Classics Challenge, une communauté et un parcours inédit par mois

Classics Challenge, qui propose gratuitement à sa communauté, parcours aux petits oignons et sorties conviviales, est désormais « marque ouverte » et devrait essaimer en région. À l'image de Louise Poirel, les nouveaux s'y bousculent.

Louise Poirel vit et travaille à Paris depuis quatre ans. Comme pas mal d'autres, elle a évité le métro pour éviter le Covid, découvert sous un autre jour son trajet quotidien entre Étoile et République, et pris d'autres habitudes. La fraîcheur de la Seine, les aubes s'élevant sur la façade du musée d'Orsay l'ont séduite. De fait, ces deux fois trente minutes de plaisir quotidien ont eu tôt fait de lui ouvrir l'appétit. Et la jeune femme, qui pour avoir pas mal couru et toujours pratiqué le judo dit « avoir un bon foncier », de se demander comment satisfaire ce besoin d'avaler du kilomètre : « J'ai l'habitude de randonner beaucoup l'été, et cette année, les orages m'avait un peu frustrée. De retour à Pais, il me fallait un effort prolongé pour clôturer l'été. C'est en cherchant une idée que j'ai découvert l'existence du Classics Challenge. »

Ni une ni deux, elle loue un vélo « de course », elle qui n'avait jamais « passé les vitesses », et s'engage, pédales plates et baskets, pour le Classics Challenge Paris-Rouen du 27 août : 168 km et 2000 de dénivelé positif. « C'est long, oui. J'avais un peu d'appréhension. Mais j'ai toujours fait du sport de façon naïve. Je me disais que ça pouvait passer. »

Libre, gratuit, et fraternel

L'idée des Classic Challenge est née en 2016, dans la tête de François Paoletti, amateur de vélo au long cours, qui exprime alors sous forme de livres, le sel de ses voyages. François Paoletti cherche à réinvestir le riche patrimoine des courses franciliennes : à commencer par Paris-Rouen, leur mère à toutes, née en 1866.

François Paoletti

« On continue de faire le plein, d'autant plus que nous bloquons les sorties à 300 participants pour des questions d'organisation


Immédiat, le succès des CC repose sur trois piliers revendiqués : liberté, gratuité, fraternité. Les membres de la communauté se voient proposer chaque mois un parcours aux petits oignons et un rendez-vous. Liberté, car elle est laissée à chacun d'honorer le dit rencard : qui n'est pas dispo à la bonne date, ou préfère rouler en solitaire, téléchargera simplement la trace GPX. Gratuité car aucun frais d'engagement ni cotisation d'aucune sorte n'est exigé des membres. Et fraternité : parce qu'il va de soi qu'on n'est pas là pour se tirer dans les pattes (la bourre, éventuellement) mais pour partager en convives les joies du grand air. Pour le dire d'un mot, le Classic Challenge c'est la possibilité offerte à tous de rouler en bonne société sur de jolies petites routes.

Ralentie par l'épidémie, l'activité des CC a donc repris son rythme. La communauté compte aujourd'hui 11 000 âmes (11127 quand s'écrivent ces lignes), destinataires de la proposition mensuelle. « On continue de faire le plein, d'autant plus que nous bloquons les sorties à 300 participants pour des questions d'organisation, et notamment celle du retour en train » explique M.Paoletti, « mais le plus encourageant c'est que nous voyons sans cesse venir à nous de nouveaux participants. Les habitués, qui se sont envolés vers d'autres aventures, notamment d'ultra-distance, on continue de les voir épisodiquement. Mais le renouvellement est constant, et nous sommes heureux de pouvoir mettre le pied à l'étrier de cyclistes moins aguerris. »

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Ouvrir la marque : gratuitement

Fort de ce succès, les créateurs de Classics Challenge fréquemment sollicités par leur communauté, d'organiser en région, (« Quand viendrez-vous chez nous ? ! ») ont souhaité pousser plus avant la notion de partage. Et ont décidé rien moins que de mettre à disposition de toute bonne volonté qui souhaiterait se l'approprier, non seulement la « marque » Classics Challenge, mais aussi ses outils : le site pour diffuser les traces et enregistrer les inscriptions, aussi bien que le cadre juridique et assurantiel.

« Pourquoi ne pas nous adresser, reprend le fondateur, aux éventuels organisateurs dans les mêmes termes qu'aux participants ? Les Classics Challenge sont faits pour qu'on se les approprie. La marque est ouverte, sans discussion marchande. Bien sûr, notre exigence, mais ce sera la seule, c'est le respect de notre état d'esprit : mise à dispo gratuite de beaux parcours, sorties accueillantes organisées par groupe d'allure, pas de ravito externe pour irriguer le commerce local, pas de véhicules motorisés... »

Louise Poirel quant à elle, après s'être exercée au maniement du dérailleur à quelques minutes du départ, a bel et bien bouclé les 168 km de sa première sortie ! Elle a attendu d'avoir atteint Gisors pour avouer aux compagnons de son groupe d'allure que c'était sa première fois. « Mais sûrement pas la dernière, dit-elle. J'ai découvert un monde et un sport éminemment social. On parle, et ça passe vite, j'ai pu finir en en gardant un peu sous la pédale (sic). Je suis déjà inscrite pour le CC du 17. Je vais essayer un autre vélo pour voir ce qui me convient le mieux. Ça va être très sympa ! »