Ciryl Gane inflige un K.-O. à Tai Tuivasa à l'UFC Paris

Ciryl Gane (FRA) lors de l'Open Work Out UFC Paris (Alexis Goudeau/PRESSE SPORTS/PRESSE SPORTS)

Ciryl Gane a infligé un énorme K.-O. à Tai Tuivasa lors de l'UFC Paris, samedi à Bercy. Le poids lourds français a fait chuter l'Australien dans le troisième round après avoir frôlé la correctionnelle. Tous les combattants tricolores se sont imposés.

Ils étaient venus, ils étaient tous là, les fans français de MMA. Enfin, non, pas tous. Seulement les 12 000 qui s'étaient rués sur la billetterie, dès 10h du matin, le 24 juin dernier. Avant 12h, l'Accor Arena affichait complait. Près de 200 000 demandes avaient été enregistrées. Happy few.

Engouement pour un sport interdit de cité pendant plus de 20 ans en France ? Réel développement de la pratique en France, porté par le succès, notamment, de Ciryl Gane, le numéro 1 des poids lourds ? L'arène était pleine et l'UFC pouvait se frotter les mains pour cette venue sur le sol hexagonal. A 17h00, une foule déjà compacte, étirée sur plusieurs centaines de mètres, s'enroulait autour de l'enceinte. Des jeunes, essentiellement, mais pas seulement, des familles aussi, venus découvrir le phénomène UFC, la plus grande organisation mondiale de MMA. La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, avait également fait le déplacement, assise au premier rang et grimaçante notamment sur les phases de frappes au sol.

Ngannou et Usman présents dans la salle

Elle n'est pas restée jusqu'au bout et aura raté une partie du festival français : cinq combattants engagés et autant de succès. Au premier rang desquels la tête d'affiche de la soirée, le n°1 des poids lourds, Ciryl Gane (32 ans, 10 victoires, 1 défaite, 6-1 UFC), opposé au n°3, l'Australien Tai Tuivasa (29 ans, 14-3, 11-3 UFC).

Francis Ngannou, le champion du monde en titre et Kamaru Usman, ancien champion des welters, également présents, auront apprécié le spectacle. Celui d'une Arène qui entonne en choeur La Marseillaise lors de la première reprise, qui scande « Ciryl ! Ciryl ! » Un Gane qui fait ce qu'il sait faire de mieux : toucher sans être touché, en cherchant à éviter la puissance de son adversaire... jusqu'à 1'30'' d la fin de la 2e reprise... Où Gane est mis knock down, ce que n'avait pas réussi à faire Francis Ngannou.

Le combat devient alors sauvage, titanesque. Le Français a face à lui un arbre, un roc, une montagne qui encaisse les coups s'en broncher. Gane comprend qu'il doit changer de stratégie : ce sera la guerre et un développement de puissance qu'il n'a jamais délivré pour un énorme K.-O. dans le 3e round. Incroyable ! « Je n'ai pas de mots pour décrire à tel point le public est incroyable : merci, merci, merci, merci ! »

Grand chelem pour les Bleus

Benoît Saint-Denis (26 ans, 10-1, 2-1 UFC), avait allumé le feu en premier, faisant son entrée au son de NTM, « Seine Saint-Denis style », évidemment. Ovation pour l'ancien militaire des forces spéciales. Généreux, comme à son habitude, le poids légers se livrait sans arrière-pensée. Sauvé in extremis par le gong dans la première, la 2e reprise n'irait pas plus loin que les 20 premières secondes, son adversaire était sonné sur un crochet. « Je suis dur comme de la pierre, vous allez vite vous en rendre compte. J'espère vous donnez encore beaucoup de joie à l'avenir. Vous êtes formidable ! », s'enthousiasmait Saint-Denis.

Fares Ziam l'a imité, en s'imposant par décision, tout comme William Gomis, à l'issue de 15 minutes de combat et tentative de triangle de la part de son adversaire. « Je préférais mourir plutôt que de lâcher. Et j'entendais ce public, je ne pouvais lâcher ! On est à Paris ! » Outre Ciryl Gane, on attendait également beaucoup de Nassourdine Imavov, n°12 de la catégorie des moyens. Face à Joaquin Buckley, Imavov avait annoncé son intention de finaliser. Les deux hommes se sont livré une guerre. Plus puissant, plus précis, plus déterminé, emporté par la foule qui scandait son prénom, Imavov n'a pas conclu. Mais vaincu. « Merci beaucoup ! Vous m'avez envoyé énormément de messages, de soutien. Merci d'être là, merci d'être venus ! »

Que restera-t-il de cette première soirée de l'UFC en France ? Des succès français convaincants, une ambiance incroyable, un soutien sans faille aux combattants tricolores. Un bémol sans doute, l'absence de Françaises... Rendez-vous l'année prochaine.