaite, donc, par décision, puis une victoire par soumission face à Niklas Stolze en juin dernier. fraîchement uni, « God of War » est passé « d'un samedi de mariage à un samedi dans la cage », s'amuse-t-il. Pas de quoi entamer toutefois sa détermination et sa concentration. L'élève de Daniel Woirin sait qu'il a les armes, notamment au sol, même si son adversaire est issu du jiu-jitsu, pour s'imposer face au prospect brésilien (32 ans, 16-5, 0-0 UFC). Et si Saint-Denis avait rêvé d'une affiche un peu plus clinquante -il devait affronter initialement Christos Giaggos, blessé à la main- il ne doute pas de ses chances.

William Gomis vs Jarno Errens : 60 %

Autre protégé de Fernand de Lopez et du MMA Factory, William Gomis (26 ans, 10-2) va découvrir l'organisation. Ses seules défaites au compteur s'affichent face à deux autres tricolores, Salahdine Parnasse et Morgan Charrière pour ses débuts en 2016. En face de lui, le poids plume aura un Néerlandais, Jarno Errens (27 ans, 13-3-1, 0-0 UFC) qui fait lui aussi ses débuts. Une opposition de style a priori entre Gomis, plutôt striker, et un adepte du grappling.

Fares Ziam vs Michal Figlak : 55 %

Signé par l'UFC en 2019, Fares Ziam (25 ans, 12-4, 2-2 UFC) dispute samedi son 5e combat dans l'organisation pour un bilan équilibré. Mais l'opposition face à Michal Figlak n'est pas un cadeau. Le Polonais (26 ans, 8-0, 0-0 UFC) veut faire des débuts remarqués et devrait vouloir rester debout. Ziam, plus polyvalent malgré peut-être un déficit de puissance, aura 12 000 personnes pour l'encourager.

Reste que tout cela est bien aléatoire dans les sports de combat. Francis Ngannou a qualifié le MMA de « sport imprévisible » après la défaite de son ami Kamaru Usman face à Leon Edwards. Favori de tous les bookmakers, présenté comme le meilleur welterweight de l'Histoire, le Nigérian avait subi un K.-O. retentissant. La vérité de la cage n'est pas celle des observateurs.